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Quand les pierres pleurent de lumière, quand le plus léger reste le plus lourd et quand la boule s’emballe : c’est l’actualité des montres en fin de Wonder Weekgenevoise
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Atlantic-tac

Quand les pierres pleurent de lumière, quand le plus léger reste le plus lourd et quand la boule s’emballe : c’est l’actualité des montres en fin de Wonder Weekgenevoise

Mais aussi la sportive chic qui ne verse pas dans le grand banditisme, le retour sous les projecteurs d’une icône seventies et le grand frisson suisse d’une équipe de jeunes Français…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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GIRARD-PERREGAUX: La magie des montres « fortes » et indémodables…

La mode vintage qui déferle sur les poignets nous redonne le goût des icônes lancées à la fin des Trente Glorieuses, quand les marques horlogères osaient des idées rupturistes. La nouvelle Laureato de Girard-Perregaux nous vient d’une époque qui adorait ces bracelets métalliques intégrés dans le bracelet, cette dialectique du rond et de l’octogonal, de l’angle et de la courbe, du satinage fluide et des cadrans texturés. Aujourd’hui classique, ce style a conservé toute la puissance de son caractère et, surtout, toute l’élégance de son allure : en 42 mm, c’est la montre idéale pour passer sans soucis du bureau au week-end, de la ville à la campagne, du plein air aux mondanités urbaines. Mieux qu’une Rolex ? Le mouvement « manufacture » est un tracteur mécanique de belle réputation pour sa fiabilité. La montre existe dans différentes versions et dans plusieurs tailles, y compris pour les femmes (34 mm), sur cuir ou sur bracelet métallique, avec des complications qui peuvent aller jusqu’au « tourbillon » : c’est la magie des montres « fortes », qui ne se démodent pas et dont on a du mal à se séparer. Politesse ultime de Girard-Perregaux : cette icône de la haute horlogerie suisse sera facturée un peu au-dessous des 10 000 euros – ce qui est exceptionnel pour une « montre manufacture » dotée d’une telle personnalité…
 
 

DIOR: Une goutte d’opale dans l’éternité de sa lumière…

Rêvons un peu avec les montres de cette collection « Dior et d’Opales », qui donnent l’heure, certes, mais qui donnent surtout du plaisir, qu’on dévoile ou qu’on escamote le cabochon mobile qui masque le cadran. C’est la magie des « montres à secret » – tantôt bracelet, tantôt montre, toujours parure et toujours magnifique au poignet. Comme son nom l’indique, cette Exquise Opale de haute joaillerie marie diamants et tourmalines, émeraudes, turquoises et saphirs, à de magnifiques opales, qui sont une des pierres les plus fascinantes de l’univers lapidaire. Des feux s’allument en permanence au cœur des opales, pierres vivantes qui reflètent les couleurs des pierres précieuses qui les entourent : Victoire de Castellane, la directrice artistique de Dior, a su capter cette diaprure pour en faire la clé du temps qui apparaît ou disparaît derrière la goutte d’opale figée dans l’éternité de sa lumière. C’est tout simplement magnifique, magistralement coûteux et parfaitement unique ou presque (chaque opale venue des lointaines terres australes possède sa propre poésie chromatique) – d’autant que l’opale est une des pierres les plus difficiles à maîtriser pour les joailliers tellement elle peut resplendir ou… mourir sans beauté si elle n’est pas bien traitée. Si le temps avait une couleur, ce serait celle de l’opale, c’est-à-dire toutes les couleurs de la nature. La collection Dior et d’Opales rend à ces opales chamaniques un hommage mérité : quelle belle idée d’avoir fait de l’opale la vigilante gardienne du temps !
 
 

BAUME & MERCIER: De haute ambitions qui font profil bas…

Les horlogers suisses commencent à l’avouer sans le dire : depuis des années, ils nous prenaient pour des Chinois capables d’acheter n’importe quoi à n’importe quel prix, mais leur grand délire sinophile a été fracassé par la crise. Du coup, les montres redeviennent plus « normales » et les prix plus « réalistes », ce qui rend les marques les plus intelligentes soudain plus accessibles. Un bon exemple avec Baume & Mercier, vénérable temple de la tradition suisse depuis 1830, qui vient nous tenter avec sa nouvelle collection Clifton Club, facturée sous les 2 000 euros alors qu’elle nous aurait rançonné au double de ce prix voici trois ans. Merci à la lutte anti-corruption de M. XI Jinping, le président chinois, qui a obligé les marchands du temple – généralement Suisses – à davantage de modestie ! Atouts de cette Clifton Club : la bonne taille (42 mm), la bonne minceur (10 mm d’épaisseur), les jolies courbes (admirez le profil galbé du boîtier), le bon style sport chic (avec les inusables codes des montres de plongées), les petits détails qui donnent de l’élégance (le cadran tridimensionnel, le filet orange qui cercle les minutes, les aiguilles viriles, le bracelet bien intégré, etc.), la fiabilité dans le goût 4 x 4 urbain (100 m d’étanchéité, couronne visée, lunette tournante, touches luminescentes discrètes, etc.) et, nous l’avons avoué d’emblée, le bon prix. Un bien joli palmarès pour commencer l’année…
 
 

KLYNT : Le grand frisson suisse sans extorsion de fonds…

Dans la série des nouvelles tendances suisses à la modestie, voici la nouvelle génération des montres Swiss Made encore plus accessibles : la marque Klynt sera lancée dans quelques jours sur les réseaux sociofinancement(Kickstarter) et mieux vaudra ne pas tarder pour souscrire à la première offre, qui sera proposée autour des 925 euros – signée par une « grande marque » et avec un tel design, la même montre en vaudrait certainement trois à quatre fois plus. Les jeunes designers de Klynt ont mis tout ce qu’ils avaient dans les tripes au cœur de cette première proposition : un boîtier en acier de 43,5 mm, un cadran architecturé tout sauf classique, une très originale « petite seconde » par disque à 9 h, une date par disque à 2 h, des finitions sablées et satinées bien dosées, le tout Swiss Made, forcément, avec un mouvement automatique d’excellente réputation. C’est un peu comme si on pouvait ouvrir un compte en Suisse sans subir les foudres du fisc français : on peut s’offrir une montre suisse sans être victime de cette extorsion de fonds qui était la spécialité inavouable des watch valleys horlogères. Si les deux mots « élégance contemporaine » ont un sens, ils peuvent aussi se raccourcir en un seul : Klynt (rubrique libre de toute publicité, mais non de toute admiration pour cette réussite de jeunes designers… français !)…
 
 

RICHARD MILLE: Le culte de la légèreté emballé dans une lourde facture…

Imaginez une montre très très chère (plus d’un million d’euros !) qui serait plus légère au poignet qu’une Swatch en plastique : c’est le nouveau chic chez les milliardaires émergents – plus c’est léger, plus c’est coûteux ! Cette Richard Mille RM 50-03 bat quasiment tous les records : celui du tourbillon chronographe à rattrapante le plus léger du monde (38 g, bracelet compris) et le plus cher du monde. Explication technique rapide : un « tourbillon » pour la précision, un « chronographe » pour mesurer des temps courts, un système à « rattrapante » (double aiguille du chronographe) pour mesurer la vitesse de deux voitures à la fois – puisque ce chronographe conçu par et pour l’équipe McLaren est dédié à l’univers de la Formule 1. Cette ultra-légèreté est une performance qu’on doit à l’utilisation dans cette montre de fibres de carbone renforcées au graphène, entre autres matériaux et nanomatériaux utilisés dans l’univers de la compétition automobile. On vous épargne les multiples avancées techniques proposées par le mouvement de ce chronographe, qui ne sera réalisé qu’en une série de 75 exemplaires, déjà tous pré-vendus tellement les milliardaires aiment à leur poignet des montres légères lourdement facturées…
 
 

HAUTLENCE : Un pied-de-nez ludique pour jouer à la baballe…

Jouons un peu, mais jouons chicet jouons au poignet pour rester fidèles à l’esprit Atlantic-Tac : ce concept Playground Labyrinth ne donne pas l’heure, mais il fait passer le temps. Un « ascenseur » mécanique met en place sur le cadran une précieuse bille de rubis, qu’il faut conduire, à la seule force du poignet, jusqu’au trou qui est à l’arrivée. Plus simple à dire qu’à faire, mais les murs de ce labyrinthe sont illuminés par des pierreries qui éclipsent les joyaux de la couronne britannique : le talent de chaque joueur brillera de mille feux tout au long de ce parcours de gloire. De quoi se déconnecter sans drame des pressions de ce montre cruel ! Le tout avec des finitions de haute joaillerie facturées sans câlins, mais ce pied-de-nez ludique aux convenances componctueuses de la place Vendôme est un caprice de code breaker ironique : la culture horlogère, c’est ce qui reste quand on a tout oublié des heures qui fuient trop vite…
 

 

LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...
 
 
 
 
 

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