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La Hollandie en furie contre le Président ; l'Obs dans les affres de la "tentation Juppé" à gauche ; Bygmalion, BPI, France-Qatar-Arabie saoudite : révélations à tous les étages dans le Point
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Revue de presse des hebdos

La Hollandie en furie contre le Président ; l'Obs dans les affres de la "tentation Juppé" à gauche ; Bygmalion, BPI, France-Qatar-Arabie saoudite : révélations à tous les étages dans le Point

Et aussi Valeurs Actuelles et la "Poutinomania", la France de ceux qui prennent les bus, le New York de Donald Trump.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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C'est de la dynamite, ce dossier intitulé " les Liaisons Dangereuses "en couverture du Point qui passe au crible les relations entre la France et l'Arabie Saoudite d'une part, et les relations de certains politiques avec le Qatar d'autre part, à l'occasion de la sortie d'un livre de Georges Malbrunot et Christian Chesnot, "Nos très chers Emirs"(Ed. Michel Lafon).  Le mag décortique les contrats d'armements signés entre la France et l'Arabie Saoudite, et note qu'à l'inverse de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, "Hollande est aujourd'hui célébré dans la région. En 2015, il a eu droit au tapis rouge déroulé par le roi Salmane tandis que Barack Obama, lui, n'a été accueilli que par le gouverneur de Riyad à sa descente d'avion... Mais cette nouvelle relation entre Paris et Riyad a un prix : les positions de la France.  Cette dernière a ainsi discrètement donné plusieurs coups de pouce militaires à l'Arabie Saoudite dans sa guerre au Yémen. En Syrie ses positions jusqu'au-boutistes ne sont pas seulement morales (Riyad a juré la perte de Bachar)… Quant aux droits de l'homme ou la place de la femme en Arabie Saoudite, ils sont tout simplement oubliés (Riyad a exécuté 47 personnes début 2016)... Même chose pour le financement du djihadisme.  Washington est très sévère sur les flux financiers qui permettent à certains citoyens qatariens ou saoudiens de financer le djihad, et le dit aux Etats-Unis... Rien de tel en France, où les responsables politiques sont beaucoup moins en verve... Triste sort que celui d'une puissance moyenne".  Beaucoup plus sensibles, les accusations contenues dans le bouquin de nos confrères qui citent nommément certains hommes politiques français (dont on taira ici les noms ), "qui seraient à l'offensive, prêts à se vendre sans scrupules au richissime émirat gazier en échange de démentis sur les accusations de financement du terrorisme islamiste dont le Qatar est régulièrement la cible". Cela passe par les services d'une agence de communication... les cadeaux de fin d'année, le financement d'associations... Et puis ce dossier donne l'occasion au mag de dénoncer l'impunité, ou du moins la grande indulgence dont bénéficient les familles princières. Train de vie fastueux voire licencieux, mais aussi factures impayées...

Bygmalion, le retour

C'est un peu l'histoire des lampistes qui ne veulent pas payer pour les autres... "Il aura fallu attendre la toute fin de l'instruction, et l'accès au contenu de trois disques durs informatiques qui n'avaient pas été versés au dossier pour savoir que deux des principaux protagonistes du scandale partageaient le même pied à terre parisien". (Il s'agit rien moins de Bastien Millot, et de Jérome Lavrilleux, tous deux co-fondateurs de Bygmalion).  Un complément d'enquête laisse entendre que la surfacturation n'a pas uniquement servi à payer les prestataires des meetings de Nicolas Sarkozy... Rebondissements judiciaires en perspective car les avocats du directeur de campagne réclament un non-lieu pour leur client et les Républicains, "partie civile exigent une réouverture de l'instruction", alors que l'on attend l'ordonnance de renvoi en correctionnelle de tous les mis en examen, dont Nicolas Sarkozy.

Une banque (trop?) sympa pour ses cadres

La Cour des Comptes est allée fourrer son nez dans la gestion de la BPI (Banque Publique d'Investissement), créée à la demande de François Hollande.  "Constat plutôt encourageant pour les missions et les réalisations de la BPI", dotée de 20 milliards, écrit Le Point.  Mais aïe, aïe, pour le fonctionnement: 6, 6 millions pour le coût des véhicules de fonction en 2015, ("604 salariés en bénéficient pour un total d'un peu plus de 2000. . . Plus embarrassant, 9 des 10 directeurs exécutifs qui disposent d'une voiture de fonction ont parallèlement utilisé des taxis pour la modique somme de 64. 000 euros la même année".  Explication du patron de la BPI, Nicolas Dufourcq : ça ne me pose aucun problème.  Mes cadres travaillent même le week-end.  Je trouve ahurissant que la Cour des Comptes s'intéresse à ces histoires de taxis". . Ben voyons! C'est vrai qu'il y a mieux : la masse salariale a augmenté de 25% depuis la création de la Banque, "mais ce sont surtout les cadres dirigeants (-ils sont 28), qui en ont largement profité : augmentation de 23% pour la seule année 2015, après une hausse de 15% en 2014... Des augmentations contestables dans leur principe", lit-on dans le rapport des magistrats de la rue Cambon.  Pas gêné pour autant, le patron de la BPI qui argue que "son comité exécutif est en moyenne moins rémunéré que celui de la SNCF, la Poste et EDF".

Le livre? Pas un boulet, une force !

"Hollande : suicide mode d’emploi", "Les socialistes cherchent un plan B", et plus cruel encore" Hollande, le forcené de l'Elysée", quand ce n'est pas carrément "quelque chose de pourri au royaume de Hollande ".  Les news magazines sont déchainés contre François Hollande et font leurs choux gras du récit du " jour d'après", celui qui a suivi la parution de " Un Président ne devrait pas dire ça", dont les bonnes feuilles ont provoqué un séisme politique, et dont la conséquence immédiate a été l'annulation de "l'appel de parlementaires et de premiers fédéraux pour soutenir la candidature Hollande".  

L'Express donne le ton:" Jusque-là tout allait mal.  C’est alors que le pire est arrivé… le tueur est devenu son propre bourreau... "672 pages de confidences; la parole d'un président sans filtre, la vérité d'un homme débarrassé de la sacralité de la fonction.  Hollande, comme si vous partagiez la même salle de bains.  Bruno Le Roux est effondré: "Tu te rends compte qu'il a vu plus souvent ces deux journalistes que moi, alors que je dirige le groupe majoritaire à l'Assemblée?" lâche-t-il devant un camarade, tout aussi sidéré que lui.  Lequel confie : "Je viens de comprendre qu’en réalité je ne connais pas François Hollande. Non seulement la fonction ne l’a pas changé, mais elle révèle un comportement que même le premier cercle de ses proches ne soupçonnait pas".  

- Le papier de l'Obs, intitulé " Les socialistes cherchent un plan B", raconte le désarroi des militants, " qui pensent que Hollande se suicide.  Qu'il est mort.  Que c'est la fin.  Qu'il n'est pas à la hauteur de la fonction".  Et ces ministres, qui confient sous couvert de l'anonymat! Le premier : "On se demandait si c'était jouable.  Quand il parlait, ça n'imprimait pas.  Mais là, le doute est levé... Quand nous fera-t-il savoir qu'il n'ira pas ? Ou bien quand va-t-il comprendre qu'on aura tous piscine quand il voudra monter une réunion?, ou cet autre: " Ce n'est plus jouable.  Il faut trouver une sortie.  Il doit prendre le temps de comprendre que c'est "game over".  Il faut l'accompagner, au sens des soins palliatifs.  Il doit élaborer une explication à cette monstruosité, trouver le bon timing pour son annonce".  Pas sûr que ceux qui voudraient accompagner François Hollande vers la sortie obtiennent satisfaction.  Dans l'Obs toujours, il y a un écho dans la rubrique dédiée.  Il est signé de Serge Raffy, un des biographes de François Hollande, avec une photo du président qui se mord les lèvres.  On lit que le vendredi 14 novembre (le lendemain de la publication des bonnes feuilles), " François Hollande convoque quelques-uns de ses plus proches collaborateurs.  Il a la mine grave, le visage fripé par le manque de sommeil.  Ses proches comprennent que le Président a été secoué par la tempête médiatique provoquée par la parution du livre.  . .  "On a compris qu'il avait vraiment accusé le coup. . . Il nous a alors parlé de la solitude du pouvoir, que sans doute, il s'était trop replié dans son bunker de l'Elysée, et qu'il le payait aujourd'hui.  . . Pendant quelques minutes nous avons cru qu'il s'apprêtait à nous annoncer qu'il renonçait pour 2017. Il avait l'air si abattu.  Puis, il s'est repris sur le thème : un président ne renonce pas".  

Même tonalité dans le Point.  Ces 672 pages " sont vécues comme un supplice par ses derniers soutiens", insiste le mag qui cherche à comprendre comment " un homme qui n'a confiance en personne, pas même en ses conseillers, a pu passer une centaine d'heures avec deux enquêteurs qui ne sont pas connus pour retenir leur plume ?" Et le mag de dénoncer la livraison de" secrets d'Etat, rien de moins.  Il raconte avec une légèreté déconcertante son intervention auprès du Qatar pour que Canal + obtienne les droits du football, il confirme qu'il fait exécuter des djihadistes par les services secrets. . . . "Il est suicidaire, ce n'est pas possible autrement.  Ses amis ne le comprennent plus, témoigne un proche de l'un de ces ministres.  Le Foll, Le Drian, Sapin, etc.  Ils sont effondrés, effarés, fatigués, quelque part entre la stupéfaction et la lassitude.  Ils se disent juste : qu'il nous laisse finir le quinquennat dignement".  Et le Point prête ces paroles à Stéphane Le Foll, le vieil ami de François Hollande :" La question, ce n'est plus : Est ce qu'il va y aller ?, c'est :"Est-ce qu'il peut y aller ?" Depuis, Stéphane le Foll a repris ses esprits.  Le Point le compte parmi les participants au Conseil de guerre qui s'est réuni autour du Chef de l'Etat dimanche dernier, au cours duquel il a été décidé de faire " du livre qui brûle non pas un boulet, mais une force". . .  François Hollande, le forcené de l'Elysée, y croit dur comme fer "! Il fallait y penser.  En attendant, note le Point, "chacun a fait ses comptes.  Le PS ne joue plus la victoire à la présidentielle; il joue le maintien aux législatives. . . "Il faut absolument obtenir un groupe parlementaire plus important que le Front National, sinon les lepénistes seront les premiers opposants à Juppé. . . "

Et l'autre livre ?

On l'avait presque oublié: Aquilino Morelle, le conseiller de François Hollande, viré "pour cause de cireur de chaussures à l'Elysée en 2014, qui a promis de se venger dans un livre.  Depuis, on attend.  . . D'après le Point qui a enquêté auprès de son éditeur, Grasset, "Morelle a encore deux chapitres à écrire". Et un ministre "ami du président"(il faut le préciser de nos jours, affirme :" Aquilino Morelle espère faire à Hollande ce que Patrick Buisson a fait à Sarkozy. . . Encore faudrait-il qu'il en ait le talent".  En tous cas il prend son temps.  

Juppé, le barrage à Sarkozy

Vous avez dit Juppé ?? Le favori de la primaire de droite continue d'affoler les compteurs des enquêtes d'opinion et l'Obs a fait réaliser un sondage d'où il ressort que 57% des électeurs de gauche trouvent légitime de participer à la primaire organisée par les Républicains.  . . Essentiellement parce qu'ils veulent faire barrage à Nicolas Sarkozy car, "seulement 10% des électeurs de gauche voteraient pour Alain Juppé parce qu'ils l'apprécient". . . Il n'empêche, l'Obs a changé de regard sur le Maire de Bordeaux.  " Juppé, l'homme qui parle à la Gauche, qui l'eût cru ? Longtemps l'ancien Premier Ministre droit-dans-ses -bottes a incarné une droite intransigeante et jusqu'au-boutiste qui a mis la France dans la rue en 1995.  Les années ont passé" constate le mag, qui relève que " l'effondrement de Hollande le sert".  Le magazine a demandé à des électeurs de gauche, célèbres et anonymes s'ils iront voter les 20 et 27 novembre.  Par exemple l'emblématique Guy Bedos n'ira pas voter mais "face à Sarkozy, préfère que Juppé l'emporte". Quant à l'économiste Thomas Piketty " il ne l' "exclut pas... Signer une déclaration sur l'honneur selon laquelle on partage les valeurs de la droite et du centre ne doit pas être un obstacle.  Les valeurs de la République, ce sont Liberté, Egalité, Fraternité.  Ce sont aussi celles de la Gauche".

Poutine, ce héros

Tapi sous sa chapka, Vladimir Poutine est en couverture de Valeurs actuelles.  C'est le report sine die qui est à l'origine de l'enquête.  Le journal est au bord de la "poutinomania".  Il relève avec un certain amusement que "ceux qui hier n'hésitaient pas à faire le coup de poing contre les bolchos sont passés à l'Est et apparaissent, à ceux qui se refusent aux nuances, comme des néo moscoutaires. . . Le mag donne longuement la parole à ceux, de Thierry Mariani à Jacques Myard qui se disent. . . "Ni poutinolâtres ni poutinophiles.  . .  ils admettent seulement qu'un front russe est nécessaire et que Paris devrait veiller à ne pas s'aligner systématiquement sur Washington ni écrire son avenir avec un stylo américain".  On lira aussi avec une pointe d'amusement le portrait de l'ambassadeur de Russie à Paris, Alexandre Orlov. . .  

New York et l'empire Trump

Nos mags consacrent régulièrement des numéros spéciaux aux grandes capitales ; l'Express a eu l'idée originale de faire découvrir le New York des deux candidats à l'élection présidentielle du 8 novembre.  Ancienne sénatrice de l'Etat de New York, Hillary Clinton réside toujours à Chappaqua, à 45 minutes de Manhattan.  Mais New York, c'est surtout la ville de Donald Trump.  Le journal détaille l'empire ( le mot n'est pas trop fort ), Trump : Donald et son épouse habitent la Trump Tower de la 5e Avenue, au 66e étage "dans un triplex de 3000 mètres carrés, entièrement décorés de façon kitsch, de marbre rose au sol, des dorures partout et des fontaines d'eau dans chaque salle de bains.  De là-haut, le milliardaire peut admirer d’un seul coup d'œil son empire new-yorkais. . . une quinzaine d'immeubles, principalement des gratte-ciels d'habitation, comme le Trump Palace, dans l'Upper East Side, ou le Trump Park Avenue, où réside sa fille Ivanka" etc... Vous apprendrez aussi que " le soleil ne se couche jamais sur The Trump Organisation ". Hors de New York, le conglomérat possède deux hôtels à Chicago et à Las Vegas, des villas à Beverly Hills (Californie) et Palm Beach (Floride), ainsi qu'un vignoble en Virginie... Le groupe possède également 15 golfs en Irlande et en Ecosse, et 7 autres aux Etats-Unis..."

En Bref

- D’après l’Express la mairie de Paris deviendrait un lieu refuge recherche pour les futurs ex membres de cabinets ministériels, " l’un des seuls lieux de pouvoir que la gauche est sûre de conserver ". Les offres de service se multiplient.  . . C'est bien ce qui se pratiquait au temps de Jacques Chirac, non?

- L'espoir fait vivre : Le président du groupe socialiste au Sénat, Didier Guillaume, pense que "beaucoup d’élus qui assistent aujourd'hui aux meetings d'Emmanuel Macron nous rejoindront si François Hollande se représente".

- Pour paraphraser le célèbre film" ceux qui m'aiment prendront le train", on peut dire aujourd'hui que ceux qui aiment prennent souvent le bus. L'Obs célèbre à sa façon le premier anniversaire des "bus Macron" et constate que ce sont ceux qui "galèrent" qui utilisent le plus économique des moyens de transports. "La France des cars, c'est une France d'aujourd'hui, obligée de se déplacer pour aimer et pour travailler. Mais qui ne peut plus suivre les tarifs d'une SNCF devenue inaccessible.  Il n'y a pas si longtemps, le TGV alliant confort, vitesse, et écologie symbolisait une France filant vers l'avenir.  Aujourd'hui il incarne un luxe que beaucoup ne peuvent plus s'autoriser" écrit le mag qui est allé à la rencontre de ces voyageurs pour qui prendre le bus coûte quatre ou cinq fois moins cher que le train, mais reconnait que "ce moyen de transport est aussi devenu le précieux auxiliaire des parents divorcés qui s'échangent la garde des petits".

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