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Les prix délirants des médicaments anti-cancer ; Emmanuel Macron : "trop personnel et trop dans la com'?" ; Patrick Buisson : des bombes ou... des boules puantes ?
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Revue de presse des hebdos

Les prix délirants des médicaments anti-cancer ; Emmanuel Macron : "trop personnel et trop dans la com'?" ; Patrick Buisson : des bombes ou... des boules puantes ?

Mais aussi, la suite des aventures d'Emmanuel Macron avant la grande déclaration ; la contre-attaque de François Fillon avec son livre sur le terrorisme islamiste ; les vraies raisons de la fermeture d'Alstom Belfort.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Quel sera l'effet du livre de Patrick Buisson,"la Cause du Peuple" sur la primaire de la droite? Mystère. Mais pour l'heure sa sortie, c'est un peu comme un tremblement de terre ; il y a la première secousse, la plus violente, avec la publication des bonnes feuilles dans  L'Express. Des extraits de citations ravageuses de l'ancien Président sur ses vassaux, (répétées  en boucle sur les ondes), ses "transgressions, ses manipulations, son incontinence du moi"... notamment au début de son idylle avec Carla Bruni  avec cette étonnante interrogation "Crois-tu que notre histoire à Carla et à moi aura un impact favorable sur le moral des Français "? Ce qui fait dire à Patrick Buisson : "Sans doute pensait-il au fond de lui-même que l'actualité heureuse de sa vie sentimentale pouvait offrir un antidote à la morosité ambiante, sinon un remède à la dépression collective des Français. Il était, en revanche, incapable d'imaginer que ce spectacle pût être perçu pour ce qu'il était. Les verbatim recueillis par les enquêtes d'opinion rabattaient presque tous le politique vers le psychologique. Dans les versions élaborées, on dénonçait le triomphalisme phallique d'un adolescent attardé qui, après avoir subi l'affront public 'du cocufiage et du lâchage' de sa seconde épouse, exultait de pouvoir s'exhiber au bras d'une trophy woman dont la seule présence était réputée marquer le prestige et la puissance érotique de celui sur qui elle avait jeté son dévolu. Quant aux versions plus rudimentaires, mieux vaut encore les taire aujourd'hui. En langage commun, cela se résumait en quelques mots : immaturité, indignité, infantilisme... Le chef né pour cheffer était en réalité un fragile séducteur subjugué par ses conquêtes, un faux dur submergé par un état permanent de dépendance affective, une âme malheureuse qu'habitait non pas le dur désir de durer, mais celui d'être aimé. Ce mâle dominant vivait sous l'empire des femmes.". "En février 2011, il "nous fit part de sa volonté de voir sa femme s'engager 'fortement' dans la campagne. Il s'imaginait remontant la salle au bras de Carla jusqu'au proscenium". Il en fut dissuadé. 

Autre exemple :  "A l'Assemblée nationale, un projet de loi sur les OGM est rejeté en seconde  lecture. Nicolas Sarkozy l'annonce à ses proches: il a décidé de virer le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi. "Je suis à la tête de la France, je ne suis pas à la tête d'une équipe de copains». Il n'en fera rien... Quiconque travailla un tant soit peu avec lui fut amené, un jour ou l'autre, à en faire l'expérience: il menaçait, vitupérait, humiliait, vociférait, brandissait un sabre de bois, mais ne sanctionnait jamais, ou alors soit trop tard, soit à mauvais escient.... Plus le volume de décibels était élevé, plus l'impunité du fautif pouvait être considérée comme acquise. Pour la confection de son projet, le président sortant donne un mot d'ordre: "Je me fous de savoir si c'est applicable, c'est une élection, il faut me sortir des propositions fortes"." En février 2011, il "nous fit part de sa volonté de voir sa femme s'engager 'fortement' dans la campagne. Il s'imaginait remontant la salle au bras de Carla jusqu'au proscenium". Il en fut dissuadé. ."  ///Des sincérités successives ///

Après la secousse,  les répliques : dans Valeurs Actuelles qui publie une longue interview de l'ancien gourou de l'Elysée qui ne veut pas que " la droite soit une nouvelle fois cocue en 2017 en élisant Nicolas Sarkozy, car dit-il, " tout le pari de Sarkozy repose sur l'idée que l'électorat français de droite est toujours le plus bête du monde et aspire à le rester. Croire que, élu contre Marine Le Pen, avec comme Premier ministre François Baroin, le déconstructeur de crèches, Nicolas Sarkozy fera une politique de droite relève soit d'une insondable bêtise, soit d'une extrême candeur ". Buisson en rajoute en  soulignant  que  "cet homme n'a pour conviction que son intérêt du moment. Et comme son intérêt change, il passe son temps à changer d'idées en y mettant toute la force de ses sincérités successives...Sarkozy aura été successivement contre et pour le mariage gay, favorable au vote des étrangers en 2003, puis hostile, en 2012, adepte du financement public des mosquées jusqu'à ce qu'il le combatte farouchement, chantre de l'identité nationale et apôtre du métissage .Et je ne parle pas du gaz de schiste!...."

Autre réplique plus inattendue, dans l'Obs. . Le mag publie les bonnes feuilles du livre de Michèle Cotta "Comment en est-on arrivé là? Histoire d'un chaos politique" (Ed.Robert Laffont); des extraits  qui  apportent  un peu plus de grain à moudre au dézinguage de l'ancien locataire de l'Elysée .Mais le procédé du mag est contestable car le chaos politique évoqué par notre  consœur , est celui du quinquennat de François Hollande .Or, l'Obs n'a sélectionné que les passages (-peu flatteurs, il est vrai) concernant Nicolas Sarkozy. Allez ! On vous  livre quand même un. La scène se passe en septembre 2015, un jour où Nicolas Sarkozy participe à une réunion du club Choisel, dont les membres sont de jeunes PDG..:"Il a répondu aux questions de l'assistance avec une sorte d'agressivité et de décontraction qui a laissé ses interlocuteurs sans voix. A une jeune femme qui dénonçait l'inertie du monde politique, il a rétorqué : " Bouge tes fesses, entre en politique au lieu de critiquer les autres".

Un si cher mélanome

Il faut lire l'enquête de l'Obs sur " Ces pilules hors de prix qui ruinent la Sécu». Le papier  évoque ces " médicaments prodiges" derniers cris. Par exemple le Keytrudo, molécule contre le mélanome."40% des malades ont survécu trois ans après le diagnostic.C'est énorme .Mais ce médicament prodige a un coût: 100.000 Euros par an et par patient aux Etats-Unis. Comment est-il possible d'arriver à une facture aussi faramineuse ?" s'interroge le mag. Pour Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, pharmacienne de profession : "Pendant longtemps les médicaments ont été fabriqués à grande échelle pour soulager un large public .Ils étaient donc vendus à des prix relativement abordables car les labos les rentabilisaient... Cette époque a changé : en cancérologie, notamment, les traitements ont aujourd'hui une action précise, très efficace, mais ils ne sont destinés qu'à quelques "niches"  de malades. Les labos s'autorisent donc des prix exorbitants, souvent totalement injustifiés"...Un autre médicament le Sovaldi, traitement contre l'hépatite C, permet de guérir cette grave infection virale pouvant dégénérer en cancer du foie " .Mais son inventeur, le californien Gilead, a réclamé à l'Etat Français quelque 56.000euros par patient pour une cure de trois mois ! Selon des estimations officieuses, il coûterait...moins de 200 euros à la fabrication ....En France, c'est l'Etat qui négocie les prix avec les labos par le biais d'une instance, le comité économique des produits de santé(Ceps)...qui au terme d'une longue négociation dans laquelle est intervenue la ministre de la Santé Marisol Touraine, est parvenu à faire baisser le prix du Sovaldi "...Mais le système est opaque, et on devine que l'Obs soulève un sacré lièvre ...

Emmanuel Macron, et si c'était lui ?

A chaque élection présidentielle, un ou plusieurs prétendants ont droit à une couverture dans les mags, au moment des prémices de la campagne. Cette année c'est Emmanuel Macron qui est au cœur  de toutes les conjectures .Challenge pose la question, avec une interrogation corollaire : " En a-t-il l'étoffe?" "Visionnaire, assurément, populaire, charismatique, certainement, européen, passionnément, tueur , méthodiquement, courageux, sûrement, l'étoile montante de la politique française n'a pas encore montré son efficacité au pouvoir et manque cruellement de capacités à mobiliser ses soutiens, pas seulement politiques, et de l'argent", écrit le  mag , avant de tester ces différentes les qualités et ... défauts sur la personnalité du  candidat à la candidature , à qui le mag trouve "un petit coté bonapartiste". Quant à son plus fervent soutien, le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb il n'a aucune hésitation :" Macron, c'est de Gaulle ...Comme le Général, il veut rassembler en s'adressant directement aux Français ".Déclaration tempérée par Alexandre Jardin, à la tête du mouvement citoyen Bleu Blanc Zèbre, présent sur scène à la Mutualité le 12 juillet dernier: " Il a une belle image médiatique mais il ne rassemblera pas car sa démarche est trop personnelle, trop dirigée par sa communication"...

En attendant ses anciens camarades lui savonnent plus ou moins discrètement la planche, comme le  montre "exclusif" de l’Express, dont  le titre d'un "Pas de prison pour Macron"   pourrait laisser croire qu'il s'agit d'un jugement .Mais pas du tout. Le mag raconte que l'ex ministre avait l'intention de visiter la prison de Fresnes le 21 septembre dernier en compagnie du député maire ami  de la ville Jean-Jacques Bridey ; ce dernier avait écrit à la chancellerie pour demander d'exercer son droit de contrôle de la maison d'arrêt, accompagné de l'ex ministre. Or la loi  prévoit que les parlementaires peuvent à tout moment entrer dans les établissements pénitentiaires, mais sans délégation. Du coup c'est à la mairie  que le leader d'En Marche a dû parfaire sa connaissance de la chose pénitentiaire, en compagnie " de plusieurs responsables associatifs, syndicaux et cadres de l'administration pénitentiaire." Le mag précise que le déplacement avait été tenu secret, dans cette ville " qui pourrait constituer un point d'atterrissage possible aux législatives".  Les socialistes sont moins discrets quand ils reprochent à l’ancien  ministre de ne pas avoir réagi  lorsque les clignotants ont commencé à s'allumer pour Alstom Belfort ...

Qui a eu, ou aura la peau d'Alstom-Belfort ?

Le géant Alstom pourrait dérailler , à cause ... d'une PME  ,totalement inconnue du grand public, nommée Akiem, qui n'emploie qu'une quarantaine de personnes, et,  c'est un comble, est une filiale de la SNCF .Mais Akiem , avec l'arrivée d'un co-actionnaire, n'est plus soumis au Code des Marchés Publics....et n'a plus à supporter toutes les formalités administratives des appels d'offres publics .... " A la fin de juillet, cette filiale du groupe SNCF qui achète des locomotives pour les louer aux  opérateurs ferroviaires, a attribué à l'allemand Vossloh-et non à Alstom, une commande de 44 motrices pour un montant de 140 millions d'euros. Ce camouflet pour le fabricant français a plongé Belfort dans la tourmente, alors que le site misait sur ce contrat pour tenir jusqu'au lancement de la production des TGV  du futur, prévu en 20121...."Une vraie trahison" clame Philippe Goncalves, de la CFTC....Manque de patriotisme ? s'interroge le mag. Peut-être, mais "la décision d'Akiem s'explique aussi par les qualités intrinsèques de la proposition de Vossloh, à commencer par son prix : le tarif moyen de 3,2millions d'euros par appareil est inférieur de 15%à celui des locomotives de même type vendues à la fin de 22015 à Swiss Railways. Autre avantage: Vossloh fabrique ses motrices dans sa toute nouvelle usine de Kiel en Allemagne, plus productive que celle de Belfort ...Mais, conclut l'Express, "le contrat Akiem, s'il avait été attribué à Alstom, aurait-il suffi à sauver le site de Belfort... qui est vieillissant ? Pas sûr, affirment les experts qui estiment que "la fabrication de 44 locomotives ne représente pas une grosse commande», et qui parient sur "une mort annoncée».

Pas d'énarques pour le Rafale

Vos mags saluent la signature du contrat de vente de 36 Rafale à l'Inde .Le Point explique que le Rafale , c'est une affaire française et une question d'autonomie .500 PME , dispersées dans l'Hexagone, participent au projet Rafale qui mobilise en tout 7000 personnes....Problème, le bleu-blanc-rouge intégral dans l'industrie, c'est beau mais ce n'est pas forcément un cadeau : le travail, dans nos usines françaises, reconnait Trappier ( - le PDG de Dassault Aviation ), coûte 30% plus cher que dans nos usines américaines destinées aux Falcons".Pour compenser ce handicap , Dassault aviation s'appuie sur  des ingénieurs qui ont l'esprit maison et lui restent fidèles....Autre marque de fabrique: ce sont les mêmes ingénieurs qui dessinent les avions civils et les avions militaires"... D'où cette réflexion du PDG de Dassault Aviation " Pas besoin d'énarques pour faire des avions"...Un bémol en guise de conclusion du Point :" nul ne peut dire si un des héritiers de Serge Dassault, saura inventer l'avion du futur"     

Corbyn, l'anti-Blair

"Corbyn, ou l'art de démolir la gauche". Le titre  du portrait du  leader travailliste (-triomphalement reconduit à la tête du Parti),  dans  le Point, est sans ambiguïté. Le mag  est triste pour les Britanniques qui " vont apprendre à composer durablement avec la ligne Corbyn, une opposition à gauche toute .Et donc un enterrement de première classe pour la tendance sociale-démocrate portée au pouvoir par Tony Blair et Gordon Brown, funérailles assorties d'un long deuil pour tous ceux qui espéraient un retour rapide du Labour au pouvoir ......A 67ans, Jeremy Corbyn reste tel qu'il était  lorsque, en 1983,  il est entré pour la première à la Chambre des Communes : barbu et végétarien, habitant la même petite maison et préférant toujours le vélo à la voiture de fonction .....Pendant trois décennies, "il a enfreint plus de 400 fois la discipline de vote. Car "Jez" est républicain et refuse de chanter le " God save the Queen...Il a exprimé sa sympathie pour l'armée républicaine irlandaise"... On  le dit aussi antisémite et machiste ...." Il  envisage une politique de redistribution massive, se prononce pour  la renationalisation des chemins de la poste, évoque la réouverture des mines de charbon, prône une augmentation des impôts et ouvre largement la porte à l'immigration...Un positionnement qui rappelle celui de Podemos en Espagne ou de Syriza en Grèce, ....Or la vieille garde sociale-démocrate n'est pas prête  à passer par pertes et profits,  vingt ans de  d'efforts pour redresser l'économie britannique et restaurer l'image du Labour en tant que parti de gouvernement ".Et aujourd'hui les paris sont ouverts : le Labour va-t-il éclater ?

Encore une histoire de montre...

D'après un "indiscret " du Point, un modèle unique de montre va être mis aux enchères... une montre-gousset  Bréguet en or massif qui avait été offerte  à  François Mitterrand en 1983 et "qui provient du cercle intime de François Mitterrand"... Acquise par un collectionneur dans une vente  aux enchères, la montre  va à nouveau changer de propriétaire pour  une somme minimum de 256.000 euros .Mais on ignore qui l'a vendue la première fois !

... Et de prison

D'après Challenges, le ministre de la Justice cherche un terrain pour construire une prison dans la région de Nice, Mais le Ministre "se heurte soit à des refus, soit à des propositions dilatoires.Comme à Nice où on lui a proposé un terrain occupé par un commissariat de police, un autre appartenant à la SNCF et un troisième ... en zone inondable ".

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