Les dynamiteurs de la tradition suisse, les diamants du sautillant Coréen et le nouveau Kama Sutra féministe : c’est l’actualité des montres | Atlantico.fr
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Le nouveau frisson mécanique des jeunes générations : un design qui privilégie l’idée de complexité industrielle, une forme inhabituelle qui rassure par son avant-gardisme tempéré et un prix qui sait rester accessible en permettant les caprices de temps d
Le nouveau frisson mécanique des jeunes générations : un design qui privilégie l’idée de complexité industrielle, une forme inhabituelle qui rassure par son avant-gardisme tempéré et un prix qui sait rester accessible en permettant les caprices de temps d
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Les dynamiteurs de la tradition suisse, les diamants du sautillant Coréen et le nouveau Kama Sutra féministe : c’est l’actualité des montres

Et aussi un designer anglais qui oublie les voyelles, l’intelligence qui débarque dans l’horlogerie suisse et le fantôme du rupturisme des années 2000…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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SEVENFRIDAY : Le style méchanicien impose ses codes…

Ne vous étonnez pas de trouver quelques montres Sevenfriday dans les temples parisiens de l’avant-garde qui crée les modes : cette toute jeune marque suisse – des contempteurs du Swiss Made qui font un pied de nez aux convenances en choisissant un mouvement japonais – s’impose cette saison comme le parangon du nouveau luxe horloger, avec un mélange très subtil de paramètres qui créent la séduction. Une option design dont les détails « industriels » (rouages visibles, aiguilles non conventionnelles, hommage quasi-parodique à la tradition, de rares touches de couleur) mettent en valeur la dimension mécanique de la montre, qui se permet d’être rigoureusement classique dans sa lecture des heures. Un boîtier taillé comme une télévision des années 1960, avec des rondeurs dépourvues d’agressivité qui hypertrophient le volume sans déséquilibrer la ligne (vidéo de découverte). Le marketing – très habile dans sa volonté de rester sous le radar du mainstream – est on ne peut plus générationnel, le prix (nettement au-dessous du millier d’euros) demeurant compatible avec les moyens des primo-accédants à la « belle montre » contemporaine. C’est le concept horloger qui « cartonne », au moment les montres de luxe surexposées, surmarketées et surfacturées commencent à patiner. Le phénomène Sevenfriday a pris tout le monde de court en posant les codes d’une nouvelle créativité accessible : le carnet de commandes représente plus de dix fois la production de la première série ! S’ils ne font pas de grosses bêtises, ces jeunes gens iront loin…

PSY : La montre qui va bien avec le Gangnam Style…

La méga-popstar coréenne Psy en est à présent à plus de 2,2 milliards de connexions pour ses ritournelles sautillantes « Gangnam Style » et « Gentleman » – ce qui fait de lui le chanteur global le plus vu de toute l’histoire de l’humanité. Il fallait bien à ce phénomène planétaire une montre hors du commun : c’est Franck Muller, le « Master of Complications » suisse, qui est venu lui apporter, en Corée, une Cintrée Curvex exclusive, pièce unique commandée par lui avec un sertissage de près de 7 carats de diamants (noirs pour les chiffres romains stylisés, blancs pour le pavage). Une montre qu’il souhaitait décorée à son effigie (le célèbre pas de danse, poignets croisés, imités depuis par tous les clubbers) jusqu’au dos gravé du boîtier. Un chef-d’œuvre de bon goût, à n’en pas douter…

VOILÀ : Entre féminisme et Kama Sutra…

Voilà est une des plus intéressantes marques horlogères hongkongaises, une des très rares qui soient capables de régater avec les marques européennes par la qualité de son design comme par celle de son marketing. Roger Khemlani, qui n’a pas choisi par hasard un mot français, « Voilà », pour exprimer son idée du style horloger, nous propose une étonnante Desi Wooman – desi étant le mot sanskrit pour désigner la civilisation indienne. Etonnante par sa forme, qui hésite entre le cœur renversé, la paire de seins (notez le téton dessiné par la couronne de remontage, à droite) et la silhouette féminine vue de dos. Le designer ajoute à ces analogies suggestives le V de Voilà. Il a dédié cette montre aux femmes indiennes, aujourd’hui victimes de tant de violences, mais aussi, hier, héroïnes de tant de légendes érotiques, des Apsaras au Kama Sutra. Les couleurs du sertissage sont celles du drapeau indien : le message est donc clairement patriotico-féministo-érotico-horloger. Une belle envolée dialectique entre signifiant et le signifié…

WRLDCLCK : l’hrlg mrl mnmlst cnç chz rbrtnghtngl…

Ça doit être chic d’enlever les voyelles : c’est peut-être pour mieux faire comprendre sa démarche minimaliste que le designer britannique Robert Nightingale, fondateur du studio rbrtnghtngl (éponyme), a conçu l’horloge murale Wrldclck (pour « World Clock »). L’idée est assez géniale dans sa parvulissime simplicité : un cadran de la taille d’une assiette qui fait office de boîtier et un mouvement électronique qui entraîne plusieurs aiguilles, celle de l’heure locale comme celle des autres heures du monde de son choix. Une ou plusieurs aiguilles des minutes, repérées par leur couleur (on sait que certains fuseaux horaires fonctionnent avec un quart d’heure, une demi-heure ou trois-quarts d’heure de décalage). Une ou plusieurs aiguilles de heures, différenciées par leur couleur ou par les pictogrammes qu’elles portent (abréviation du nom des villes, Tour Eiffel pour Paris, cœur pour la ville de l’être aimé, etc.). Une vis centrale verrouille ces aiguilles dans la position qu’on leur choisit (celle de l’heure sur place) et c’est parti pour se mettre à l’heure de la planète. Développement industriel en cours…

Pour en savoir plus, cliquez ici.

HYETIS : L’intelligence qui touche les montres suisses…

On sait que les horlogers suisses rigolent – pour l’instant – des projets de smartwatches (montres connectées dites « intelligentes ») qui se multiplient à la périphérie du marché des smartphones (téléphones multi-fonctions). Rien ne saurait entamer, considèrent-ils, la supériorité intrinsèque et historique des montres traditionnelles. L’histoire tranchera, mais voici déjà la première smartwatch suisse, lancée à Genève par l’équipe de Hyetis (ηγετης : mot grec pour « meneur »), qui lance cette montre Swiss Made « intelligente » en souscription : la Crossbow (« arbalète », référence symbolique au Guillaume Tell suisse) s’impose par un boîtier très design de 46 mm, avec une glace-écran tactile et une connectivité qui permet de jumeler la montre à n’importe quel Smartphone. Pas de poussoirs, mais des capteurs environnementaux (altimètre, luxmètre, thermomètre, baromètre, microphone, microphone haute sensibilité). Le mouvement (celui qui donne l’heure, avec des aiguilles) est automatique, l’étanchéité assurée jusqu’à 250 m de profondeur et la caméra embarquée (à 12 h) affiche 41 millions de pixels de définition ! Prix de souscription autour des 1 000 euros, avec une livraison prévue pour la fin de l’année…

Plus d'informations sur Hyetis

ULYSSE NARDIN : Le fantôme de la tradition horlogère…

Lancée par la manufacture Ulysse Nardin en 2001, la montre Freak a été un des détonateurs de la révolution horlogère des années 2000 : à l’époque, elle jouait la disruption totale, avec un tourbillon « orbital » associé à un mouvement non-conformiste (accroché à l’aiguille des minutes, ce tourbillon tourne sur lui-même en une minute et il « orbite » autour du cadran en une heure), un affichage de l’heure tout aussi fantaisiste (un cône blanc pour les heures, une pointe blanche pour les minutes et une aiguille des secondes associée au tourbillon volant), des matériaux inhabituels (échappement au silicium) et une remontage par le fond de la boîte, sans couronne, avec une mise à l’heure en tournant la lunette crantée, sur le dessus de la montre. Bref, c’était une vraie « monstre » de 45 mm (énorme pour l’époque !), que la manufacture réédite aujourd’hui dans une version esthétiquement plus calme, dont la sobriété souligne les multiples innovations de la Freak. Au passage, regardez bien la Sevenfriday en haut de la page : douze ans séparent ces montres, mais la nouvelle génération a visiblement bien profité des avancées de ses aînés…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

 

 

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