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Quand quatre et trois font tourner la Terre et quand le poisson joue dans l’eau du verre : c’est l’actualité des montres dans les chaleurs de juillet
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Quand quatre et trois font tourner la Terre et quand le poisson joue dans l’eau du verre : c’est l’actualité des montres dans les chaleurs de juillet

Mais aussi une légende militaire qui dit « merde » à la reine d’Angleterre, les ailes d’un ancien horloger de la Marine et la nostalgie des fastes dorés de la branchitude parisienne…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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AURICOSTE : Le retour d’un « horloger de la Marine »…

Maison de tradition horlogère et militaire française, la marque Auricoste (maison fondée en 1854 et depuis toujours très liée à la Marine nationale) tente de se relancer sur son terrain de prédilection : les montres de type militaire – quoi de plus normal pour un ancien « horloger de la Marine » ? On retrouve cette inspiration « militaire » dans la nouvelle montre Aéronavale Type 26, dont le boîtier asymétrique noir de 40 mm permet de protéger la couronne vissée à quatre heures. La lisibilité du cadran est exceptionnelle, le mouvement automatique est suisse (il reprend le mécanisme de « stop-secondes » des montres réglementaires dans les armées), l’étanchéité testée à 300 mètres et le prix sait rester raisonnable (autour de 1 650 euros). En prime, une aiguille des secondes en forme d’avion et une lunette tournante en céramique graduée sur 60 minutes. L’héritage de l’ancien « horloger de la Marine » a été clairement respecté…

 

GREUBEL FORSEY : L’addition de quatre et de trois…

Cette manufacture de plus de 100 personnes, qui réalisent tout juste une centaine de montres par an, est sans doute la plus exclusive et la plus originale de toutes les « grandes marques » suisses – sauf qu’elle a été fondée par un Français (Robert Greubel) et un Britannique (Stephen Forsey). Un bon exemple de la production de cette maison est le nouveau Quadruple tourbillon GMT. Quadruple parce qu’il y a… quatre tourbillons [une complication mécanique assez subtile], alors que les manufactures suisses sont très fières d’annoncer qu’elles en ont placé… un au cœur de leurs montres. GMT parce que ce quadruple tourbillon permet de régler avec une précision extrême l’affichage des trois fuseaux horaires indiqués par la montre : la principale de ces indications est tridimensionnelle et représentée par une Terre sphérique qui tourne sur son axe au rythme de la rotation de notre planète – un grand spectacle – la montre dispose de hublots latéraux – qui permet de visualiser instantanément quelle partie du globe terrestre est éclairé par le soleil et laquelle est plongée dans la nuit. Tout ceci réalisé avec un soin infini et des finitions traditionnelles d’une minutie chirurgicale. On préfère ne pas vous avouer le prix d’une telle montre : vous regarderiez de travers les grands patrons français qui ont craqué pour une de ces Greubel Forsey [mais, pour votre gouverne, sachez tout de même qu’on approche le million d’euros et que ça les vaut !]…

FOB PARIS : La nostalgie des fastes du passé…

Le noir mat parce que c’est la couleur (ou la non-couleur) fétiche des designers contemporains. L’or brossé parce que la montre est une relique, sinon un fétiche, hérité d’un passé de fastes dont l’évocation fait toujours rêver : c’est fou ce que les nouvelles marques indépendantes françaises adorent jouer dans ce registre nostalgique. Référence parisienne ultra-contemporaine et ultra-tendance, FOB Paris a choisi cette alliance de l’or et du noir pour ses nouvelles collections estivales, dont certaines pièces sont restylées par Angel Chen, une des stars du design chinois de la nouvelle génération. Les prix de cette distinction très élective restent accessibles (entre 400 et 900 euros), mais ils se méritent : on ne trouve ces montres FOB Paris que dans une sélection de boutiques encore plus exclusives que la marque…

HERMÈS : Un poisson dans l’eau du verre…

Personne ne s’étonnera de voir Hermès reprendre sur ses cadrans les motifs de ses fameux carrés de soie : là, on découvre un poisson exotique emprunté au foulard « Grands Fonds » (1992) et exécuté en micro-mosaïque de verre. Chaque teinte de ce motif est représentée par une tesselle (filament) de verre coloré, découpé, taillé, apposé et collé à la main sur le cadran. Le reste relève de l’horlogerie classique (boîtier, cadran, aiguilles, mouvement), mais le savoir-faire déployé pour cette série de montres Arceau est proprement stupéfiant : quand on la découvre et qu’on l’examine à la loupe, la minutie de cette mosaïque provoque un de ces silences tels qu’on imagine qu’ils sont ceux des… grands fonds ! Il faudra des poches profondes pour s’offrir un tel chef-d’œuvre, dont il n’existera que six exemplaires (en tout et pour tout) pour calmer la convoitise des collectionneurs du monde entier…

PANERAI : Un ticket d’entrée pour une légende militaire…

La plus mondialement célèbre des marques horlogères italiennes renoue avec un bonheur évident avec sa génétique « militaire », évoquée ici par le vert mat et profond du cadran de cette Radiomir qu’on jurerait prise au poignet d’un nageur de combat des commandos italiens qui terrorisaient la marine anglaise pendant la Seconde Guerre mondiale dans tous les ports de la Méditerranée. La vocation de cette Radiomir est nettement plus pacifiste, mais elle a conservé une assez belle « gueule » de baroudeuse, furtive et virile à la fois : grands chiffres très lisibles, avec le fameux 3-6-9-12 qui a fait la gloire des Panerai guerrières, aiguilles très fonctionnelles, petite seconde à neuf heures et cadran « double » (un « sandwich » de deux cadrans, dont celui du dessus est creusé aux chiffres et aux index pour  rendre la matière luminescente beige du cadran inférieur encore plus efficace dans la pénombre). Le mouvement à remontage manuel de cette montre Swiss Made est né dans la manufacture de Panerai, près de Neuchâtel (Suisse). Le ticket d’accès à cette légende militaire se négocie autour des 12 000 euros – si c’est pour faire trembler les amiraux britanniques, c’est donné : « Et merde pour la reine d’Angleterre ! », comme on dit dans les bonnes chansons de marins…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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