Quand les Danois nagent dans l’ombre, quand un crâne déclenche une tempête et quand le soleil a rendez-vous avec la Lune : c’est l’actualité des montres… | Atlantico.fr
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Une montre au design avancé pour les nageurs de combat scandinaves (les SEALs danois) spécialisés dans la lutte anti-terroriste et dans les interventions clandestines…
Une montre au design avancé pour les nageurs de combat scandinaves (les SEALs danois) spécialisés dans la lutte anti-terroriste et dans les interventions clandestines…
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Quand les Danois nagent dans l’ombre, quand un crâne déclenche une tempête et quand le soleil a rendez-vous avec la Lune : c’est l’actualité des montres…

Mais aussi le macho qui rend un hommage horloger aux femmes, la montre qui se prend pour une règle à calcul et la plus mauvaise idée qui nous arrive des Etats-Unis…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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LINDE WERDELIN : Une nouvelle arme fatale pour les nageurs de combat…

Pour les jeunes marques indépendantes à vocation aventureuse, rien ne vaut le banc d’essai d’une adoption par des unités d’élite : il n’y a pas de meilleure preuve qu’une montre a vraiment… l’étoffe des héros ! Les nageurs de combat de la Marine militaire danoise – aujourd’hui déployés sur des théâtres d’opérations comme le Golfe persique ou l’Afghanistan – auront donc droit à leur montre de plongée Oktopus, une création de Linde Werdelin, une marque indépendante danoise lancée au début des années 2000 sur un concept de design rigoureux et contemporain. Reconnaissable aux lignes anguleuses de son boîtier ultra-résistant en titane, mais pas tout-à-fait conforme au modèle de série, l’Oktopus des hommes-grenouilles danois a subi un an de tests en situation de combat et d’entraînement avant de se qualifier ainsi : sa lisibilité dans la pénombre a été améliorée (procédé exclusif de SuperLumiNova en 3D). Atout supplémentaire : cette Oktopus dispose d’un module électronique de plongée, qu’on peut adapter sur le boîtier pour profiter de ses multiples fonctionnalités avancées. Cette série de montres est réservée aux membres de l’unité des nageurs de combat danois, ainsi qu’à leurs anciens, mais on parviendra tout de même à en trouver quelques-unes sur le second marché…

KLOKERS : La bonne idée horlogère de la rentrée…

Un axe vertical rouge (fixe) devant lequel défilent trois disques rotatifs (mobiles) : grâce à une lentille grossissante, la lisibilité des heures est excellente, tout comme celle des minutes et des secondes. Pour une fois, l’« aiguille » de la montre ne bouge pas, mais les indications du temps qui passe tournent autour du cadran. Ce système de disques concentriques nous rappelle les vénérables règles à calcul d’avant l’informatique miniaturisée, mais il s’agit là d’une vraie montre, au mouvement électronique Swiss Made, superbement dessinée, dont le boîtier de 44 mm propose une astuce supplémentaire : un bouton poussoir (à 8 h) pour changer très facilement de bracelet, dont il existe six versions dans différentes couleurs. On passe ainsi très aisément de la montre de poignet à la montre de gousset. La KLOK-01 de Klokers – retenez bien le nom de la marque, ce sera l’événement de la rentrée – a donc tout pour plaire, jusqu’à son prix très câlin : 199 euros au lieu de 349 euros (futur prix public) si vous faites partie des premiers souscripteurs sur le site de financement collaboratif Kickstarter, où la montre fera son apparition au mois de septembre. Et si c’était la meilleur bonne surprise horlogère de la rentrée ?

NICO GERARD : La fausse bonne idée horlogère de la rentrée…

En changeant les règles, voire en renversant la table de jeu, les montres connectées ont libéré l’imagination des créateurs de montres. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire, comme le prouve le concept Pinnacle de la marque américaine (à prétention suisse) Nico Gerard : plutôt que de choisir entre porter au poignet une montre connectée, de type Apple Watch, ou une montre suisse classique, il nous est proposé d’en porter… deux – l’une d’un côté du poignet, l’autre à l’opposé – avec un seul bracelet (voir la vidéo de présentation). Le résultat est très laid, pas pratique du tout (c’est encore le meilleur moyen de rayer ou de choquer un des deux montres) et, surtout, démentiellement coûteux pour une simple montre suisse (automatique) couplée à une smartwatch : 9 300 dollars ! Sachant que la montre, même Swiss Made, ne vaudrait guère plus qu’un millier de dollars et qu’une Apple Watch ne dépasse guère les 400 dollars, calculez le prix du bracelet qui les relie sans valeur ajoutée. Ou bien c’est un gag (qui ne fera rire personne), ou bien c’est une prodigieuse arnaque – si ce n’est pas le plantage marketing de l’année…

Voir la vidéo ici

RICHARD MILLE : Tempête autour d’un crâne…

Est-ce qu’une montre à 560 000 euros peut déstabiliser le président Poutine ? Ce n’est pas l’autocrate russe qui se promène avec une Richard Mille RM 52-01, mais un de ses plus proches conseillers, Dmitri Peskov, dont les revenus officiels ne permettent pas une telle dépense somptuaire. Un opposant local a noté cette montre – très reconnaissable à sa tête de mort (vidéo ci-dessous) – au poignet de ce conseiller très spécial lors de son récent mariage avec la championne olympique de patinage Tatiana Navka. La défense de Dmitri Peskov à propos de cette montre, éditée à 30 exemplaires pour le monde entier, n’a pas été très habile : il en a fait un cadeau de mariage de sa femme, que ses revenus officiels n’autorisent pas non plus à de telles dépenses somptuaires, surtout chez l’horloger franco-suisse préféré des milliardaires de cette planète. La campagne d’opinion autour de cette montre a, bien entendu, été largement relayée par les médias américains, jamais avares de « Putin bashing »…

FRANC VILA : À qui profite la frime ?

Pourquoi offrir aux dames autre chose que des montres d’homme jivarisées (réduction à la façon des têtes par les Jivaros d’Amazonie), avec de la couleur pour la cool attitude et des diamants pour bien marquer qu’il s’agit d’un hommage à une horlogerie féminine qu’on ne saurait concevoir qu’avec un mouvement à quartz ? Le designer horloger Franc Vila ne s’encombre pas de complexes pour cette vision légèrement machiste de l’éternel féminin : au lieu des 55 mm de ces messieurs, le boîtier de sa « Tribute to Ladies » est ramené à 38 mm, avec six couleurs pour un style de vie chic et mode, quoique sportif, quelques alignements de « cailloux » pour souligner les lignes non-conformistes de la montre, un cadran texturé pour débanaliser l’offre et un mouvement électronique pour ne plus avoir de soucis mécaniques. C’est sûr : la querelle du genre ne passera pas par Franc Vila !

VICENTERRA : La Terre en rendez-vous avec le Soleil et avec la Lune…

Si vous devez craquer un jour prochain pour une de ces complications mécaniques suisses qui vous font rêver, sans pour autant vous fâcher à mort avec votre banquier (non suisse), un bon conseil : regardez du côté de Vicenterra, une de ces jeunes maisons indépendantes suisses qui ont décidé de ne plus pratiquer l’extorsion de fonds à la mode dans les grandes maisons de tradition. Vincent Plomb, le créateur, avait réinventé la « montre de souscription », pratique oubliée par les Suisses depuis Abraham Louis Breguet, à la fin du XVIIIe siècle. Les 100 premiers souscripteurs de sa première montre n’ont pas eu à le regretter : pour le prix d’une Rolex de base, ils ont pu s’offrir une mécanique d’exception qui valait quatre ou cinq fois plus chez les concurrents plus huppés. C’est parti pour une seconde série de « souscriptions », un peu plus coûteuse, mais aussi un peu plus complexe et mécaniquement plus raffinée, puisque la nouvelle Luna propose à la fois une Lune et une Terre sphérique, sous le regard du Soleil qui couronne la montre. La Lune tourne dans son angle au même rythme que l’astre dans notre ciel. Comme la Terre, elle est éclairée par un hublot percé dans le boîtier. La Terre est en rotation autour de son axe, l’index qui la surplombe indiquant l’endroit où le soleil est au zénith. Pour une précision vraiment horlogère, on peut lire sur un petit compteur les vingt-quatre heures d’un second fuseau horaire. Le Soleil se lève et se couche, pour être remplacé par le champ d’étoiles de sa nuit, avec une comète qui se permet de remplacer le soleil en haut du ciel. Ce complexe astronomique de poignet est magique et les souscripteurs peuvent choisir entre quatre types de décoration, dans les tons argentés, bleus ou noirs. Le tout, évidemment, à des prix qui défient l’entendement des maisons qui disposent de confortables budgets de communication : la marque vantée par les affiches ou l’atelier promu par le respect de la tradition, les amateurs de belle horlogerie ont le choix. Leur banquier appréciera d’autant plus que les Vicenterra de la première souscription sont déjà très recherchées : combien de collectionneurs se mordent les doigts de n’avoir pas osé souscrire à la première série ! Vincent Plomb, en bon Jurassien (suisse) habile et matois, se réjouit de les mettre en défi une seconde fois, en leur proposant à présent une souscription pour quatre séries de cette Luna comptant 99 pièces chacune…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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