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La machine à détruire les emplois poursuit ses ravages en France
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Revues d'analyses financières

La machine à détruire les emplois poursuit ses ravages en France

François Hollande continue de manipuler les statistiques du chômage pour montrer que sa « performance » dans ce domaine serait moins mauvaise que celle de Nicolas Sarkozy.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Quand on parcourt les rues de Hong Kong, comme nous l'avons fait cette semaine, tout européen a envie de regarder les tableaux des changeurs qui vous proposent de vous vendre des Hong Kong Dollar contre des euros. La maison Hui Brothers dans ses différentes échoppes propose de vous donner 8,42 HKD avec un écart d'un peu plus de 5% entre le cours acheteur et le cours vendeur. En revanche, la maison Kong Fung Exchange ne vous offre que 8,10 HKD pour votre euro avec un écart entre les cours acheteur et le cours vendeur de  pratiquement 13%. C'est tout simplement 6,8% de moins que le cours officiel de 8,70 HKD. Dans l'économie réelle cela traduit tout simplement le fait que l'euro est considéré par les changeurs comme une monnaie à risque susceptible de décalages importants, comme le sont les devises des pays exotiques…

François Hollande continue de manipuler les statistiques du chômage pour montrer que sa « performance » dans ce domaine serait moins mauvaise que celle de Nicolas Sarkozy. Son procédé est vraiment primaire. Il prend en compte le nombre de demandeurs d'emplois inscrits en catégorie A à Pôle Emploi, soit ceux qui n'ont aucune activité, alors que pour Nicolas Sarkozy, il prend en compte les catégories B et C soit les chômeurs certes inscrits, mais ayant une activité réduite. Cela devrait être dénoncé haut et fort, mais malheureusement, la plus grande partie des médias, n'ose pas montrer que François Hollande ne se préoccupe plus vraiment depuis longtemps de la vérité statistique…

La liste des sociétés du CAC 40 qui vont installer leur siège social en dehors de France s'allonge encore. Après Lafarge (fusion avec Holcim en Suisse) et Alcatel-Lucent (fusion avec Nokia en Finlande) l'année dernière, c'est au tour cette semaine de Technip qui va transférer son siège social à Londres. La société fusionne avec son concurrent américain FMC. Cela est en grande partie la conséquence 1/ du débat « sur le salaire des patrons », 2/ de la taxe à 75% sur les salaires au dessus de 1M€, 3/ des plus values en capital qui sont taxées dans les mêmes proportions que le travail. On a grippé le moteur de la création d'entreprise. Inutile de rêver aux Bill Gates et autres Steve Jobs français, ceux là naissent dans les pays de liberté. En France on les tue dans l'œuf.

Avoir eu l'idée d'imposer une taxe de 3% sur les dividendes versés à leurs actionnaires par les sociétésqui réalisent plus de 50 millions de chiffre d'affaires et emploient plus de 250 salariés  relève d'une bêtise profonde dont on n'a pas finit de payer le prix.

La taxation maximale des « riches »instaurée depuis 2012, avec François Hollande a été érigée en fondement de l'action publique, ce qui a fait fuir la plupart des entrepreneurs et innovateurs dont on attend par ailleurs la création d'activité et d'emplois.

Saint Just qui disait au moment de La Terreur : « obligeons les riches à prouver leur innocence. Tous ceux qui ne le pourront pas seront déclarés coupables…. ».  C'est très exactement cet état d'esprit  qui se trouve dans les allées  du pouvoir entre les anciens trotskistes, les communistes nostalgiques, les mélanchonistes et autres qui n'ont pas renoncé à leurs idées en dépit de la brillante réussite de l'URSS et de la chute du mur de Berlin…

L'actuelle europe ne peut plus durer. On ne peut pas faire l'europe sans les peuples. Si on le fait ils continueront à se réfugier dans le populisme. C'est ce que nous montrent très bien le résultat des élections autrichiennes de cette semaine où finalement le candidat écologiste a été élu avec une très faible marge.

On ne peut plus avoir des dirigeants politiques qui privilégient en permanence le présent pour favoriser leur réélection, ce qui les empêche d'engager toute réforme qui pourrait bénéficier à leurs successeurs.

On ne peut plus avoir des hommes politiques qui comme Pierre Moscovici disent  « L'europe n'est pas chrétienne. Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l'europe ».

On ne peut plus avoir un chef de gouvernement, comme Manuel Valls qui appose la signature de la France au bas de la résolution « Palestine occupée » adoptée récemment par le Conseil exécutif de l'Unesco. Considérer que le « Tombeau des Patriarches » et la « Tombe de Rachel » sont des lieux de culte exclusivement musulmans, constitue une véritable insulte à la mémoire et à l'intelligence collective de l'humanité…

Aux Etats-Unis, l'activité manufacturière devrait rester médiocre tant que le dollar restera dans les niveaux actuels. L'observation de la consommation permet de voir que l'économie est entrée en déflation. Ce qui masque encore le recul c'est le crédit à la consommation qui profite du niveau zéro des taux.

En Chine, l'immobilier se porte plutôt bien. Les prix dans les 70 premières villes chinoises ont progressé au rythme de 13% d'un mois sur l'autre. Le problème est de savoir combien de temps cela pourrait durer si une partie du dispositif de simulation mis en place venait à être réduit. L'artillerie lourde qui avait été déployée pour relancer les investissements dans les infra structures a été efficace. Tous les hedge funds qui avaient vendu du Renminbi à découvert se sont brûlé les doigts.

Au Japon, la croissance escomptée des salaires n'est pas au rendez vous, ce qui devrait retarder la hausse de taxes qui était prévue. Pour le moment la croissance nippone s'est établie à 0,4% au premier trimestre évitant au pays l'écueil de la récession.

Les économies émergentes avaient vu leurs bourses locales rebondir de 24% depuis leur point bas de la mi-janvier. Leurs obligations avaient, de leur côté progressé de plus de 6%. Les inquiétudes sur la poursuite de la croissance pourraient faire en sorte que le mouvement s'essouffle.

La distribution a du mal dans le monde entier

L'évolution du secteur de la consommation traduit bien les incertitudes du moment. On n'est pas dans les dérives des résultats par rapport aux anticipations des analystes mais on est bien dans l'économie réelle.

En Espagne, Desigual, la marque contrôlée par Thomas Meyer en Suisse est toujours à la peine. Eurazeo détient 10% du capital. Inditex le numéro un mondial avec la marque Zara et toutes ses déclinaisons tire en revanche toujours son épingle du jeu.  En Suède, Hennes & Mauritz n'arrive pas à gérer convenablement sa transition vers le digital.

Aux Etats-Unis, les déceptions sont nombreuses avec GAP (Athleta et Old Navy), Michael Kors, Bed Bath & Beyond, Lululemon Athletica (spécialiste des vêtements pour le yoga), Dick's Sporting Goods, Aéropostale.

En Chine, des marques comme Belle (chaussures milieu de gamme) ont aussi du mal.

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