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Revue de presse des hebdos

Mila atomise les pseudos justiciers anti-racistes de sa génération; Alain Finkielkraut se lamente sur son sort; Le Maire en veut à Bernard Arnault, Juvin n’a pas que des amis à droite; L’immobilier plombe les classes moyennes

Et aussi : l'islamisme au scanner.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Le Point donne, longuement, la parole à la jeune Mila menacée de mort pour ses propos sur l'islam. L'Obs se penche sur la souffrance des adolescents face au coronavirus. Et justement, l'Express entend passer l'islamisme au scalpel en évoquant deux livres qui viennent de sortir. Valeurs Actuelles parle de la "nouvelle censure" celle des réseaux sociaux qui a touché Donald Trump. "Spécial immobilier" à la Une de Marianne qui publient un palmarès corrosif des villes qui n'aiment pas les pauvres, les classes moyennes ou les cadres.

Mila face à l'extrême gauche et toujours menacée

Depuis le 18 janvier 2020, la vie de la jeune Mila a basculé. Pour avoir critiqué l'Islam, elle est menacée de mort et vit sous protection policière. Le Point (7 pages) l'a interviewée. A17 ans elle est toujours menacée de mort.

Elle met en cause les réseaux sociaux dont elle est pourtant une fervente utilisatrice : "Ma génération n'est faite que d'effets de mode et d'illusions. Les réseaux sociaux amplifient tout cela, et ça monte à la tête des gens en prenant une ampleur pas possible. Il y a vraiment un essor de tous les fanatismes, et pas que religieux. C'est comme si plus rien n'était vrai. Le vrai problème, c'est que, comme les gens veulent se sentir exister tout en ne sachant pas réfléchir par eux-mêmes, les réseaux sociaux aggravent leurs frustrations."

Mila prend l'exemple d'un réseau en particulier : "Sur TikTok, on attaque beaucoup les faiblesses, et ça peut tourner au lynchage. Il suffit que quelqu'un soit handicapé, gros, pas beau, n'importe quoi, et ça part. Le pire, c'est que je ne peux pas m'empêcher de regarder les commentaires. Ça me monte les nerfs, ça me rend dingue."

Et met en cause l'extrême gauche : "Une fois, j'ai dit que je soutenais les forces de l'ordre, que je n'étais pas ACAB [All cops are bastards, « tous les flics sont des ordures », NDLR] et c'était parti. En fait, je suis le grand méchant loup des gens de ma génération les plus actifs sur les réseaux sociaux, à savoir les jeunes d'extrême gauche. Toutes mes idées s'opposent à eux. Mais je pense qu'en réalité ce sont leurs idées qui s'opposent à celles de la majorité, et même à une certaine vérité. Leur virulence est inversement proportionnelle à leur représentativité dans la population générale". 

Dans son éditorial qui est consacré à Mila, Etienne Gernelle, le patron du Point, écrit : "Emmanuel Macron, curieusement, n’a jamais pris le temps de passer un coup de fil à Mila. C’est dommage."

Finkielkraut accuse les réseaux sociaux

Le 11 janvier sur LCI, après avoir dit que les actes d’Olivier Duhamel étaient inexcusables, Alain Finkielkraut s'est interrogé sur un éventuel consentement du beau-fils du politologue. La chaîne a décidé de de cesser sa collaboration avec le philosophe. Il répond aux questions du Point (2 pages).

Finkielkraut explique : "J’ai essayé de me mettre non à la place de l’avocat ou du procureur, mais du juge. Je constate que la présomption de non-consentement pour les mineurs de 15 ans réclamée par des associations depuis quelque temps n’a pas été acceptée car les juges tiennent à leur pouvoir souverain de statuer au cas par cas".

Et Finkielkraut constate : "Mais j’avais oublié que nous ne vivions plus sous le règne de la télévision, et qu’aujourd’hui Internet, la numérosphère, surplombe la vidéosphère. Internet, c’est la culture de l’extrait. On sort un passage d’une intervention, on le jette en pâture sur les réseaux sociaux, et vous êtes condamné non pour ce que vous avez dit dans l’émission mais pour ce que cet extrait vous fait dire. Je croyais encore que la télévision existait pour elle-même et que, dans certaines conditions, je pouvais m’y exprimer. Je n’avais pas tout à fait pris la mesure du nouveau monde. "                                            

Le philosophe conclut : "J’ai été naïf en oubliant que les réseaux sociaux font désormais la loi." Et il évoque sa famille qui est mise en cause : "Si je reparais à la télévision, je me censurerai, non pas pour complaire à la nouvelle mode morale, mais pour ne jamais rien dire qui puisse mettre en difficulté les miens."   

Même sujet dans Valeurs Actuelles (4 pages) : "Finkie, le nouveau maudit". L'hebdo souligne avoir contacté plusieurs  intellectuels et penseurs qui auraient pu soutenir le philosophes, aucun n'a répondu. Même Pascal Bruckner ami du philosophe ,e souhaite pas "commenter cette affaire."

Bruno Le Maire contre Bernard Arnault

Le ministre de l'Économie aurait, selon l'Obs, critiqué, en privé, le milliardaire Bernard Arnault. L'accusant de ne penser qu'à son intérêt financier en se montrant prêt à céder sa participation dans Carrefour au québécois CoucheTard.  Une opération à laquelle Bruno Le Maire a mis son véto.

Gabriel Attal félicité par certains à droite

Sur le plateau de l'émission C à Vous, Gabriel Attal porte-parole du gouvernement a souligné "des petits arrangements avec la vérité" contenus dans « Je ne tromperai jamais leur confiance », le livre écrit par l'urgentiste Philippe Juvin (qui est aussi président de la fédération LR des Hauts de Seine) qui était venu le présenter

Attal aurait, selon l'Obs  reçu les félicitations de plusieurs caciques de la droite. Et Édouard Philippe lui aussi, aurait envoyé un SMS de félicitations au porte-parole du gouvernement, qui est aussi son ex-secrétaire d'État à la Jeunesse.

Spécial immobilier : ces villes qui ne veulent pas de vous

Marianne publie, à son tour, un spécial immobilier (une douzaine de pages), mais de manière plus acide, en établissant un palmarès des villes les moins accueillantes face à certaines catégories de population : les pauvres : "d’après les calculs du courtier immobilier Meilleurtaux, sollicité par Marianne, à Bordeaux, pour acheter 100 m2 aujourd’hui, il faut désormais qu’un ménage gagne 126 % de plus qu’en 2000".

Ainsi à Paris le prix du m2 serait de 10.450 euros fin 2020, en moyenne. Le foyer qui veut acheter un appartement de 100 m2 devrait avoir, selon Marianne, un revenu 14.559 euros. Paris est en haut de l'échelle, tandis qu'en bas du tableau on trouve Saint-Etienne où le prix du m2 serait de 1.350 euros.

L'islamisme au scanner

L'Express évoque (3 pages) l'édition augmentée d'une centaine de pages du livre Territoires conquis de l'islamisme (PUF) une enquête dirigée par l'universitaire Bernard Rougier. Avec ses étudiants, il décrit minutieusement " l'émergence d'un "écosystème islamiste" qui entretient "une logique de rupture avec la société globale et ses institutions". Et cette logique de rupture s'infiltre partout, dans chaque recoin de vie, jusque dans la littérature pour enfants, les jouets confessionnels, les tenues vestimentaires, les solidarités de quartier..." Un ouvrage qui "conçoit l'islamisme comme idéologie mondialisée et non pas simple symptôme des discriminations françaises, a eu un fort écho au sein de la classe politique et dans les médias, il a aussi valu à Bernard Rougier des procès en essentialisation de la part de confrères marqués très à gauche.

Au passage, Rougier tacle l'islamologue François Burgat,  aux yeux duquel, Rougier serait qu'un "pompier pyromane" soufflant sur les braises de "l'islamophobie".."

Rougier explique : "Souvent, quand j'interrogeais des figures islamistes en Egypte ou au sein du Hamas, ils me demandaient des nouvelles de leur 'frère' Burgat. Vous voyez que la frontière entre la recherche et l'engagement est mince"

Par ailleurs le spécialiste de l'islam Hakim El Karoui et l'historien Benjamin Hodayé publient une enquête inédite sur les djihadistes européens. Ils "ont reconstitué le parcours de 1460 djihadistes européens - 700 Français, et 760 Britanniques, Allemands et Belges". Ils précisent : " Le militant djihadiste est un homme jeune, âgé de 24-25 ans. Il a grandi dans un quartier pauvre de métropole à forte population immigrée, au sein d'une famille de confession musulmane. S'il possède, pour les deux tiers au moins des individus étudiés, un lien avec un État étranger par ses parents et ses grands-parents, il est, dans l'écrasante majorité des cas, né dans le pays dans lequel il vit. Voilà pourquoi il faut analyser le djihadisme européen comme un problème national, et non comme un phénomène importé du Moyen-Orient ou du Maghreb."

Une enseignante porte plainte contre Mediapart

Mediapart a publié, le 8 décembre dernier, le nom d'une enseignante de la faculté d'Aix-Marseille qui a critiqué l'islam, une dizaine de jours après l'assassinat de Samuel Paty, en octobre 2020. Le site aurait qualifié ses "propos d'islamophobes". Menacée de mort, protégée par la police, l'enseignante a déposé plainte le 6 janvier contre Mediapart pour « mise en danger de la vie d’autrui »

L’avocat Georges Kiejman et la gauche caviar

Georges Kiejman, célèbre avocat "assume" d'être un des représentants de la "gauche caviar" évoquée par Le Point (6 pages): " Le Canard enchaîné m’avait surnommé « l’avocat chic de la rue de Tournon », où était mon cabinet. Comme j’étais beaucoup plus pauvre que tous ceux qui me caricaturaient en grand bourgeois, je n’ai eu aucun scrupule à manger du caviar quand l’occasion s’en présentait. Une de mes clientes, Lily Safra (philanthrope milliardaire d’origine brésilienne) m’en envoyait chaque année pour Noël, jusqu’à ce que l’on se brouille."

L'avocat tempère : "Quand on a grandi dans un hôtel de passe de Belleville et que l’on a un peu réussi, on peut céder à la coquetterie et se prendre pour un dandy. Cela dit, il ne faut rien exagérer. Certes, je me faisais faire des vestes sur mesure (...), mais je n’ai jamais eu ni chauffeur ni toile de maître". 

Et Kiejman ajoute : "La gauche dont vous parlez n’était pas prolétaire, pas plus qu’elle ne mangeait de caviar. Elle était essentiellement constituée de petits-bourgeois qui voulaient secouer les règles trop rigides de la société, bousculer les hiérarchies et, éventuellement, s’y insérer."

Le livre d'un imam de Drancy

Le Point (2 pages) publie des extraits du livre que vient d'écrire Hassen Chalghoumi, imam de Drancy, sous le titre "Les Combats d’un imam de la République" avec une préface de Philippe Val, et une postface  de Franz-Olivier Giesbert.

Chalghoumi écrit : "Il faut un État laïque, avec la même loi pour tout le monde. L’État doit savoir quel islam il veut. Et la souveraineté de l’État doit passer par le refus de l’ingérence étrangère : voit-on une mosquée au Maroc gérée par l’Algérie ? Ce serait un scandale impensable, une trahison nationale !"

Il critique aussi l'islam politique qui "se repère toujours par l’importation du conflit israélo-palestinien (...) Sans cause palestinienne, la plupart des islamistes n’existent presque plus. ".

Les anti-vaccins surestimés par les sondages

L'agence Majorelle s'est intéressée aux messages des Français  qui dénoncent une « dictature sanitaire », dont 95% sont anti-vaccins. Selon elle ils ne représenteraient que 0,38% de la population.

Mais, via les réseaux sociaux, leur audience est démultipliée : "leurs messages atteignent 3,4% des Français, 19% des journalistes et 22% des élus. D'où un défaut de perception. Autre distorsion: si les messages anti-vaccins sont très viraux (ils sont parfois partagés des centaines de fois), les émetteurs sont peu influents (ils ne comptent souvent que quelques dizaines d'abonnés)" estime Majorelle dans l'Obs.

Les ados face à l'angoisse

Dans l'Obs (10 pages), le scénariste Emmanuel Carrère raconte qu'il a pu séjourner dans l'unité psychiatrique pour ados d'un hôpital parisien. Il parle "de gens qui, en temps normal, ne devraient pas se retrouver en psychiatrie et qui arrivent aux urgences, dans des états suffisamment alarmants pour qu'il faille, souvent, les garder".

L'hebdo ajoute qu'un Français sur cinq serait dépressif en cette période de coronavirus et donne la parole à un psychanalyste, Jacques André (2 pages)  qui explique : "Des professionnels de la santé mentale, confrontés à une hausse d'environ 20% des demandes de consultation, ont réclamé en décembre des mesures politiques pour éviter une « troisième vague psychiatrique ». Psychiatres et psychologues se disent préoccupés par les personnes déjà fragiles, celles dont l'activité professionnelle est menacée, et les étudiants plusieurs suicides ou tentatives de suicide ayant eu lieu sur des campus."

La crise sanitaire provoque des dépressions de manière préférentielle chez les personnes touchées dans leur subsistance ou dont l'avenir professionnel est menacé: restaurateurs, voyagistes..." de plus, ajout-il :  "Être étudiant, cela va de pair avec des choix amoureux, une intensité des échanges. Être privé de la « vie du soir » est alors vraiment problématique. Une jeune patiente m'a dit: « Je me couche à 21 heures, j'ai l'impression de devenir une mamie, ce n'est pas moi."

Trump face au totalitarisme des réseaux sociaux

Valeurs revient sur la polémique provoquée par les réseaux sociaux, comme Facebook, ou Twitter : Donald Trump banni des réseaux sociaux, ses "partisans censurés". Les patrons des "Big Tech" seraient complices  des démocrates. Et seulement 2% des 36 millions de dollars versés par la Silicon Valley pour la campagne présidentielle seraient allés dans les caisses de Donald Trump.

Le successeur d'Angela Merkel

Vous ne connaissez pas Armin Laschet, nouveau leader de la CDU, le parti conservateur allemand ? L'Express et Le Point vous dressent un portrait de ce francophile qui succède à Angela Merkel.

"Ce catholique pratiquant fut longtemps enfant de chœur. Père de trois enfants, il est marié depuis trente-cinq ans à Susanne Laschet, une libraire d’Aix-la-Chapelle. Ils avaient 7 ans quand ils se sont rencontrés".

Selon Le Point, il n'est, pourtant, pas parfait, loin de là : " Souvent, quand j'interrogeais des figures islamistes en Egypte ou au sein du Hamas, ils me demandaient des nouvelles de leur 'frère' Burgat. Vous voyez que la frontière entre la recherche et l'engagement est mince".

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