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Les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire en Arabie Saoudite, même en cas d'urgence vitale.
Les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire en Arabie Saoudite, même en cas d'urgence vitale.
©Reuters

Revue de blog

Octobre, le mois des Saoudiennes qui bravent l'interdiction de conduire

Le 26 octobre a été choisi par les Saoudiennes comme le jour ou elles conduiront en plein jour et en public. Cette énième tentative de prendre légalement le volant provoque un soutien mondial sur Twitter.

Des Saoudiennes exigent le droit de conduire depuis les années 90. En prenant le volant en plein jour, elles savent qu'elles s'exposent à une condamnation.

En 2011, dans le sillage des Printemps Arabes, une femme, Manal al Sharif, avec quelques autres, a été plus loin : elle s'est faite filmer au volant, visage découvert et a posté la vidéo sur YouTube. Depuis, elle a été invitée dans toutes les grandes conférences internationales pour les droits des femmes, mais rien n'a changé. Les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire, même en cas d'urgence vitale.

Cependant, le royaume saoudien n'est plus le même. Toutes les contestations d'une nouvelle génération se sont cristallisées derrière le fameux droit de conduire pour les femmes.

Cette année, le 26 octobre a été le jour choisi pour une manifestation publique de femmes au volant. Sous les hashtags la pression monte chaque jour. Les observateurs étrangers, fascinés par la pugnacité des Saoudiennes et du contraste entre un mode de vie très occidental par son consumérisme et des interdits d'un autre âge, suivent minute par minute les préparatifs.

Les internautes du Moyen Orient leur font une haie virtuelle d'honneur et de soutien chaque jour en relayant leurs arguments. Nul part il n'est écrit dans les textes religieux qu'il est interdit à une femme de conduire. L'argument selon lequel elles risqueraient d’être importunées si elles conduisent seules est fallacieux. Enfin, être obligé d'embaucher un chauffeur est une charge financière lourde pour les ménages. Avec humour, les frères, les oncles, les maris demandent aussi sur Twitter a être libérés du rôle de chaperon-chauffeur, qui coûte des milliers d'heures de travail perdues. 

En Arabie Saoudite, des femmes conduisent déjà, dont cette vétérante qui avait pris le volant en 1990 pour sa première manifestation et qui estime que cette fois-ci, "la société saoudienne est prête". Et elle pourrait avoir raison. Les occupants des voitures qu'elle croise lèvent les pouces en signe de soutien. 

Pendant ce temps, @saudiwoman, l'une des meneuses historiques du mouvement, a précédé l’appel. Elle conduit avant la date prévue, en consignant soigneusement sur son compteTwitter tous les incidents. Ci-dessous : une voiture de police vient d'accoster sa voiture. 

Mais le Royaume résiste : Qatar Chroniclesignale que le conseil de la Choura, l'autorité suprême religieuse, a rejeté la demande de trois de ses membres femmes d'examiner à nouveau l'interdiction de conduire.

Le site de la campagne26 octobre a été bloqué, ainsi que le site miroir dupliqué à la hâte pour le maintenir en ligne. Des prêcheurs sont dépêchés sur les chaines de télévisions pour trouver des arguments contre un changement de la règle. Une princesse de la famille royale résidant en Angleterre s'est immiscée volontairement ou non dans le débat en jugeant que bien d'autres problèmes devaient être réglés avant le droit de conduire.

Capture d'un tweet de la princesse saoudienne Basmah commentant le droit de conduire comme "une demande de l'occident"

Devant une contestation qui promet au 26 octobre prochain d'être une journée très mouvementée à Ryad, les comptes promotionnels de nouveaux films n'ont pas hésité et se sont joints à la campagne. 

"Nous soutenons nos sœurs saoudiennes"  (Photo compte Speedsistersfilm sur Twitter)

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