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Petit guide pour résister au "pouvoir hollandais".
©Flickr

Chroniques du pot aux roses

Petit palmarès des moyens de lutte inventés par la société civile contre le pouvoir politique depuis 2012

Banderole balnéo-thérapeutique, tintamarre ministériel ou boycott des médias subventionnés : tout est bon pour lutter contre le "pouvoir hollandais".

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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L'hypocrisie comme mode de gouvernement a, cette semaine, produit l'exercice incongru où les ministres sont conviés à parler de la France en 2025 et à présenter un programme d'action à 10 ans. Le changement, ce n'est ni maintenant ni plus tard !

Tout ceci a évidemment pour objectif de dissimuler la médiocrité des résultats en France apaisée. On n'arrête pas le progrès démagogique et L'Enfumeur crache des volutes spatio-temporelles ... Pour contrecarrer cette tactique, prenons cette semaine un peu de recul et établissons un petit palmarès des moyens de lutte que la société civile a spontanément trouvé depuis mai 2012, renouvelant au passage la pratique politique à droite.

1 - La banderole balnéo-thérapeutique

S'il faut comparer les résultats obtenus aux moyens mis en oeuvre, alors la banderole déployée par avion au-dessus des plages de l'Atlantique par David Van Hemelryck, parisien de 34 ans et pilote professionnel, est de loin la méthode la plus performante. Des centaines de milliers de gens ont pu l'apercevoir en quelques jours, nombre d'entre eux se levant pour l'applaudir. L'Homme, c'est bien connu, attend depuis des millénaires que la vérité lui vienne des cieux.

Heureusement pour Mou-Président, la gendarmerie aérienne a d'abord tenté d'empêcher un vol sous des prétextes techniques puis une présence inopinée d'eau dans le moteur a provoqué un mini-crash de l'appareil.

Mais l'idée reste excellente et le site Internet Hollande-Démission.fr a reçu plus de 13 000 signatures au bas de la pétition lancée sur cette banderole de la colère.

2 - Le tintamarre ministériel

Non, ce n'est pas le bruit des couacs à répétition au gouvernement. C'est un procédé de contestation très en vogue au Québec (sous le nom de casserolade) et en Espagne (cacerolazo). Il a été avec succès récemment importé en France.

Lorsqu'ils se déplacent, les ministres et leurs deux supérieurs hiérarchiques (supérieurs ... sauf pour Christiane Taubira qui n'a pas de patron et Arnaud Montebourg qui ne se souvient pas d'en avoir) se font fréquemment accueillir par des concerts d'instruments ménagers que les médias tentent de ne pas trop remarquer. Ce tintamarre brouille en tout cas les exercices de communication du pouvoir et rend son exercice désagréable. Saupoudré sur une privation de vacances sur ordre présidentiel, il accroît nervosité des éminences et risques de dérapages dans leurs discours officiel. Le tout à un coût quasi-nul. Seul défaut : la vigilance et la capacité de réaction rapide sont de mise. Et il faut faire attention au service d'ordre du pouvoir qui a la main leste.

3 - Veilleurs et veilleuses

Sorte de pendants de droite aux anciens sit-in de la gauche, ils consistent à manifester par sa simple présence, parfois avec l'aide d'une bougie, son opposition muette au régime. Là aussi, c'est une présence dérangeante, une sorte de piqûre de rappel permanente des avanies que la pouvoir actuel inflige au pays. L'inconvénient est que la lassitude de la veille peut un jour l'emporter. En attendant, elle contribue à ancrer dans les esprits des équipes qui servent le gouvernement que là, hors de leurs ministères, une large partie du peuple français n'aime pas ce qu'on lui fait subir.

4 - Tout pour tous

Les manifestations traditionnelles peuvent difficilement faire tomber un gouvernement sauf à prendre un caractère quasi-insurrectionnel. Elles ont toutefois pour effet d'écorner efficacement, lorsqu'elles sont massives, l'image pseudo-souriante que le pouvoir veut imposer à l'opinion.

C'était donc une bonne idée de récupérer le vocable "pour tous" utilisé à tort et à travers par les troupes hollandistes. La gauche a l'art de faire passer ses choix idéologiques pour des avancées consensuelles. Ainsi, l'astuce qui consiste à faire l'amalgame entre un corpus scientifique : l'écologie et un mouvement politique a été électoralement payante ces vingt dernières années, même si désormais la logorrhée gauchiste se lit aisément dans les doctes affirmations des Verts et s'ils refluent.

Frigide Barjot, avec sa culture d'activiste et son sens de la contre-com' et de la récupération, restera une pionnière dans l'acclimatation de l'agit-prop à la culture politique de la droite française. Vive la contestation pour tous !

5 - Le boycott des médias subventionnés

Le suivisme et la docilité d'une grande partie de la presse écrite et de la quasi-totalité de l'audio-visuel face aux subterfuges gouvernementaux doit conduire à les frapper au tiroir-caisse. Cela contraindra le pouvoir à augmenter le montant des aides publiques ce qui ne fera que souligner plus fortement leur connivence.

Ce boycott est d'ailleurs spontané, comme en témoigne les résultats catastrophiques des ventes de ces feuilles de chou. Il devrait être accompagné d'un refus des entrepreneurs de faire paraître des annonces et publicités dans ces organes de propagande. On espère qu'Arnault, par exemple, a fait chèrement payer à Libération son "Casse-toi riche con". Le jour n'est peut-être pas si lointain où l'on pourra complètement se passer d'eux pour diffuser des idées et des informations. Nous signalons que les ventes de "l'Enfumeur", mon dernier ouvrage largement boycotté par les appendices médiatiques du pouvoir sont excellentes !

6 - Internet, internet, internet

Nous ne faisons pas partie des adulateurs d'Internet, sachant que pour transformer cette masse nébuleuse de connectés en rassemblements d'humains concrets la tâche n'est pas toujours facile. La résistance sur un clavier est parfois un brin dérisoire.

Cependant, notre propre expérience du sujet, par exemple dans l'organisation d'une votation populaire dans le 10ème arrondissement de Paris sur un projet de salle de shoot, nous a montré qu'on peut mobiliser en moins d'une semaine près de 300 riverains sur un sujet, ce que la mairie de Paris n'est guère capable de faire en envoyant des courriers de propagande pour ses propres réunions à des milliers d'exemplaires.

Internet est donc indubitablement le réseau fédérateur d'initiatives qui devront en tout état de cause rester matérielles et concrètes.

7 - Oubliez le parlement jusqu'en 2017, quoi que ...

La résistance parlementaire est vaine, sauf si au Sénat communistes et UMP votent contre les textes gouvernementaux. De toute façon, l'assemblée aura le dernier mot. Il faudra de lourdes défaites au municipales et aux européennes pour qu'une partie suffisante des élus socialistes et assimilés, saisie de panique, fasse défaut au gouvernement.

Une dernière fleur cette semaine dans notre Pot : le projet gouvernemental d'interdire aux fonctionnaires l'auto-entrepreunariat. Dès fois que ces fidèles serviteurs découvrent qu'ils peuvent gagner un peu d'argent autrement que dans leurs administrations et s'acclimatent à l'idée que leur vie professionnelle pourrait être ailleurs.

Les clientèles électorales captives doivent le rester et la société doit demeurer bien fortement clivée entre public et privé. Il en va de la survie du socialisme aux couleurs de la France.

A lire du même auteur :  "L'enfumeur", de Serge Federbusch, (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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