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Le chic plutôt sexy et l’impertinence câline d’une « capsule » californo-californienne…
Le chic plutôt sexy et l’impertinence câline d’une « capsule » californo-californienne…
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Quand le coucou imite les djihadistes, quand le bleu déglace la séduction et quand le rock'n'roll joue en mode sexy : c'est l'actualité des montres (au cœur de l'automne)

Mais aussi le vol furtif d’une aviatrice fantôme, la plus rare des collections de montres et peut-être la plus belle montre de cette fin d’année…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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NIXON : Entre la plage et la ville, dans la rue comme au bureau…

La mode est aux collections « capsule », qui permettent à une marque de développer ponctuellement une ligne particulière avec une marque complémentaire. Ainsi de la maison horlogère californienne Nixon (qui cible les jeunes générations) et de la marque « style de vie » californienne Amuse Society : six montres témoignent de l’addition d’une bonne dose de chic teinté de sexy et d’une bonne mesure d’impertinence légèrement rock’n’roll (ci-dessus et ci-dessous, ne pas manquer la vidéo). Avantage de cette collection Nixon x Amuse Society : des prix très… amusants (150 à 300 euros), avec des mouvements électroniques, des boîtiers à vivre intensément et des couleurs pour dérider le quotidien de l’automne.

 

PÉQUIGNET : Variations sur quelques nuances de noir…

Cette montre Aviateur Fantôme est une vraie série limitée (50 pièces), qui ne sera vendue que dans une seule boutique parisienne, chez Colette, le concept store le plus tendance de cette planète. Autant dire qu’on ne la verra pas sur tous les poignets, ce qui ne l’empêche pas d’avoir la politesse de ne coûter que 990 euros : un prix tout-à-fait raisonnable pour une montre « fabriquée en France », étanche à 100 m et dotée d’un mouvement automatique. Le style noir – mais pas trop – de ce boîtier de 42 mm est sobre, « militaire », fonctionnel, avec une grande date de type « instrumental ». Deux bracelets (le premier en caoutchouc, l’autre dans un textile technique très élégant) complètent une proposition à la fois élégante et fonctionnelle…

ROGER DUBUIS : La plus culturelle des couleurs du luxe…

Un peu de superlatif dans le luxe qui se montre au poignet ! N’ayons pas peur de jouer dans l’ultime féminin avec cette Excalibur 36 de Roger Dubuis, qui n’existera qu’en 28 exemplaires : 36 pour les 36 mm de la taille du boîtier bleu, cerclé par 48 saphirs bleus, alors que les douze chiffres romains stylisés en soleil éclatent sur le cadran bleu que rehausse un bracelet en alligator bleu. Restons dans l’arithmétique pour l’or rose 22 carats de la masse qui remonte le mouvement automatique, qui dispose de 48 heures de réserve de marche [par pudeur, on ne vous dira pas le prix]. Couleur on ne peut plus naturelle (le ciel, la mer, la glace, les fleurs), quoique souvent très culturelle (le bleu Klein, lz lapis-lazuli dans l’Égypte ancienne, le bleu des Capétiens, le bleu des vitraux gothiques, l’indigo des Amériques ou le bleu horizon des Poilus de la Première Guerre mondiale), le bleu est aussi la plus rare des couleurs alimentaires, donc la moins « fonctionnelle » qui soit : c’est ça, le vrai luxe…

 

DÉCAPITATION : Le coucou qui coupe les cous à tous les coups…

C’est un coucou mécanique de la Forêt-Noire qui est daté d’à peu près à 1850. Elle semble à peu près classique, sauf qu’aucun petit oiseau n’apparaît quand sonnent les heures : c’est une scène de décapitation à la mode… djihadiste qui attend les spectateurs ! Le mécanisme sonne les coups et, au dernier, le sabre tombe, le corps du supplicié s’écroule et la femme brandit la tête (vidéo ci-dessous). Cette pièce hors du commun sera adjugée aux enchères la semaine prochaine par la maison allemande Auktionen Dr Crott (estimation basse à 3 000 euros, avec deux autres coucous en prime). On se perd en conjectures sur cette scène digne des exécutions de Mossoul, à quelques détails de costumes près. Peut-être s’agit-il d’une illustration horlogère un peu naïve de scènes inspirées par la lecture de la Bible…

 

GREUBEL FORSEY : Serait-ce la plus belle montre de cette fin d’année ?

Autant prévenir tout le monde, vous aurez là près de 320 000 euros au poignet, le prix d’une mignonne petite maison de campagne. Pourtant, comme disait Michel Audiard, « le prix s’oublie ; la qualité reste » (Les Tontons flingueurs). Dans quelques années, cette montre signée Greubel Forsey – une des jeunes marques indépendantes les plus créative de la scène suisse – sera un objet de collection que les amateurs s’arracheront sans discuter. Pourquoi ? Bonne question ! D’abord parce qu’elle est belle, avec le contraste entre le gris soyeux de son boîtier en platine et l’or poudré de rose de son cadran, sur lequel les aiguilles bleuies contrastent harmonieusement, alors que les chiffres et les index émaillés de bleu prennent du volume et du relief. Ensuite, parce que cette montre est très technique, avec son « tourbillon » incliné (gage de précision) logé dans une « bulle » qui fait saillie sous le boîtier, à même le poignet, mais c’est absolument insensible – du coup, ça permet à la montre de rester relativement fine. Enfin, parce que ce Tourbillon 24 secondes Vision sait à la fois rester cossu, mais discret, en ne dévoilant son authentique et précieuse originalité qu’aux initiés qui sauront l’identifier et l’apprécier pour sa rareté (la marque n’en réalisera qu’une poignée tous les ans). De l’anti-show off ultime, en phase expressive autant que minimaliste : c’est la meilleure définition du luxe contemporain…

MONTRES RARES : La plus belle collection du monde en vaut que 69 euros…

Personne ne pourrait rassembler une telle collection de belles montres, dont certaines ne sont pas revenues sur le marché depuis une quinzaine d’années. Valeur estimée des soixante montres présentées dans ce superbe livre : 165 millions d’euros ! Admirer de près ces montres rares ne vous coûtera cependant que 69 euros, grâce aux magnifiques images en gros plan de cet album qui pèse 3,6 kg pour un demi-mètre d’envergure une fois ouvert. Écrit par le journaliste horloger Paul Miquel, les textes de présentation de ces « montres rares » sont à la fois très vivants et très complets, mais surtout bourrés d’informations qui vont relever le niveau de culture horlogère des amateurs. Ce sera un des cadeaux de fin d’année les plus appréciés pour les aficionados des objets du temps (« Montres rares », de Paul Miquel, éditions Gründ, 240 p. 69 euros)…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : https://businessmontres.com/

 

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