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Une Harley-Davidson personnalisée pour s’assortir au cadran d’une RJ-Romain Jerome qui joue les vanités philosophiques. Du tatouage comme nouveau chic marketing ?
Une Harley-Davidson personnalisée pour s’assortir au cadran d’une RJ-Romain Jerome qui joue les vanités philosophiques. Du tatouage comme nouveau chic marketing ?
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Atlantic tac

Quand la mort s’affiche en paillettes mauves, quand décollent les Liberator américains et quand les montres allemandes révisent leurs maths : c’est l’actualité des montres

Et aussi les couleurs patriotiques qu’il faut savoir décoder, le bleu de nuit qui est le nouveau noir et le triangle rouge qui s’envole à la bonne date…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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RJ-ROMAIN JEROME : Plus biker tatoué que moi, tu meurs !

Les grosses motos – en particulier les Harley-Davidson – sont des piliers de notre iconosphère contemporaine. Spécialiste de l’expression au poignet des légendes du siècle, la maison RJ-Romain Jerome a fait confiance à un des plus célèbres (re)créateurs actuels de motos « préparées » pour imaginer une vigoureuse illustration de cette mythologie mécanique, tissée de symboles clivants (la tête de mort), de sémiologie cutanée (le tatouage) et de stylisation motorisée (le mouvement « squeletté » de la montre). Nom de code de cette première légende héroïco-esthétique : H9C, pour Hard Nine Choppers, le nom de l’atelier bernois de Danny Schneider, le custom builder mobilisé pour l’occasion (image ci-dessus). Les couleurs du crâne sont celles de cette Harley-Davidson pièce unique, qui avait commencé sa carrière dans l’armée canadienne, en 1943, mais pas un de ses pilotes de l’époque ne la reconnaîtrait tellement elle a été retravaillée. Un amateur asiatique a raflé dans le même élan la moto et la première montre de cette série limitée, qui est le pendant 2014 des « vanités » philosophiques tellement à la mode au XVIe et au XVIIe siècle. Comme quoi les montres sont de purs produits de culture, même quand elles nous racontent des histoires de bikers tatoués…

VICTORINOX : Tricolore par patriotisme ibachrien……

Ne pas confondre : l’esprit arc-en-ciel de cette Maverick Sport n’est pas une pétition gay friendly, mais une simple reprise des couleurs héraldiques de la commune helvétique d’Ibach, où est née la maison Victorinox – celle des fameux couteaux suisses – en 1884. Pour les timides, Victorinox a prévu un bracelet noir. Rouge, bleu, jaune : on retrouve ces codes sur le cadran, côté date et aiguilles, sous le signe de cette croix suisse qu’on retrouve, en écusson, sur les couteaux réglementaires de l’armée suisse. Une allusion soulignée par l’heure « militaire » (de 13 h à 23 h) notée sur le rehaut du cadran. Mouvement électronique, boîtier de 43 mm et prix accessible (à partir de 325 euros)…

 

ALPINA : Un triangle rouge dans le bleu profond du ciel…

La bonne heure de ce chronographe Alpina Pilot se double d’une grande date sur un élégant cadran bleu de nuit, où trotte le triangle rouge de l’aiguille des secondes. L’inspiration est celle des montres d’aviateur de l’âge héroïque des hélices (poussoirs « champignons », couronne de remontage surdimensionnée, lisibilité contrastée du cadran, rondeur rassurante d’un boîtier de 44 mm), mais l’expression est contemporaine, tout comme le mouvement électronique. C’est la traduction quasiment parfaite du nouvel esprit « sportif chic » qui permet à cette montre de souligner le caractère dynamique, mais élégant de celui qui l’a choisie et qui peut la porter, aux commandes de son avion comme pour piloter sa vie professionnelle (à partir de 800 euros)…

 

WALTHAM : À l’heure des pilotes qui ont libéré l’Europe……

En révélant, la semaine dernière, le retour sur le marché de la marque Waltham, Atlantic-tac a grillé la politesse aux spécialistes du monde entier, notamment aux médias américains qui n’ont pas apprécié de découvrir en France une information qui les concernait au premier chef. Peu importe ! Profitons des derniers jours de ce mois de juin 2014 et de la commémoration du 70 e anniversaire du débarquement de Normandie pour nous offrir un petit plaisir au poignet : dans la nouvelle collection Aeronaval, le modèle CDIA (Civil Date Indicator Aeronaval) reprend le style des indicateurs horaires qu’on trouvait dans le cockpit des bombardiers Liberator, lancés par les Alliés à l’assaut de la machine de guerre allemande. Ces compteurs de bord affichaient l’heure sur 24 heures tellement les pilotes, en mission de nuit comme de jour, avaient tendance à perdre leurs repères par rapport au « temps civil ». L’esprit de la date affichée dans un cercle (ici, au centre de la montre) a été préservé, en substituant à l’ancien affichage des 24 heures un second fuseau horaire (l’aiguille verte, calée sur les 24 fuseaux horaires de la planète). Les trois poussoirs permettent de régler le calendrier et le second fuseau horaire. Une montre automatique dont le design soigneusement « anglé » affirme l’évidente virilité en plus d’un indéniable avant-gardisme stylistique…

 

MEISTERSINGER : Une aiguille pour le temps long, trois aiguilles pour le temps court……

D’origine allemande, ce chronographe très spécial est signé MeisterSinger, maison horlogère qui a bâti sa réputation sur l’affichage de l’heure avec une seule aiguille – avec cinq minutes de précision. Pas facile, dans ces conditions, d’imaginer un chronographe qui serait précis à la seconde près, mais l’exercice de style était amusant, jusqu’à devenir une équation mathématique : un seul poussoir (au lieu de deux) pour déclencher ce chronographe mécanique, deux compteurs (au lieu de trois) pour décompter les temps courts mesurés par le chronographe, une aiguille (au lieu de deux) pour afficher les heures et les minutes. Le tout dans un élégant boîtier de 43 mm, cette montre Paleograph se parant d’un bleu très chic qui est le nouveau noir des montres contemporaines…

 

SMARTWATCH : Les horlogers suisses ont peur… d’avoir pris du retard…

La smartwatch (montre connectée) est-elle la prochaine révolution horlogère ? Après avoir nié tout danger, les maisons horlogères suisses commencent à s’inquiéter d’un séisme qui ne pourra qu’ébranler le marché de la montre. Une chronique vidéo de Business Montres revient sur les idées fausses et les vraies pistes de réflexion à ce sujet. Non, ce n’est pas une guerre contre les montres suisses, mais une tentative des géants de l’électronique pour conquérir les poignets, territoire stratégique pour y loger des « prothèses » numériques capables de gérer notre connexion au monde. Non, ces montres ne seront pas de simples écrans déportés d’un téléphone : elles sont des capteurs biométriques autant que des outils d’insertion tous azimuts dans le système global des objets connectés de notre écophère de vie. Oui, pour s’imposer, ces montres doivent ressembler à des montres suisses. Oui, les horlogers suisses ont repoussé dédaigneusement les tentatives de rapprochement d’Apple pour créer une iWatch d’un nouveau type. Oui, les marques suisses préparent déjà des concepts de smartwatches, mais elles ont déjà perdu la première bataille et raté le premier train : seront-elles à l’heure pour gagner la guerre ?

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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