Quand les heures tubulaires se jouent aux dés et quand les diamants font des vagues sur le pont Alexandre III : c'est l'actualité des montres... | Atlantico.fr
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Superbe et zurichoise, Livia Bommer nous incite à rêver sur le pont Alexandre-III avec les montres de joaillerie d’une nouvelle marque suisse au nom trop parisien : Champs Élysées…
Superbe et zurichoise, Livia Bommer nous incite à rêver sur le pont Alexandre-III avec les montres de joaillerie d’une nouvelle marque suisse au nom trop parisien : Champs Élysées…
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Quand les heures tubulaires se jouent aux dés et quand les diamants font des vagues sur le pont Alexandre III : c'est l'actualité des montres...

Mais aussi un luxe horloger qui se veut normal (sans se hollandiser), une touche de mode pour faire des touches par connexion, une plongeuse nostalgique et un disc jockey qui se pique de transparence.

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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H. MOSER & CIE : Manifeste pour un nouveau luxe enfin « normal »… 

Regardez bien la montre ci-dessous. Vusne voyez rien ? Il lui manque un nom de marque sur le cadran, ainsi que des index ou des chiffres. C’est très volontaire. C’est même un concept pleinement assumé par H. Moser & Cie, ancienne marque suisse récemment reprise en main par une équipe de jeunes entrepreneurs qui veulent témoigner de leurs convictions alternatives dans le domaine du luxe. Pour Édouard Meylan, qui dirige la marque, le luxe horloger n’est pas une affaire de prix [même si c’est rarement donné], ni une affaire de marque [donc de puissance de feu marketing], mais le fruit d’une adéquation entre une fonction essentielle – donner l’heure – et un style d’exécution. La qualité doit s’affirmer sans les béquilles de la communication : c’est l’identité du boîtier, des aiguilles et du cadran fumé qui créent la différence et qui permettent à la marque d’être reconnue. Du moins par ceux qui sont dignes de l’apprécier parce qu’ils en connaissent et en repèrent les codes. La montre devient ici le témoin d’un néo-rigorisme générationnel, emblématique des années d’après les bulles financières. C’est donc un plaidoyer pour un nouveau « luxe humain et identitaire » : l’absence d’index ou de chiffres pour repérer les heures, le choix de se passer d’un logo focalisent l’attention sur le seul jeu des heures, des minutes et des secondes qui battent grâce à un mouvement exclusivement réalisé par et pour H. Moser & Cie. On est loin de ces grosses « patates » horlogères qu’adorent les nouveaux riches flamboyants : la philosophie janséniste est au bout du poignet !

CHAMPS-ÉLYSÉES : Des vagues de diamants sur la Rive Droite… 

La jolie dame qui pose devant le pont Alexandre-III (le plus photographié de Paris et le plus vu au cinéma) est une Zurichoise bon teint, mais l’ambiance de la nouvelle marque Champs Elysées se veut parisienne, en dépit d’une naissance à Neuchâtel. À son poignet, une montre Rive Blanche (ci-dessous) dont le boîtier ovoïde (38,6 mm de hauteur pour 33,6 mm de largeur) est griffé de nacre et de diamants sertis en vagues (on peut en compter 122, et 47 de plus pour la boucle du bracelet). Les proportions de ce boîtier en goutte d’eau sont justes et le style atypique. L’allégorie des diamants qui dansent demeure poétique et le storytelling « parisien » est d’autant plus amusant que l’adresse neuchâteloise de la marque est… rue Saint-Honoré ! Beaucoup d’histoires d’amour ont commencé à Paris, au petit matin, sur le pont Alexandre-III, juste avant un café-croissant en terrasse sur les Champs-Élysées : tous nos vœux de bonheur à cette marque romande si furieusement amoureuse de la Rive Droite !

GUESS : Une touche de mode dans un univers de connexion au poignet… 

Pris à la gorge par l'offensive – pourtant prévisible et annoncée – des montres connectées lancées par les géants de l'électronique, les horlogers traditionnels réagissent fébrilement. Les marques de mode ont choisi une solution efficace et rapide pour lancer leurs propres smartwatches : s'allier avec les marques électroniques ! Guess (Suisse) a ainsi choisi Martian Watches (Californie) pour développer sa propre Guess Connect, smartwatch qui a le double avantage de ressembler à une montre et d'être discrètement connectée par Bluetooth à votre téléphone portable pour des alertes et même des instructions données par commande vocale (la montre intègre un micro et un haut-parleur). Liaison aisée avec les systèmes iOS (Apple) ou Android (les autres), style contemporain grâce à la touche Guess et fonctionnalités minimales pour rester connecté au monde : pour l'instant, c'est à peu près tout ce qu'on peut demander à une smartwatch de première génération – en attendant l'Apple Watch qui va reformuler les codes de ce nouveau marché…

RALF TECH : Une plongeuse nostalgique jusque dans l’ivoirisation de ses heures… 

Jeune marque française indépendante, Ralf Tech assure son identité génétique par une touche inimitable de style français, mais rend hommage aux traditions suisses par le Swiss Made du cadran de sa nouvelle WRV « 1977 Vulcano ». Détails de cette French Touch : la couleur rouge génialement vintage de la lunette en aluminium, couleur qu’on retrouve sur l’aiguille des secondes à palette rectangulaire ; le bracelet en veau barénia noir cousu main à l’ancienne : la couleur ivoirée des index et des aiguilles, qui semble avoir trente ans d’exposition aux UV ; la forme ni tonneau, ni vraiment ronde, ni non plus coussin du boîtier de 43,8 mm, tellement typique des années 1970 ; le cadran noir mat ; la couronne de remontage et de mise à l’heure décalée à 4 h ; même le verre saphir a cette épaisseur qui rassurait dans les seventies. Montre de plongée originale et atypique, la « 1977 Volcano » est aussi légèrement rétro par son prix plus que raisonnable : 1 990 euros, c’est très honnête et ça rappelle l’âge d’or d’avant les montres à quartz. Nostalgie, quand tu nous tiens…

4N : La transparence de la grâce digitale en apesanteur… 

Quand tout le monde se mêle d’afficher les heures avec des aiguilles, François Quentin, le créateur de la marque 4N, opte pour des disques dont la rotation permet de lire, en chiffres arabes, chaque heure et chaque minute du jour (on est alors bien trop occupé pour avoir besoin d’une indication des secondes). Une montre de disc jockey, d’une complexité mécanique qui a demandé quatre ans de mise au point mais qui permet aussi à 4N MTV-01 de pouvoir fonctionner pendant dix jours sans être remontée ! Cette année, cette brassée de disques nous arrive dans un épatant boîtier en verre saphir, qui ne forme qu’un seul bloc, glace comprise (seul le fond, taillé dans le même saphir, est amovible). Transparence totale d’heures et de minutes digitales qui ne cessent de « sauter » pour rester dans les temps : magnifique, mais la Sapphire Planet se mérite – comptez 280 000 euros pour prétendre la passer au poignet !

HYT : Du grand spectacle linéaire dans l’infiniment petit tubulaire… 

On a gardé cette montre pour la fin parce qu’elle laisse rêveur. Elle est signée par la marque créative HYT (Hydro Mechanical Timepieces), dont le nom interpelle : il s’agit de montres hydromécaniques, qui utilisent l’avancée d’un fluide dans un capillaire de verre pour indiquer l’heure de façon tubulaire et dans une logique linéaire. Sur l’image ci-dessous, il est à peu près 4 h 50 (ou 16 h 50) : le fluide vert progresse le long d’un jeu de dés qui bascule toutes les six heures pour découvrir les chiffres des six heures suivantes. Ce fluide vert est « pompé » dans son tube par un jeu de « soufflets » mécaniques (en haut du cadran) entraînés par les rouages du mouvement. Du grand spectacle dans l’infiniment petit ! Les minutes sont elles aussi linéaires : elles sont indiquées par une aiguille qui se déplace en ligne grâce à un jeu de bras articulés. Tout ça pour connaître une heure qu’on peut lire à peu près partout autour de nous ? Non, pas du tout ! Tout ça pour prouver qu’on a la maîtrise du temps qui passe et qu’on peut s’offrir le luxe de perdre du temps à le regarder s’enfuir à coups de dés qui cliquètent et de fluides qui filent. Pour votre gouverne, cette extraordinaire H3 de HYT sera sans doute une des montres de l’année 2015…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004... Lien : http://www.businessmontres.com

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