OPA sur la gauche : radiographie des électeurs de Jean-Luc Mélenchon | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
OPA sur la gauche : radiographie des électeurs de Jean-Luc Mélenchon
©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Noyau dur

OPA sur la gauche : radiographie des électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Lors du premier débat opposant les cinq principaux candidats aux élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon a su se mettre avant. Mais qui sont vraiment les électeurs du candidat de la France Insoumise ? Entre les convaincus et les nouveaux arrivants, petite radiographie des électeurs de l'ancien socialiste.

Sylvain Brouard

Sylvain Brouard

Sylvain Brouard est chargé de recherche de la Fondation nationale des sciences politiques au Cevipof.

Voir la bio »

Jean-Luc Mélenchon fait ses meilleurs scores auprès des moins de 35 ans mais ne parvient pas à faire mieux qu'un total de 10% au delà de cet âge. Concernant les catégories sociales, il parvient à tirer son épingle du jeu chez les CSP-, notamment chez les ouvriers, où il obtient le meilleur total après Marine Le Pen, mais avec un écart important en faveur de cette dernière.

Le candidat de la France insoumise obtient également des scores importants auprès de la fonction publique, en s'approchant des 20%, et fait un score équivalent chez les chômeurs. A l'inverse, et sans surprise, ses soutiens auprès des cadres et professions supérieures sont faibles, proches des 5%.

La rédaction

Depuis 2012, qui sont les nouveaux électeurs de Jean-Luc Mélenchon?

Sylvain Brouard : Ils sont nombreux. Quand on analyse les rapports, Jean-Luc Mélenchon conserve 56% de son électorat de 2012. Mais aujourd'hui, il a récupéré de nombreuses voix auprès des électeurs déçus de François Hollande ; à peu près 10% d'entre eux votent maintenant pour le candidat de la France insoumise. Quant aux électeurs du partis socialistes, ils sont 12% à maintenant soutenir Jean-Luc Mélenchon. On voit clairement "la capacité à mordre" de ce dernier dans l’électorat de gauche.  

De quelles dynamiques électorales a pu profiter l’ancien socialiste?

Historiquement, Jean-Luc Mélenchon a vu sa popularité baisser après 2012. Au lendemain des élections, il était au plus bas. Son image s’est redressée en même temps que l’image de François Hollande s’est dégradé. Il est monté dans l’opinion au fur et à mesure que le Président élu descendait. Peu à peu, il s’est positionné comme une opposition, mais de gauche. Une autre alternative. Il incarne une sorte de “vote sanction” contre les actions du gouvernement, et contre François Hollande. Sa notoriété s’est notamment renforcée lors d'événements importants, tel que les passages de les lois Macron et El Khomri.

Jean-Luc Mélenchon est-il en capacité de "truster" un électorat qui a pu être déçu de la prestation de Benoît Hamon ?

Il y a une différence entre Benoît Hamon et les autres candidats. Celui-ci n’est pas propriétaire d’une partie de l’électorat, au contraire de Jean-Luc Mélenchon qui possède un noyau dur d’électeurs. De plus, il n’y a actuellement pas d’incitation stratégique à voter pour l’un ou pour l’autre, étant donné que l’un comme l’autre ne sont pas très haut dans les sondages. Donc il n’y a pas de raison pour les électeurs de gauche à préférer le candidat PS au candidat de la France insoumise.

Quelles sont les marges de progression du candidat de la France Insoumise?

On ne peut pas vraiment parler de marge de progression. Mais à travers nos travaux, nous avons identifiés plusieurs segments de l’électorat, dont 2 de 13% qui hésitent entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, et un troisième hésitant entre les deux candidats précédents et Emmanuelle Macron. Ça veut dire qu’environ 20% de l’électorat pourrait envisager un vote France insoumise. Mais cela reste relativement peu probable que Jean-Luc Mélenchon capte toute les voix.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !