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La politique monétaire mondiale au tournant (3) : les banques centrales dégaineront-elles l'arme secrète ?

Le ciblage du PIB nominal est l'outil idéal qui permettrait aux banques centrales d'enfin mettre fin à la crise. Explications.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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On l'a vu, ce qui maintient l'économie mondiale en sous-régime c'est l'inaction des banques centrales. On a vu que l'outil principal des banques centrales, les taux directeurs, est devenu inefficace parce qu'à zéro, et que dans ce cas-là l'outil principal est la communication. 

Les banques centrales peuvent-elles encore faire quelque chose ?
 
Il y a un outil que pourraient utiliser les banques : le ciblage de PIB nominal. 
 
De quoi s'agit-il ? x
 
Le PIB est la somme de toutes les transactions (ou dépenses) sur une année. Le plus souvent, les statisticiens le pondèrent du taux d'inflation pour obtenir le chiffre du PIB dit réel. Le PIB nominal mesure donc à la fois l'activité économique réelle et l'inflation. 
 
Une autre manière de dire que le PIB nominal est la somme de toute les dépenses (sur une zone et une période données) est que le PIB nominal est le produit de la quantité de monnaie et de la vélocité de la monnaie, c'est-à-dire la moyenne de la fréquence de dépense de chaque quantité de monnaie. C'est intuitif : la somme de toutes les dépenses sur une année sera égale à la quantité de monnaie disponible multipliée par le nombre de fois où cette monnaie est utilisée. Imaginons une économie avec deux personnes, Pierre et Paul, et un euro de quantité de monnaie : Pierre achète à Paul pour un euro, puis Paul utilise cet euro pour acheter à Pierre. Le PIB nominal de cette économie sera 1 (la quantité de monnaie) fois 2 (le nombre de transactions), soit 2. 
 
Pourquoi est-ce important ?
 
Parce que si le PIB nominal dépend de la quantité de monnaie et que la banque centrale contrôle la quantité de monnaie, ça veut dire que la banque centrale peut contrôler le PIB nominal. 
 
D'où l'idée avancée par de nombreux économistes de dire que la banque centrale devrait cibler publiquement un taux de croissance du PIB nominal. 
 
Pourquoi est-ce une bonne idée? Parce que c'est un mécanisme intelligent qui assure toujours les conditions optimales à l'économie. 
 
On a vu qu'il y a une complémentarité entre croissance et inflation. S'il n'y a pas assez d'inflation, il n'y a pas assez de croissance. 
 
Imaginons que le taux de croissance du PIB nominal fixé par la banque centrale soit de 5%. À rythme de croisière, ça pourrait donner 3% de croissance réelle et 2% d'inflation - conditions idéales pour un pays riche. Si l'économie passe en surchauffe, puisque le PIB nominal est plafonné, l'inflation freine et donc l'économie aussi, pour reprendre un meilleur rythme. 
 
Et que se passe-t-il dans une situation comme la nôtre, où la croissance est à 0?
 
Si le PIB nominal reste à 5%, 0% de croissance réelle veut dire 5% d'inflation. Que se passe-t-il alors ? Si l'inflation est élevée, les ménages et entreprises chercheront à dépenser leur argent qui perd sa valeur - créant ainsi de l'activité économique. L'économie reviendra alors naturellement à son rythme de croisière et l'inflation baissera à mesure que la croissance reviendra. 
 
Bref : le ciblage du PIB nominal est l'arme secrète, l'outil qui permettrait enfin de mettre fin à la crise. Alors pourquoi les banques centrales ne l'utilisent-elles pas? Suite au prochain (et dernier) épisode.

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