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La faillite c'est maintenant ? 42,3 % : le vrai chiffre du déficit de l'Etat depuis le début 2013
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Chroniques du pot aux roses

La faillite c'est maintenant ? 42,3 % : le vrai chiffre du déficit de l'Etat depuis le début 2013

Le déficit budgétaire s'est réduit en 2012, mais pas autant que le gouvernement le prévoyait. La dette a quant à elle explosé, dépassant le seuil de 90% du PIB.

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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1 – La Faillite, nous voilà !

Alors que le gouvernement, sous la houlette de l’Enfumeur en chef, sis au palais de l’Elysée à Paris, nous montre du doigt un hypothétique résultat de 3,8 %, censé figurer le déficit prévisible en 2013 par rapport au produit intérieur brut, ne faisons pas comme l’imbécile du dicton, regardons plutôt la vieille lune de ses promesses et les tristes réalités d’un déséquilibre astronomique.

Résumons-nous. Depuis le début 2013, sur quatre mois, les recettes fiscales se sont élevées à 90,8 milliards d’euros et le déficit à 66,8 milliards. Le premier collégien venu peut se livrer à deux petits calculs. D’une part, le déficit représente 42,3 % de la masse totale des dépenses lesquelles sont par construction égales aux recettes augmentées dudit déficit. D’autre part, ce fameux déficit s’élève à 73,56 % des recettes ! Curieusement, il apparaît que ce genre de rapprochement n’intéresse pas le gouvernement et les médias.

Autant dire que nous sommes d’ores et déjà en faillite. Imaginez que, sans espoir réel d’amélioration de vos revenus, vous dépensiez chaque mois 7 880 euros avec des rentrées s’élevant à 4 900 euros. Puis allez voir vos banquiers Mario et Angela. Un conseil : soyez poli !

D’où vient ce désastre ? Sur les quatre premiers mois de l'année, les recettes sont quasiment stables par rapport à la même période de 2012 malgré une hausse sensible du produit de l’impôt sur le revenu. Le coup de massue fiscal donné à la plupart des contribuables et non aux seuls « riches » produit ses effets. L’impact du gel du barème et de la suppression du régime antérieur de fiscalisation des heures supplémentaires joue à plein, au détriment des petits revenus.

À l'inverse, les rentrées de TVA, qui représentent la moitié des recettes de l'État, reculent de 2,3% du fait du ralentissement de la consommation des ménages. La collecte de l'impôt sur les sociétés baisse quant à elle de 5,8% et celle de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques de 6,1%.

Deux facteurs récessifs se liguent pour nous faire boire la tasse : la conjoncture européenne, toujours tirée vers le bas par un euro surévalué et la hausse de la fiscalité doublée d’un discours anti-riches, qui produit indubitablement un effet de Laffer. Bref, le serpent socialiste se mord la queue et blesse gravement au passage l’économie française.

Combien de temps cette saignée va-t-elle pouvoir durer ?

Quand les marchés financiers, aujourd’hui les meilleurs soutiens de François Hollande, nonobstant ses déclamations de campagne, commenceront à s’inquiéter, la pression d’une hausse des taux d’intérêt se fera à nouveau sentir.

Soit Mou-Président prend alors des mesures drastiques de baisse des dépenses publiques qui feront passer le projet hypocrite de réforme des retraites pour un conte de fée, soit il va rapidement à la crise diplomatique avec l’Allemagne, Bruxelles et nos partenaires nord-européens. Quand on parle de réduction des dépenses, il faut par exemple avoir en tête, qu’au rythme actuel, le déficit public annuel représente plus des deux-tiers de l’ensemble des traitements et pensions versés aux fonctionnaires actifs et retraités. Pour simplement rétablir l’équilibre budgétaire, il faudrait suspendre la rémunération de la quasi-totalité des fonctionnaires !

Le plan « B » caché de Hollande depuis un an était que, si les choses tournaient mal, la France pourrait tirer parti du principe « Too big to fail ». Notre faillite risquant de provoquer la fin de l’Union européenne, ce que nos créanciers ne voudront à aucun prix, ils accepteront l’émission massive d’eurobonds, en clair la création monétaire débridée.

Mais François Hollande a fait une erreur d’analyse : la France n’est pas « too big » mais « too fat ». Nous ne pouvons exercer sur le système financier mondial et les autres Européens le type de chantage que les Américains font peser avec le dollar. Quel montant de création monétaire, au bénéfice de qui et avec quels risques inflationnistes compte tenu de l’incapacité de la France à en tirer parti du fait de sa désindustrialisation avancée ? Il y a trop d’incertitudes sur le chemin rêvé par Hollande. Plus le temps passe, plus l’importance du renflouement excède les capacités de l’Allemagne et des quelques pays de l’Union qui conservent une situation à peu près saine.

Dès lors, le calendrier politique va jouer comme un nœud coulant. Plus la crise financière ouverte est différée, plus Hollande se rapproche d’échéances électorales qui vont l’affaiblir. Gérer une explosion de l’euro ou une cure drastique d’austérité aurait été tenable au lendemain de son arrivée à l’Elysée à la condition d’être préparé à cela. Mais, plus le temps passe, plus son poids politique se réduit. C’est le seul gras qui fonde en ce moment.

Entendez-vous comme un tic-tac ?

2 – Antifa-fashionistas

Il a fallu la triste et lamentable histoire de ce pauvre gamin mort à 18 ans croyant jouer aux gros bras de l’anti-fascisme pour que j’apprenne que deux groupes, addicts aux vêtements Fred Perry et aux Doc Martins, s’affrontent dans les virages des stades et autour des boutiques pour ados attardés. Il paraîtrait qu’ils sont respectivement d’extrême-droite et d’extrême-gauche. C’est plutôt à un autre type d’extrémité qu’il faut tous deux les rattacher.

La pudeur et une pensée pour la détresse des parents de Clément Méric m’interdiront d’en écrire plus, si ce n’est qu’une fois encore la palme du ridicule revient à Pierre Bergé.

Frustré de voir des centaines de milliers de « manifestants pour tous » battre le pavé parisien, il s’est lâché comme jamais, appelant lui aussi à sa petite insurrection.

Défilera-t-il en Fred Perry ou en cachemire YSL avec toutou ?

3 - Bibendum se dégonfle

Encore 730 suppressions d’emplois dans l’industrie automobile, cette fois dans le pneumatique, chez Michelin. Au même moment, Delanoë et Hidalgo vont pérorer sur les quais de Seine et la place de la République, parlant d’espaces civilisés et de reconquête piétonnière avec des trémolos dans la voix. La retraitée socialiste de 53 ans, candidate à la succession de son chef, n’a que la chasse à la voiture et aux poids lourds à la bouche. Peu importe que les gens soient au chômage et que l’automobile d’aujourd’hui et de demain soit infiniment moins polluante que par le passé. L’idéologie décliniste parée d’habits festifs diffuse son poison. Contre cette pollution, que faire ?

4 - Les deux morts de Mauroy

Les funérailles de l’ancien Premier ministre socialiste avaient quelque chose d’étrange. Et pour cause : la séquence de promesses inconsidérées, de mesures démagogiques puis de reniement vécue entre 1981 et 1984 est de retour. Avec Mauroy, ce sont les mensonges de la gauche qu’on enterrait pour la seconde fois.

5 - Clément Weill-Raynal récompensé

Certes, une mise à pied ce n’est guère agréable. Mais, seul sanctionné à ce jour dans l’affaire du Mur des Cons, non pour avoir participé à une félonie mais pour l’avoir dénoncée, Clément Weill-Raynal pourra s’enorgueillir d’être le premier décoré de l’Ordre de la lutte contre l’omerta, avec palmes syndicales. Bravo Clément

A Lire : "L'enfumeur", de Serge Federbusch (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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