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Les indignés de Wall Street : 
Occupy le monde !
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Revue de blogs

Les indignés de Wall Street : Occupy le monde !

Depuis un mois pile, les manifestants occupent Wall Street. Et Occupy Wall Street occupe le monde, dans un mouvement pour l'instant relativement pacifique, et de plus en plus populaire. La première "manifestation mondiale" est aussi en train de faire l'Histoire du Net et a déjà quelques monuments.

Occupy Wall street est devenu un "Jour de la colère" universel, une humeur mondiale, et à l'anniversaire de son premier mois, contre toute attente, il ne lasse pas, il rassemble. Les New Yorkais sont ok à 67% pour que l'on occupe leur cœur financier bien fatigué. Le président de la Banque du Canada trouve Occupy Wall Street "Tout à fait constructif". Lech Walesa a promis de passer. Des écrivains américains ont créé un Occupy de corporation, Occupywriters, et s'y proposent pour des interviews. Les posts d'un des blogs QG de la mobilisation aux USA, Occupy Together, commencent par "Chers frères et sœurs de Wall Street". Et le 17 octobre, un jeune manifestant s'est agenouillé parmi les manifestants pour demander à Debbie : "So, Deb...Will you occupy my life?". La facilité et la fluidité de l'écriture de cette épopée mondiale ultra photographiée et filmée qui s'écrit sur le web signalent que c'est fait : tous les outils du Web 2.0 sont intégrés dans les iPhones et la vie quotidienne et ont permis une mobilisation planétaire. Voici quelques repères.

 Le hashtag #occupywallstreet

"Êtes-vous prêt pour un moment Tahrir?" Le premier manifeste, le 13 juillet 2011.

Sur les origines du mouvement, on se dispute mollement, mais les preuves horodatées penchent pour introniser comme créateur initial le magazine culturel et anti-capitaliste canadien Addbuster (90 000 lecteurs) qui, galvanisé par la révolution tunisienne, a publié la première bannière portant le hashtag #occupywallstreet sur son forum le 13 juillet dernier.

 Quant au premier tweet, il est aussi de Addbuster, et a été publié le 4 juillet: "Cher Américains, ce rêve d'insurrection du 4 juillet [est] contre la loi des entreprises"   #occupywallstreet”. Le 17 septembre, jour du premier rassemblement sur la place Zucotti à Wall Street, 18 817 tweets portaient ce hashtag. Aujourd'hui, on ne les compte plus et on consulte directement le fil de l'acronyme #OWS, qui compte moins de caractères.

 

La carte en ligne : occupez la terre

La carte en ligne créé le 7 octobre pour la première manif' "mondiale" du 15 octobre sur un site de cartographie collaborative par on ne sait plus qui ni où a faillit faire disjoncter les serveurs de la plateforme. N'y manque que la Chine - qui est néanmoins au courant et présente - et une grande partie de l'Afrique, coupée du Net, coupée de ce monde.

 

Le blog : Nous sommes les 99%

Photo Adrian Kinloch sur Flickr

We are the 99%, un blog collectif sur la plateforme Tumblr, a été l'un des grands détonateurs de la mobilisation en ligne aux USA, en offrant à chaque damné de la crise américaine la possibilité de se présenter sous forme d'une photo et d'un témoignage sur une feuille de papier blanc. Le blog a été créé en aout par Chris et Priscilla, deux jeunes activistes de New York, sans la moindre idée du torrent qu'ils allaient déclencher par cet appel à dénuder sa lassitude face au monde. De 5 posts quotidiens dans ses premiers jours, le régime de croisière du blog est passé à plus de 100 contributions par jour.

 

Le contre blog : nous sommes les 1%

Depuis peu, un autre blog a fait son apparition. Nous sommes les 1%. Rich kids, héritiers, hommes d'affaires chanceux, WASP aisés, eux aussi ont voulu témoigner sur une page blanche qu'ils comprennent, que tous les 1% comme eux ne sont pas des requins, que quelque chose ne va plus du tout.

 

Le canal Global Revolution

Global Revolution , le site qui agrège et héberge les webcams branchées sur tous (ou à peu près) les sites occupés de par le monde, restera la première tentative de mondiovision où les caméras sont tournées de l'autre côté, vers les téléspectateurs devenus acteurs.

Watch live streaming video from globalrevolution at livestream.com

 

Les nouveaux outils 

Dans un post sur 5 outils que les journalistes qui couvrent Occupy Wall Street doivent connaitre, on signale des outils ou application que les manifestations ont fait émerger en quelques jours, et beaucoup sont des outils qui permettent d'échapper à la surveillance et ne pas laisser de preuves pour un shérif tatillon.

L'application iPhone Vibes anonymise les tweets et offre de choisir la durée durant laquelle le tweet sera visible et de voir le lieu d'où il sera visible.

Pastebin, un site tout triste et tout simple (comme Twitter à ses débuts), repère de geeks et d'informaticiens, a été pris d'assaut car il permet de communiquer par des copiés-collés anonymes (moins depuis que son succès a été signalé par le New York Time), par exemple en dénonçant nommément les policiers qui font usage de leurs matraques.

A noter aussi : le site de financement en ligne Kickstarter où l'ont peut subventionner les sandwiches des activistes comme le nouveau quotidien The Occupied Wall street journal.

La citation des spécialistes des médias sociaux.

Douglas Rushkoff : "En fait, nous sommes en train d'assister au premier véritable mouvement américain de l'ère de l'internet [...] c'est moins une question de gagner que de durer. Ce n'est pas pour un but, mais pour tenter d'atteindre un consensus. Ce n'est pas comme un livre. C'est comme l'Internet".


La pancarte culte

A en juger par le nombre de re-tweets, il pourrait s'agir de : "Un jour, les pauvres n'auront plus rien à manger, sauf les riches"

Photo Mollycrabappale sur Tumblr

Voir aussi, sur The Atlantic :  Occupy Wall Street en 50 photos

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