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Yahoo! a racheté les 100 millions de blogs de Tumblr pour un milliard de dollars.
Yahoo! a racheté les 100 millions de blogs de Tumblr pour un milliard de dollars.
©Reuters

La minute tech

Pourquoi les géants de la tech tuent-ils les réseaux sociaux qu'ils achètent ?

Les achats des géants de la tech, comme celui récent de Tumblr par Yahoo!, ont eu pour conséquence d'étouffer les sociétés ou réseaux prometteurs et souvent de décevoir leurs actionnaires. Pourquoi la tech corporate n'arrive-t-elle pas à maintenir l'innovation et le charme?

 Yahoo! a donc racheté les 100 millions de blogs de Tumblr pour un milliard de dollars. La réponse de la bergère à Facebook et son rachat d'Instagram pour ce type de somme. Les analystes financiers sont un peu pessimistes sur la capacité de ces achats à profiter au cours de l'action à long terme. Les spécialistes se sont beaucoup interrogés cette semaine sur le raz-le-bol des utilisateurs, ballottés d'un propriétaire à l'autre et maintenant très conscients qu'ils ne sont là que pour faire les statistiques et bilans d'une marque ou d'une autre, qu'ils méprisent souvent autant qu'elle les prend pour quantité négligeable.  

Les échecs retentissants sont assez fréquents (par exemple le réseau Bebo racheté par AOL puis fermé, une erreur à plus de 800 millions de dollars), pour que les spécialistes de la tech se posent tous la question  :  comment les grands arrivent-ils donc à massacrer ce qui marchait très bien sans eux? 

 Gizmodoa examiné en profondeur ce nouveau cas d'école - Lle réseau populaire assassiné par une acquisition corporate - à travers le cas du site de partage de photos Flickr, acquis par Yahoo! dans les lointaines années 2007.

Jusqu'à un récent sursaut en forme de refonte, l'agonie était poignante. "Si vous aimiez la photo numérique, ou vouliez partager des photos avec des amis, vous étiez sur Flickr. (...) le service de photos qui était à une époque prêt à conquérir le monde est devenu une arrière-pensée. Vous voulez partager des photos sur le Web? il y a Facebook pour ça. Vous voulez regardez les photos que vos amis prennent au vol? ¨Passez sur Instagram" ; que s'est-il passé ?

"Yahoo se fichait de tout sauf de la base de données (photos) que les utilisateurs avaient construite et des photos étiquetées. Il se fichait de la communauté qui l'avait créée ou (encore plus important) d'agrandir cette communauté en offrant de nouvelles fonctionnalités".  Yahoo!, un serial tueur de produits géniaux (a refusé de racheter Google en 2001, a raté Facebook, a assassiné  entre autre, la bibliothèque de liens Delicio.us) par indifférence et classicisme corporate, a raté gros : "Flickr, il y a presque une décennie, était en train de construire ce qui allait devenir le social web". Au lieu de cela, Yahoo se contenta d'imposer aux utilisateurs d'avoir une adresse mail Yahoo. Et ce n'est pas fini. Alors que Flickr était un boulevard ouvert pour les premières applications mobiles de photos...il n'y en eut pas. Et quand il y en eut : "L'appli a atterri comme une giclée de boue sur une robe de mariée",  tant la cuisine interne Yahoo avait fait du zèle. Il est très tard pour sauver Flickr, et se souvenir de toutes les promesses qu'une vente à un "grand", contre une promesse de cash pour en faire une merveille écrase. 

Mat Honan, dans son enquête très fouillée sur l'assassinat de Flickr, en vient à voir le salut dans la fuite : "Quelques boites prennent un autre chemin. Regardez Foursquare. Ou Twitter. Ou Facebook. Chacun a repoussé des offres d'achat, et tous ont prospéré. Tous ont fini par trouver un business model avec le temps. Même Stumble Upon, qui n'est retombé sur ses pieds que quand son fondateur a racheté sa compagnie à Ebay, et est redevenu indépendant."

Les utilisateurs se rebellent

Depuis le désastre Flickr, les utilisateurs ne sont plus les bases de données qu'ils étaient ; les acquéreurs doivent maintenant compter avec des frondes. Sur la nouvelle acquisition de Yahoo!, Tumblr, Calimaq remarque sur Sinfolex que les utilisateurs sont assez matures pour hurler : "A chaque fois que de tels rachats de plateformes ont lieu, un mouvement de protestation éclate parmi les utilisateurs, traduisant leur inquiétude quant à l’avenir et leur sentiment désagréable d’avoir été vendus comme une marchandise, alors qu’ils étaient à l’origine des contenus qui font la valeur du site racheté".Lors du rachat d'Instagram par Facebook, rappelle-t-il, "une masse impressionnante d’utilisateurs a préféré quitté le navire en supprimant leur compte pour migrer vers d’autres services similaires", plutôt que voir leurs photos devenir propriétés de Facebook, ce qui avait provoqué une refonte dans la panique des conditions d'utilisations d'Instagram-Facebook.

Yahoo! pourrait de plus étrenner un nouveau guêpier, juridique cette fois-ci, avec Tumblr selon Calimaq qui s'est livré à une étude juridique de ces mouvements "tectoniques" des réseaux. Tumblr est le paradis des parodieurs et des détournements d'images. Seules de faibles protestations ont atteint Tumblr, mais la prestance de son nouveau propriétaire pourrait maintenant allécher quelques procéduriers intéressés par un procès lucratif pour détournement d’œuvres protégées par un copyright.

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