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Les lignes futuristes des bolides italiens qui s’harmonisent à l’architecture futuriste des montres genevoises…
Les lignes futuristes des bolides italiens qui s’harmonisent à l’architecture futuriste des montres genevoises…
©DR

Atlantic-tac

Quand les heures se segmentent, quand les minutes se volcanisent et quand les secondes se centrisent : c’est l’actualité des montres

Mais aussi un nuage de gaz cosmiques semé d’étoiles d’or, un amortissement des chocs qui font siffler les balles et les couleurs italiennes d’une géométrie formellement étoilée…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ROGER DUBUIS : À l’avant-garde, entre l’étoile et la toile d’araignée…

Les trois couleurs vert-blanc-rouge qui encodent cette montre sont bien celles du drapeau italien : cette nouvelle Excalibur signée Roger Dubuis est effectivement l’oriflamme du nouveau partenariat noué entre la marque horlogère et le fameux bureau de design italien Italdesign, auquel on doit quelques-uns des plus fantastiques bolides de ces dernières années (ci-dessus). Il fallait au moins une « hypermontre » pour ces « hypercars », qui ont en commun des matériaux d’avant-garde comme le carbone et la céramique, mais aussi un certain sens de l’esthétique – parfois à la frontière de l’extravagance – et de l’architecture mécanique. Avec Roger Dubuis, l’horlogerie traditionnelle prend des accents futuristes : le mouvement a été épuré à l’extrême (« squeletté », comme disent les horlogers suisses) et restructuré autour d’une géométrie formelle en étoile – à moins que ce ne soit en toile d’araignée. Issu d’une conception rigoureuse et sans concessions du design, le style de la montre est aussi intransigeant et « ultime » que celui des automobiles nées dans les ateliers d’Italdesign : mieux qu’un objet du temps, c’est un objet du désir…

FABERGÉ: La lecture intuitive née d’une complexité mécanique maîtrisée…

À une semaine de l’ouverture du grand salon horloger de Bâle (Baselworld), une excellente surprise mécanique : la maison Fabergé, héritière de l’atelier de joaillerie qui créait les fabuleux et précieux « œufs de Fabergé » collectionnés par les tsars, s’est mise en tête de fêter avec un chronographe mécanique – expression d’une certaine vision du temps – le centenaire du plus célèbre de ces « œufs », le Constellation. Un « œuf » à la légende particulièrement tragique, puisqu’il est resté inachevé : il était destiné au tsarévitch Alexei Nicolaevitch, sauvagement assassiné par les bolcheviks en 1917. C’était aussi le dernier des « œufs » imaginés par Fabergé. Il fallait pour ce centenaire un objet du temps exceptionnel : ce sera ce chronographe développé par le maître-horloger genevois Jean-Marc Wiederrecht, qui a tout simplement entrepris de repenser la traditionnelle mesure des temps courts par un chronographe. Pas de compteurs, mais un affichage intuitif et très facile des temps décomptés au centre de la montre, selon la logique traditionnelle des heures, minutes et secondes des cadrans horlogers. C’est aussi simple et évident à lire qu’extraordinairement compliqué à agencer, mais l’immense talent de Jean-Marc Wiederrecht a toujours été d’exprimer la complexité mécanique avec élégance et sobriété. Une montre génialement innovante…

BRM: Des amortisseurs qui font flotter les heures des swingueurs…

Tous les amateurs de golf savent qu’il vaut mieux éviter de jouer avec sa montre mécanique, dont les pièces mobiles n’aiment pas du tout la violence d’un joli swing ou d’un long drive. BRM, la plus intéressante des manufactures françaises de haute horlogerie (BRM pour Bernard Richards Manufacture), a imaginé un système de mouvement automatique « flottant » pour libérer les golfeurs de tout souci : les chocs sont absorbés par des sortes d’« amortisseurs », qui effacent aussi les vibrations transmises par le manche du club [on voit ces « ressorts » dans les alvéoles du cadran, à 2 h, 6 h et 10 h]. Attention supplémentaire pour les joueurs : la couronne de remontage a été placée à gauche (côté bras) pour éviter toute gêne et tout frottement contre le dos de la main, quand celle-ci est en torsion. Cette collection golfique est très typée BRM (boîtier en acier, 44 m pour les messieurs, 38 mm pour les dames, style puissant, bracelet sportif), mais on peut personnaliser chaque montre en variant la couleur de la décoration (aiguilles, cadran, bracelet, couronne, etc.), le tout à des prix relativement raisonnables pour unetelle concentration d’atouts mécaniques et esthétiques. Une collection de montres étourdissantes…

MCT: Des heures segmentaires qui mènent la danse au centre du cadran…

La Manufacture contemporaine du temps (MCT) s’attaque à une question qui fait phosphorer les horlogers depuis le XVIIIe siècle : comment se passer des aiguilles pour afficher le temps qui passe ? Les solutions les plus imaginatives n’ont pas manqué, mais la nouvelle Dodekal One de MCT est une vraie première mécanique : les heures sont affichées au centre du cadran par des grands chiffres dont la stylisation segmentaire rappelle les premiers affichages numériques des réveils électroniques lancés dans les années 1970 – c’était alors le comble de la modernité ! Si les minutes sont conventionnellement indiquées par une aiguille qui tourne autour du cadran, le changement du chiffre des heures est, pendant quelques secondes, un fascinant ballet mécanique, mis en mouvement par de très ingénieuses combinaisons de cames et de rouages qui ré-agencent les segments de chaque chiffre. Le miracle, c’est aussi qu’une montre aussi rupturiste soit restée aussi élégante : le boîtier « coussin » finement galbé ne fait guère que 43 mm de côté, avec une épaisseur de bon aloi. Une montre carrément… segmentante !

DE BETHUNE: Un nuage de gaz cosmique dans les flammes infinies du temps…

Comme « Atlantic-tac » l’a déjà annoncé aux lecteurs de cette chronique horlogère, la nouvelle couleur à la mode chez les faiseurs de temps reste cette année le bleu. Quand certains se contentent de repeindre leurs cadrans en bleu, la manufacture De Bethune a imaginé un bleu définitif, tout aussi primordial que définitif. Le boîtier de cette pièce unique DB 28 est en titane intégralement bleui à la flamme : quand on sait que l’uniformité de la teinte se joue au degré près, dans un four qui exige en permanence la main et l’œil de l’homme, on imagine la performance. Le cadran lui-même est né d’une « lame » de météorite retravaillée à la flamme et à la poudre de diamant pour libérer cette couleur et lui donner l’allure de ces nuages cosmiques et « gazeux » qui semblent envelopper les plus lointaines galaxies. Il fallait à cette extraordinaire écrin un mouvement d’exception : Denis Flageollet, le génie mécanique (français !) qui a co-fondé De Bethune, a logé dans cette DB 28 un « tourbillon » aussi rapide (36 000 battements par heure) qu’avide de précision et d’élégance. Superbe idée que celle de ces aiguilles d’or – autre métal cosmique – qui survolent avec insolence le bleu profond de cadran clouté d’or gris comme un ciel étoilé. Une montre sidérale qui est, bien entendu, sidérante…

RJ-ROMAIN JEROME: Un magma de lave en fusion sous le cadran…

Si vous avez un peu de mémoire, le mot « Eyjafjallajökull » évoquera le souvenir de ce volcan islandais au nom imprononçable, dont l’éruption, en 2010, avait paralysé les voyages aériens dans toute l’Europe. La manufacture genevoise RJ-Romain Jerome en avait célébré la légende avec une montre qui contenait des cendres volcaniques recueillies sur place. On retrouve l’esprit de cette lave en fusion et de cette légende dans la nouvelle montre « Eyjafjallajökull-DNA Burnt Lava », dont la lunette semble rongée par les feux centraux de la Terre. Le cadran est encore plus expressif, avec ses inclusions de lave volcanique, l’onyx de sa ténébreuse obscurité et ses incrustations d’émail à froid dont les nuances rouges et jaunes évoquent la lave en fusion piégée dans les failles de la roche. L’aiguille des heures, en forme d’avion stylisé, est un clin d’œil à l’événement de 2010, qui avait condamné pendant de longs jours tout l’espace aérien au-dessus d’une Europe parcourue par le panache des cendres expulsées par le volcan. Le bracelet en cuir de crapaud rappelle la texture un peu brutale de la lunette. Une montre tout simplement impressionnante !

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

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