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Les résultats définitifs sont tombés, et pour certains même « les jeux sont faits ».
Les résultats définitifs sont tombés, et pour certains même « les jeux sont faits ».
©Reuters

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Résultats définitifs : les leçons de la primaire

Les résultats définitifs et validés du premier tour de la primaire sont tombés. Sur 2 664 013 votants : François Hollande : 39,2 %, Martine Aubry : 30,4 %, Arnaud Montebourg : 17,2 %, Ségolène Royal : 6,9 %, Manuel Valls : 5,6 % et Jean-Michel Baylet: 0,6%. Un succès de participation donc, mais loin d’être une réelle surprise puisque les plus optimistes tablaient encore la veille du scrutin sur une participation de 4 millions d’électeurs.

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier

Guillaume Peltier est député de Loir-et-Cher et vice-président délégué des Républicains. Il a été professeur d'histoire-géographie, chef d'entreprise et porte-parole de Nicolas Sarkozy.

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Les résultats définitifs sont tombés, et pour certains même « les jeux sont faits ». En réalité rien n’est moins sûr ! Le second tour oppose comme prévu François Hollande à Martine Aubry, et la surprise vient d’Arnaud Montebourg et ses 17% de suffrages, loin devant Ségolène Royal. Une surprise ? Pas tellement ! La dynamique en faveur du candidat de la « démondialisation » avait été perçue par certains instituts qui le plaçaient en troisième homme : BVA avec 11% et Harris Interactive deux fois, à 12% d’intentions de vote les 29 septembre et 6 octobre. Ce qu’il faut retenir de ce premier tour…

C’est bien l’écart de 8 points entre François Hollande et Martine Aubry qui peut surprendre au regard des estimations publiées ces dernières semaines. Le président du conseil général de la Corrèze était coté jusqu’à 44% d’intentions de vote (Ipsos 21-26 septembre), contre (seulement) 27% pour Martine Aubry. Tandis que certains parlaient d’un succès de François Hollande dès le premier tour...

Comme le présente le sondage de l’Ifop pour Paris Match (datant du 6 octobre), de grands écarts d’image départagent les deux candidats finalistes. François Hollande distance toujours la maire de Lille en matière de capacité à battre Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2012 (66% contre 19%). Les sympathisants de gauche, comme le décrit le graphique ci-dessous, accordent majoritairement à François Hollande l’étoffe d’un chef d’Etat (52%), ou encore la capacité à représenter la France à l’étranger (51%). Toutefois, si Martine Aubry souffre d’un déficit de sympathie (seuls 31% des sympathisants de gauches lui attribuent ce qualificatif), elle devance largement son rival sur les items de fond. La maire de Lille apparaît plus proche des préoccupations des Français (43% contre 36%) et surtout, elle s’impose comme la plus fidèle aux valeurs de la gauche (pour 45% des sympathisants de gauche) lorsque son rival n’obtient que 36%…

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Les zones de force des quatre premiers candidats

La chute est cruelle pour Ségolène Royal, elle qui avait survolé la primaire, certes fermée, de 2006 face à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, et recueilli 17 millions de voix au second tour de la présidentielle de 2007. Malgré une campagne de terrain acharnée et une présence médiatique durant tout l’été sur la crise financière, elle dépasse à peine les 180 000 suffrages aux primaires citoyennes. Pire encore, la présidente de la région Poitou-Charentes ne perce pas dans son fief, et n’obtient que 18% dans le département des Deux-Sèvres, son score le plus élevé au niveau national. Arnaud Montebourg semble quant à lui avoir bénéficié de son parti pris contre Jean-Noël Guerini lors de son déplacement dans le sud-est. Une région qui devient une zone de force pour le troisième homme du Parti Socialiste. Celui que les médias ont baptisé « l’arbitre » de la finale des primaires a obtenu son meilleur score chez lui, en Saône-et-Loire, avec 58%.

Les deux finalistes se démarquent également chacun dans leur département respectif. Martine Aubry décroche 55% des voix dans le Nord. Il est intéressant de constater que c’est globalement dans les territoires les plus à gauche et les plus écologistes que la candidate se démarque de son rival. A noter qu’à Morlaix, bastion de son amie Marylise Lebranchu, la maire de Lille va jusqu’à devancer François Hollande de 11 points. Si François Hollande prend l'avantage dans les villes moyennes, elle l’emporte dans les métropoles. Lille, Paris, Grenoble ou Rouen la soutiennent, et plus étonnant, elle devance son rival à Strasbourg et Lyon, dont les élus sont partisans de François Hollande. L’élu corrézien quant à lui réalise sans surprise ses meilleurs classements dans le grand centre et l’ouest du pays. François Hollande obtient même 86% des voix dans son département. Le territoire du finaliste est avant tout composé de petites et moyennes villes. « Une France de vieux bastions socialistes, mais aussi d'anciennes terres de mission où le PS s'est solidement implanté depuis le dernier tiers du XXe siècle, dans l'ouest et le centre en particulier » comme le rappelle Thomas Wieder (lemonde.fr).

Hollande / Aubry, un duel plus serré que prévu

Quid du second tour ? Un premier sondage « OpinionWay – Fiducial pour Le Figaro » a été réalisé à l’issue du premier tour auprès de trois échantillons : les sympathisants de gauche inscrits sur les listes électorales (2196 personnes), l’ensemble des sympathisants socialistes, puisque ce sont les plus concernés par cette primaire (1372 personnes) et les personnes qui déclarent être certaines d’aller voter lors du second tour (638 personnes). Si François Hollande arrive en tête avec 54% contre 46% pour Martine Aubry, il n’en reste pas moins que la dynamique a changé de camp : la maire de Lille gagne quatre points par rapport à la précédente étude du 7 octobre (avant le premier tour) quand François Hollande en perd quatre. Et si l’on isole le résultat, à prendre avec prudence, de ceux qui se déclarent certains d’aller voter, l’écart se resserre encore un peu : 52/48 en faveur de François Hollande. Ainsi, depuis dimanche dernier, les jeux sont loin d’être faits et, au contraire, les cartes sont rebattues et une question se pose dans les deux camps des finalistes : « faut-il gauchir le discours pour séduire les électeurs des candidats évincés ? » Arnaud Montebourg a prouvé que les dynamiques de dernier moment étaient décisives.

François Hollande et Martine Aubry sont désormais entrés dans une campagne de « présidentiabilité ». Mais gare aux petites phrases et tensions de dernières minutes, ces adversaires devront, quoi qu’en soit le résultat se serrer les coudes après la primaire pour entrer dans la (vraie) campagne, celle qui prend fin le 6 mai 2012. En attendant, les tractations d’entre-deux tours, les consignes de vote, le débat de mercredi, les prises de parole des deux qualifiés, la participation, tous ces éléments vont être déterminants d’ici le second tour. Qui sera certainement plus serré que prévu…

Guillaume Peltier pour La Lettre de l'opinion

Jérôme Fourquet pour l'IFOP

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