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Des câbles tendues pour mettre le mouvement mécanique en suspension dans la plus totale transparence : comptez le prix de trois Rolls-Royce pour admirer tout ça à votre poignet…
Des câbles tendues pour mettre le mouvement mécanique en suspension dans la plus totale transparence : comptez le prix de trois Rolls-Royce pour admirer tout ça à votre poignet…
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Pour deux millions de dollars, t’as que deux aiguilles, mais, pour trente couches de laque, tu peux remonter à cheval : c’est l’actualité des montres

Et aussi l’abstraction cinétique en feu d’artifice, le jazz band qui se met à sonner le temps qui passe et les montres qu’on porte en polo sans jouer au polo…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ULYSSE NARDIN : La quête de l’harmonie des sphères sur un tempo de jazz

Si vous n’aimez ni le jazz, ni les montres un peu compliquées, ni les montres ultra-coûteuses, passez votre chemin : cette montre Jazz imaginée par la manufacture Ulysse Nardin est à la fois en platine, dotée d’une rarissime complication mécanique et dédiée à l’univers du jazz. Un poussoir sur le côté du boîtier permet de déclencher le mécanisme d’une sonnerie qui annonce les heures, les quarts d’heure et les minutes affichées sur le cadran : on se servait autrefois de telles sonneries pour connaître l’heure dans l’obscurité, du temps des bougies et des diligences. À chaque sonnerie, les petits automates de l’orchestre de jazz sculptés sur le cadran s’animent et se mettent à « jouer » de leur instrument : on ne s’en lasse pas ! Entendre les heures au lieu de voir s’enfuir et lancer un jazz band taillé dans l’or pour annoncer ces heures sur fond d’onyx et dans un berceau de platine : c’est l’harmonie du temps dans un espace sonore de grand luxe…

HERMÈS : Les montres laquées « à la française » d’un grand sellier du poignet…

Ce n’est pas parce que les horlogers sino-dépendants nous bassinent avec leur Année du Cheval (zodiaque chinois) qu’il faut rejeter vers l’abattoir [non, pas Spanghero !] tous les chevaux qui caracolent sur les cadrans. D’abord, ces chevaux sont tellement porteurs de l’identité Hermès qu’il est devient sublime : même sans la signature Hermès sur le cadran, on les aurait reconnus. D’autre part, Hermès n’ayant jamais oublié ses racines historiques dans la sellerie, cette montre à cheval sur les principes de la maison est parfaitement légitime. Enfin, l’idée d’avoir travaillé la laque « à la française » (trente couches sur métal) pour obtenir ces cadrans est tout simplement magistrale. Tout est dans le poignet, n’importe quel professeur d’art équestre à la française vous le redira…

RICHARD MILLE : À quoi peut ressembler une montre à deux millions de dollars ?

Presque 1,5 millions d’euros, 1 000 moins de salaire minimum (smic) français, le prix de trois Rolls-Royce Phantom : c’est quand même une somme pour une montre, mais l’horloger (français) Richard Mille est entré dans l’histoire horlogère avec l’argument d’autorité de prix superlatifs. Qu’est-ce qui peut bien justifier un tel prix pour un objet qui s’accroche au poignet comme une montre de tous les jours et qui indique l’heure avec deux aiguilles – pas trois, cette RM 56-02 n’affichant pas les secondes. La rareté (10 pièces pour cette édition limitée, avec 1 400 heures de travail nécessaires pour un produire une seule) n’explique pas tout, ni d’ailleurs l’originalité d’un boîtier en verre saphir transparent, à base d’oxyde d’aluminium : ce matériau est une horreur à usiner et on casse à peu près dix pièces pour en produire une – souvenons-nous quand même que les horlogers européens créent des montres en cristal de roche depuis le XVIe siècle ! Non, le coup de génie, c’est la mise en suspension du mouvement mécanique avec l’aide de poulies réglables qui tendent un câble de 0,35 mm d’épaisseur dont la rigidité met le mouvement à l’abri des chocs extérieurs. C’est du funambulisme mécanique en même temps qu’une avancée esthétique sur le terrain d’une hyper-transparence devenue synonyme de légèreté – statutaire ou plus subtile. Le mouvement – dont quelques composants architectoniques sont eux-mêmes usinés en verre saphir – semble en apesanteur au poignet. La performance technologique est totale et le prix peut s’expliquer par cette incursion maîtrisée dans un infiniment petit et un infiniment précieux qui créent de l’infiniment précieux. À ce niveau de raffinement, est-ce cher ou est-ce coûteux ? Quelques milliardaires – il en faut – ont déjà passé commande…

SWATCH : Quand les couleurs explosent dans une symphonie visuelle qui donne l’heure…

Pour ses collections automne-hiver 2014, Swatch renoue avec sa tradition des montres dont le traitement graphique et les couleurs s’inscrivent dans les grands courants de la création contemporaine. Cette Color Explosion (réf. SUOV101, disponible à la rentrée) reprend ainsi les codes chromatiques de l’art cinétique, illustré autrefois par un artiste comme Vasarely ou par Agam, qui avait aménagé tout un salon à l’Elysée, sous la présidence de Georges Pompidou – c’était du temps où les présidents français, hommes de culture et de goût, ne commentaient pas les tournois de football. Cette Color Explosion libère les motifs géométriques pour créer une symphonie visuelle dont les modulations composent un feu d’artifices dont les effets optiques qui varient selon les lumières. Dommage que toutes les Swatch de ces dernières années n’aient pas eu cette qualité créative…

MEMORIGIN : Quand la haute mécanique s’inspire des comics passés par le grand écran…

Mais non, la haute horlogerie ne se prend pas toujours au sérieux ! Surtout quand elle n’est pas suisse. Memorigin est une très jeune marque de Hong Kong (forte influence française dans sa direction), qui a choisi de ne proposer que des tourbillons, cette complication mécanique dont les horlogers des vallées se gargarisent alors qu’on en produit de très corrects, et parfaitement bien finis, du côté de Chine. Le côté décalé de Memorigin, c’est la touche ludique d’un cadran qui reprend le dessin des Transformers (super-héros créés par Hasbro). C’est donc de la haute horlogerie générationnelle, quoique précieuse (notez les diamants jaunes pour repérer les heures et les saphirs bleus dans les yeux de Bumblebee) et forcément ludique : la rotation du tourbillon apporte son énergie gyroscopique à ce Transformers passé du grand écran au petit cadran – si vous ne savez pas ce qu’est un Transformers, demandez à un moins de quinze ans de votre entourage…

ICE-WATCH : Des montres à porter en polo, pas forcément pour jouer au polo…

Il est écrit que vous ne partirez pas en vacances sans votre Ice-Watch. Alors, autant choisir une Ice-Polo, disponible en deux tailles (43 mm et 48 mm) et en quatre couleurs dans chaque taille. On peut varier les plaisirs en jouant avec les bracelets, pour passer de la décontraction la plus aoûtienne (très amusante option rose vert militaire) au chic sportif des semaines de rentrée, quand on aime prolonger le goût des vacances (option gris anthracite). Le boîtier est en acier – de quoi résister à la construction de tous les châteaux de sable – et le bracelet en nylon, ce qui le rend lavable sans perdre ses couleurs. Tout ça pour quelques billets de 10 euros : les vacances commencent sans qu’on vous prenne pour un pigeon piégé !

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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