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La world gastronomie à la manque
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La world gastronomie à la manque

Toutes les semaines, le journal Service Littéraire vous éclaire sur l'actualité romanesque. Aujourd'hui, la rubrique gastronomique.

Jules  Magret

Jules Magret

Jules Magret écrit pour Servicelitteraire.fr.

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On crawle à présent dans la world gastro, le truc de cassos qui vous siphonne le lance-torpilles, comme Torrejos et Ekibat à l’Atelier Rodier ; attention les blazes, un Colombien et un Congolais, qui chanstiquent un tourteau en moustique, une cuillère à café dans un frisbee, de quoi filer un creux d’estom’ mailloche. Cette cuistance pour paramécie nous encroûte le biniou. Du coup on file à Montreuil, attention les quinquets, rue de Paris c’est black and beur, pas un visage pâle à l’horizon, tous en babouches et djellabah, prêts à vous tisonner les calots au lèchefrite. Loin de penser comme le réac Zemmour qu’on s’encrasse à Bougnoulville, on se gare fissa, histoire de ne pas rameuter les zoulous, et on s’enquille dans la caverne de tous les babas, style Ali, vu que "La cave est restaurant", mystère et bouboule de gomme, c’est du bobo en grappes. On reste scié. On zonait à Oran et Bamako, nous voilà dans le Marais, pas vraiment salant, plutôt salé, avec des cilles tries sur le volet, et même sur les persiennes, cool un max, aussi relax que Monsieur Normal, le dauphin qui fait ouik, ouik quand on lui savonne la valve. On choisit sa rouille in ze boutique, on calte et on scotche sa table. Foie gras copioso, langue de bœuf qui lichouille la cage à pain, pichto sulfureux du Gard, tout bichonne le cornet, la frite idem, que du tuyau sans piperie, et, vrai de vrai, on a les flagdas à la portière. Quand même 60 euros par tête, le chignon en frémillante.

La cave est restaurant, 43 rue de Paris, 93100 Montreuil. 01 48 58 18 59. Carte : 60 euros.

Là, bravo Doucet, un haddock capitaine au long cours, king de la régalade, qui vous baigne allegro mais pas troppo, dans un jus serré à vous dérider la seringue à pois chiche. Soit, on charibote, mais la régalade conservatoire, déco Wilmotte, une déco plus godante que celles du gros Starck, avec son extraordinaire menu à 35 euros, est digne de Jégo, sans flageolet, et de Robuchon, sans roteuse. L’oeuf cuit à 64 degrés, lentilles et haddock carbonara, vous enchante la flute, façon Wolfgang, au même titre que le risotto crémeux à l’encre de seiche, gambas rôtis, ail et piment d’Espelette, à l’émulsion de vache qui rit, meuh, meuh ! Pour suivre, le cabillaud au jus de coquillages est à point, copieux tel un ressac, et le suprême de volaille, purée et pommes paille, vous fait piger que Blanc, le Georges de Vonnas, n’a pas l’exclusivité du bon poulaga. Franchement, on se râpe le Stilton, c’est chenastre à donf, une adresse à siroter avec une bimbo ou de vieux goulus du goulot. Avec le Fronholz d’Ostertag ou le Pibarnon de Bandol, Croyez-moi les camaros, c’est le top, du cachemire, du biscuit dans le bénouze!

La régalade conservatoire, 7-9 rue du Conservatoire, 75009 Paris. 0144838360. Menu-carte : 35 euros.

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.

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