Emmanuel Macron prend le temps d’écrire lui-même ses discours (et de nous informer que son mot préféré est saxifrage); L’Obs celui d’écouter les complotistes; L’Express veut une cure de désintox à l’argent facile; Philippe de Villiers dénonce un naufrage | Atlantico.fr
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Emmanuel Macron prend le temps d’écrire lui-même ses discours (et de nous informer que son mot préféré est saxifrage); L’Obs celui d’écouter les complotistes; L’Express veut une cure de désintox à l’argent facile; Philippe de Villiers dénonce un naufrage
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Revue de presse des hebdos

Emmanuel Macron prend le temps d’écrire lui-même ses discours (et de nous informer que son mot préféré est saxifrage); L’Obs celui d’écouter les complotistes; L’Express veut une cure de désintox à l’argent facile; Philippe de Villiers dénonce un naufrage

Et aussi : Macron a fâché les chrétiens.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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L'argent facile avec des hélicoptères qui lâchent des billets de banque dans le ciel à la Une de l'Express. Dix Français complotistes interrogés par Ipsos en couverture de l'Obs. Le "J'accuse" de Philippe de Villiers à la Une du numéro double de Valeurs Actuelles. Tandis que Le Point s'intéresse, sur 80 pages, aux voyages qui ont fait la France avec des exploratrices et aventurières qui ne sont pas oubliées dans ce panorama richement illustré. Marianne s'amuse avec 80 pages, lui aussi, avec des uchronies : si Macron avait été comédien, si Internet n'existait pas, si les gilets jaunes avaient pris l'Elysée.

Macron et l'écriture de ses discours

Emmanuel Macron "renoue avec un attachement à l’écriture, à la langue française, à la littérature, disparu depuis quarante ans parmi les présidents" aux yeux du Point (6 pages) ". Le discours historique de Jacques Chirac sur la rafle du Vél d’Hiv est l’œuvre de Christine Albanel dans son entière composition, comme le discours d’investiture de Nicolas Sarkozy sur le « petit Français au sang mêlé » a été ciselé par Henri Guaino. Emmanuel Macron, lui, a décidé d’investir personnellement le choix des mots".

Le Point ajoute : " Le stylo bleu d’Emmanuel Macron retranche, récrit jusqu’à la dernière minute. Le président peut ajouter lui-même deux ou trois pages de sa main.

(...) Brigitte Macron a été professeure de français. Dans l’importance accordée aux lettres par Emmanuel Macron, il y a son amour pour sa femme. La littérature est un retour aux sources.

"En France, tout commence par les mots. Notre pays a ceci de singulier qu’il a été comme « engendré par sa langue »." explique Macron dans son interview au Point. Face aux Français qui ne croient plus les politiques, le président répond : "je crois par ailleurs que ce sont moins les discours en tant que tels qui créent la défiance que leur manipulation, le fait qu’ils soient tronqués, résumés en un bandeau en quelques caractères." Et le président répond, quand on le lui demande, que son mot préféré est "saxifrage" une plante herbacée vivace.

Dans la tête des complotistes

Julien, technicien dans l’environnement, cité par l'Obs (la Une et 12 pages sur le complotisme), assume tranquillement : « Pour moi, être complotiste, c’est juste avoir un esprit critique et ne pas être un mouton. »

L'édito de l'Obs constate : "L’adhésion d’une partie de la population aux théories du complot présente un défi pour notre démocratie. Signe manifeste d’une perte de confiance dans les institutions, la simple dénonciation du « complotisme » ne constitue plus une parade à son essor."

Sans épargner les médias dits « mainstream », la vindicte se concentre sur les chaînes d’infos, accusées d’un rabâchage qui devient vite suspect selon l'Obs : « Pour moi, CNews et BFM, c’est la même chose, on sait ce qu’ils vont dire. Ils sont tellement achetés par le gouvernement que ça en devient risible », estime Sophie, hôtesse de l’air.

Les médias ? "Faites entrer l’accusé ! « Ils disent n’importe quoi », résume Isabelle, chef de cuisine. « Ils sont contrôlés », renchérit Coralie, assistante de direction".

« Des groupes de personnes bien plus élevées que les présidents, qui décident de l’info qui nous est destinée, complète Victor, enseignant. Moi, je vois plein de choses sur Twitter qui ne sont nulle part ailleurs. »

Les élections ? "« Cela ne sert à rien, à part élire des pantins qui sont eux-mêmes dirigés par des puissances beaucoup plus influentes et invisibles », tranche Julien, qui dit se sentir proche du Rassemblement national mais ne vote plus."

Sombre tableau.

Comment sortira-t-on du "quoi qu'il en coûte" ?

"Les déficits s'emballent et les dettes s'alourdissent. Pourra-t-on en finir avec le recours incessant à "l'argent magique"?" demande l'Express (6 pages).

"Sur la seule année 2020, la crise liée au coronavirus aura coûté près de 200 milliards d'euros aux finances de l'État français. Et pour 2021, Bercy a, en fin de semaine dernière, annoncé une nouvelle rallonge de 20 milliards d'euros au projet de budget établi en septembre. Auxquels il faut ajouter les 100 milliards du plan de relance, quelque 250 millions d'aides d'urgence pour les aéroports, 200 millions en plus pour le plan jeunes, 120 millions pour l'aide alimentaire. Une forme de socialisation de la crise, de nationalisation des pertes." ajoute l'Express

"Quelque 17 000 milliards de dollars ont été engagés par les pays de l'OCDE depuis le début de la pandémie. Un effort inouï dont les comptes des États vont porter les stigmates pendant très longtemps."

« Reste qu'il faudra bien un jour sortir de l'addiction. La cure de désintox pourrait bien s'imposer d'elle-même. »

De Villiers parle de faillite sanitaire et de naufrage politique

Covid, attentats, immigration, faillite de l'État, échec de Macron, délitement de la France, les thèmes abordés ne surprendront pas ceux qui suivent le parcours de Philippe de Villiers. Interview de 10 pages dans Valeurs Actuelles. Le Vendéen voit "une faillite sanitaire et un naufrage politique. Au nom de l’ordre sanitaire, on nous a enfermés. Et, au nom de l’État de droit, on libère et on remet dans la nature des tueurs terroristes." De Villiers indique au passage qu'il soutient Charlie Hebdo "A leur manière, ils résistent".

Pour lui la situation sanitaire est  absurde" Absurde, la tentation saint-simonienne de l’hygiénisme d’État qui met les savants au pouvoir— les politiques font désormais de la médecine et les médecins de la politique, depuis que M. Macron a remis les pleins pouvoirs, le 11 mars dernier, au maréchal Delfraissy, qui a fait don de ses erreurs à la France... Absurde, le primat de la survie sur la vie. Absurde, le confinement généralisé des bien-portants. On dit parfois que le confinement est d’inspiration médiévale, c’est faux. Au Moyen Âge, on connait les mal-portants par la quarantaine et le lazaret, aujourd’hui on confine les bien-portants."

Macron a fâché les chrétiens

"Entre le président et les chrétiens, l’atmosphère se gâte. L’affaire des « jauges » dans les lieux de culte a heurté les catholiques. Quant au projet de loi sur le séparatisme, il inquiète tous les responsables religieux qui craignent l’avènement d’une nouvelle « religion d’État »" constate L'Obs (3 pages).

Quand les évêques ont découvert que la jauge était de 30 personnes par église, ils ont réagi et envoyé un SMS à l'Elysée. Macron a rappelé le soir même à 23.45 h, mardi 24 novembre, monseigneur de Moulins-Beaufort, le président de la Conférence des Evêques de France sur son portable. Le président lui a promis de modifier cette jauge.

Mais "Castex campe sur sa position, en accord complet sur ce point-là avec les ministres Jean-Michel Blanquer et Gérald Darmanin." ajoute l'Obs qui rappelle :

"Entre Macron et les catholiques qui ont voté massivement (71 %) pour lui en 2017, tout baigne pendant deux ans. Mais tout bascule au moment des lois bioéthiques. La PMA, les manipulations sur l’embryon…"

Sans oublier que "Tout cela ne serait rien ou presque à côté de l’inquiétude, voire de la colère, qui monte désormais face au projet de loi contre le séparatisme, rebaptisé « projet confortant les principes républicains », et à ses « effets collatéraux », loin d’être négligeables."

La macronie défend Sarkozy

Le réquisitoire contre Nicolas Sarkozy a choqué même la macronie note Le Point : "« Les juges y vont fort, quand même ! Les gens vont penser que c’est pour empêcher tout retour de Sarko et vont forcément comparer avec les black blocs qui, eux, ne sont pas sanctionnés ! » s’étonne un ministre, quand d’autres vilipendent une « république des juges ». « Vous imaginez si un ancien président de la République était condamné à de la prison ferme ? Ce serait terrible pour l’image du pays »".

Aurélien Pradié (LR) pour un revenu universel

 Depuis le début de cette crise, près de 8 millions de nos concitoyens ont besoin de l’aide alimentaire [selon le Secours catholique je propose que notre pays se dote dans les trois mois d’un Fonds national de soutien à l’aide alimentaire.

Je pense que le sujet d’un revenu vital mérite d’être regardé, y compris par la droite. Nous gagnerions à faire en sorte que dès ses 18 ans, tout jeune Français, quelle que soit sa situation sociale, bénéficie automatiquement d’un revenu universel vital.

"Un revenu vital correspondant à 40 % du revenu médian en France me paraît une piste à étudier" précise Pradier. L'Obs ajoute : "Avec un revenu médian de 1 789 euros actuellement, cela ferait un revenu universel vital de 715,60 euros."

Roselyne Bachelot a tenté de sauver les musées

Lors des discussions sur une éventuelle réouverture le 15 décembre, selon Le Point, La ministre de la Culture a souligné "qu’il fallait distinguer les musées des salles de spectacle : plus grands, mieux aérés, pouvant plus facilement mettre en place des conditions drastiques d’accueil du public, les musées ne présentaient pas les mêmes risques et pouvaient ouvrir leurs portes. Sans succès…"

L'autocensure, pire que la censure

"L’ennemi de la liberté d’expression n’est plus l’État mais l’opinion, qui, en intimidant plutôt qu’en interdisant, suscite un climat anxiogène" note un éditorial de Laetitia Strauch-Bonart, dans Le Point.

Par certains côtés, la censure exercée par l’opinion est pire que celle de l’État. George Orwell ne disait pas autre chose : "le principal danger qui menace la liberté de pensée et d’expression en ce moment n’est pas l’interférence directe [du gouvernement] ou d’une entité officielle. Si les éditeurs et les rédacteurs en chef se démènent pour empêcher que certains sujets ne donnent lieu à des publications, ce n’est pas parce qu’ils ont peur des poursuites judiciaires mais parce qu’ils sont effrayés par l’opinion publique."

"Colorer" les noms de rues

Emmanuel Macron veut identifier 1 000 noms de personnalités d’origine étrangère pour baptiser rues, stades, bibliothèques, etc. La démarche se veut en partie “scientifique”. Elle est à l’évidence très polémique" souligne Marianne (3 pages). "Beaucoup de sportifs sont à l’honneur : le football- leur Marius Trésor, le handballeur Jackson Richardson, le nageur Alfred Nakache, l’ancien président de l’OM Pape Diouf, ou encore Raoul Diagne, premier joueur noir sélectionné en équipe de France de foot. La liste comporte quelques noms de personnalités toujours vivantes. Le nom de Kylian Mbappé est d’ailleurs toujours en débat.

Il ne s'agit pas de débaptiser des rues portant le nom de personnes, ce sont les rues des Acacias ou des Peupliers qui sont visées. Les maires pourront piocher dans la fameuse liste pour personnaliser ce genre de nom.

La  « chasseuse de têtes » du CAC 40

Brigitte Lemercier « chasseuse de têtes » à 69 ans," jouit d’un statut à part dans la profession. Elle a monté sa propre boutique, fait rarissime dans un business dominé par de gros cabinets anglo-saxons (Russell Reynolds, Egon Zehnder, Heidrick & Struggles). Son fonds de commerce, c’est la recherche de dirigeants de très haut niveau." raconte Le Point (6 pages)

"En quarante ans de métier, elle a travaillé à la constitution d’instances exécutives, de Total à la SNCF, en passant par Vallourec, Natixis, Michelin, Technip ou la BPCE (ex-Caisses d’épargne)."

Ledger, le portefeuille électronique français des cryptomonnaies

La jeune pousse Ledger "a réussi à faire de son portefeuille numérique une référence planétaire. Son usine de production à Vierzon tourne à plein régime" explique l'Express.

On y fabrique "des sortes de clefs USB de 4 ou 5 centimètres de long, selon les modèles - il y en a deux. Avec leurs petits écrans digitaux, les Nano S et X permettent d'acheter, de vendre et surtout de protéger hors connexion ses cryptomonnaies, alors que les seules alternatives existantes sont surtout des Bourses en ligne américaines et chinoises comme Coinbase et Binance, susceptibles d'être hackées".

Sahara occidental : coup de poker du roi du Maroc

"Son père en rêvait, lui l’a fait. En arrachant aux États-Unis la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, le roi Mohammed VI a obtenu un présent inestimable. La décision du président Donald Trump conforte l’intégrité territoriale du royaume chérifien. Elle lui apporte un avantage décisif dans la lutte d’influence qui l’oppose à Alger pour la suprématie au Maghreb". remarque Luc de Barochez dans Le Point.

"Le souverain a accepté en contrepartie de renouer les relations diplomatiques avec Israël qui étaient gelées depuis la seconde intifada, il y a vingt ans. Après les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan, le Maroc est le quatrième État arabe en quatre mois à normaliser ses liens avec Jérusalem sous l’impulsion du président américain sortant. Peu nombreux étaient ceux qui auraient parié sur une telle performance !"

Le Carré explique comment il est devenu espion et écrivain

"Mon nom de couverture littéraire, John le Carré, et mon espion fictionnel, M. George Smiley, sont nés le même jour de l’an 1958, sur la même première page du même premier roman, dans une petite pièce au fin fond du troisième étage de Leconfield house, bâtiment sis à Curzon Street, dans le West End de Londres, qui abritait alors l’extrêmement secret quartier général du MI5." raconte le défunt John Le Carré dans Le Point (2 pages)

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