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Des yeux plus ronds que des ballons et une langue qui dribble avec la Lune, histoire de ne pas prendre le Mondial de foot au sérieux…
Des yeux plus ronds que des ballons et une langue qui dribble avec la Lune, histoire de ne pas prendre le Mondial de foot au sérieux…
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Quand l’humour sarcastique tire des buts et quand les belles Suédoises jouent les pilotes : c’est l’actualité des montres en phase pentecôtiste

Mais aussi la nouvelle marque qui voudrait bien convaincre les nouveaux amateurs, la montre suisse qui y met les formes, les cinq maillons qui enchaînent une céramique bicolore et une aiguille orange qui triple les fuseaux…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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ROLEX : Si vous ne devez en porter qu’une, c’est celle-là…

Si vous ne l’avez pas encore fait, courez vite vers votre boutique Rolex habituelle pour réserver la nouvelle Rolex GMT-Master II, qui est vraiment « la » Rolex de l’année – celle qui est sur liste d’attente un peu partout dans le monde. C’est actuellement, plus que la Daytona à lunette céramique, le modèle le plus « chaud » [le plus recherché] de la marque à la couronne ! La montre reprend les codes classiques de la GMT : le disque bleu et rouge [qualifié de « Pepsi Cola » par les amateurs]de la lunette tournante est cette fois usiné en céramique, ce qui lui donne des teintes un peu assourdies. On y retrouve la quatrième aiguille qui indique le second fuseau horaire. Le mouvement automatique a été optimisé : c’est le calibre 3285 de nouvelle génération, plus fiable que jamais. Le boîtier de 40 mm a été subtilement regalbé pour gagner en élégance. Innovation de l’année : la GMT-Master II est désormais proposée avec un bracelet « Jubilé » à cinq maillons (différent du boîtier Oyster traditionnel à trois maillons). Mieux que Rolex en termes de style, d’image, de statut, de sécurité patrimoniale [c’est une des seules marques dont la valeur semble « garantie » au fil des années] etde fiabilité mécanique, c’est difficile à trouver !Surtout pour 8 500 euros, mais le plus difficile est d’en trouver une (une bonne adresse pour tenter votre chance : Rolex Étoile, 48, rue Pierre-Charron 75008 : + 33 1 47 20 48 48)…

KONSTANTIN CHAYKIN : Footballistiquement vôtre !

Pas plus que les montres ne servent à donner l’heure, le football ne sert à marquer des buts ! C’est un prétexte géopolitique, une idéologie, une langue de communication internationale, une fête, un bal masqué où tous les coups sont permis, surtout les plus insolites. Le plus suractif des jeunes créateurs horlogers russes, Konstantin Chaykin, vient ainsi de tirer parti du prochain Mondial de football, qui se jouera en Russie cet été, pour faire un pied-de-nez aux convenances horlogères et rendre un hommage sarcastique au ballon rond. Les yeux de sa montre Joker-Soccer indique les heures (à gauche) et les minutes (à droite) par leur repère noir, alors que la « langue » footballistique qui se déplace dans la « bouche » de la montre affiche les phases de la Lune tout au long du mois. Même le bracelet est surpiqué dans le style des ballons de football. La montre (42 mm) est en bronze et son cadran guilloché réalisé selon les canons de la tradition suisse (finitions, polissage, etc.). Le mouvement mécanique est lui aussi d’origine suisse. On pouvait s’y attendre : cette montre est proposée en série limitée à… 11 exemplaires, comme toute équipe de football qui se respecte ! On se moque du monde ? Effectivement, mais c’est volontaire, narquois et l’effet est garanti au poignet pour une poignée de milliers d’euros…

BAUME : La nouvelle marque qui veut convaincre les milléniaux…

C’est la marque dont on parle le plus cette semaine, même si ce n’est pas la plus convaincante. Le nom de « Baume » rappelle celui de Baume & Mercier : c’est normal, puisque Baume tout court est une sorte de « marque B » dérivée, une ligne expérimentale ou une sous-collection de la maison suisse Baume & Mercier, qui veut en faire une plateforme de communication avec les nouvelles générations. Les prix sont accessibles (entre 500 et 1 000 euros), au besoin avec quelques entorses au Swiss Made traditionnel de la marque, Swiss Madedont on sait désormais qu’il n’a aucune importance aux yeux des générations milléniales visées par Baume. Les montres sont fières de leur design post-minimaliste et elles sont faciles à personnaliser : elles rassurent par leur message fortement structuré autour de valeurs environnementales plus « éthiques » [nous jure-t-on] que celles des marques suisses traditionnelles, avec tout ce qu’il faut d’économies d’énergie, de matériaux « naturels » d’origine non-animale et de capacités de recyclage. La belle âme affichée par Baume aurait tendance à nous cacher des visées plus mercantiles : c’est, pour le groupe Richemont (propriétaire de Baume & Mercier), une tentative de mettre un pied dans la distribution en ligne et sur un segment de prix dont le groupe n’a pas l’expérience. C’est aussi un moyen de tester la réactivité d’une nouvelle génération d’amateurs qui ont assuré le succès de marques comme Daniel Wellington sans paraître le moins du monde intéressés par les marques traditionnelles du luxe horloger statutaire. Pas sûr que la manœuvre soit vraiment convaincante pour des milléniaux qui ont le chic pour repérer et stigmatiser les (très) grosses ficelles du marketing des vieilles références du luxe…

SIDUNA : À nous les belles Suédoises…

Encore une nouvelle marque, inspirée cette fois par d’anciennes références (disparues) de l’horlogerie scandinave et très marquée par les codes militaires de l’âge d’or des chronographes mécaniques, avec la volonté de maintenir les prix à des niveaux accessibles (sous les 3 000 euros). Voici donc Siduna (le nom reprend celui d’une maison d’horlogerie danoise oubliée), dont les mouvements automatiques au quart de seconde sont suisses et qui reprennent le style résolument vintagedes anciennes montres de pilote (deux compteurs, poussoirs « champignon », cadran de type réglementaire avec ses marquages luminescents). Le résultat final est assez proche des chronographes que l’armée de l’air suédoise avait commandé à différentes marques suisses (dont Lemania) dans les années 1970. Siduna a même réhabilité la fonction « retour en vol » (retour à zéro instantané du chronographe) qui était de rigueur sur les montres de l’époque. Si le boîtier est de taille respectable (42 mm), les montres ont la politesse d’être assemblées en Europe du Nord – et non en Chine – selon les méthodes de travail de l’horlogerie helvétique. Ça donne confiance, d’autant que le designer a été formé dans une manufacture suisse comme Longines, qui a fini par ne plus recréer que des montres inspirées par son patrimoine !

DAVID DAPER : Une montre suisse qui sait y mettre les formes…

Dans la veine du minimaliste rétro-nordique, on voit se consolider un retour aux boîtiers plus carrés. La nouvelle marque Swiss Made David Daper adopte un parti-pris légèrement plus rectangulaire, avec des cadrans marqués par le style Apple Watch et des bracelets en maille milanaise on ne peut plus tendance. Les tailles de cette collection Time Square sont modestes (38 mm pour les garçons, 34 mm pour les filles) et la qualité de fabrication impeccable pour les prix volontairement contenus autour des 150-170 euros (mouvements à quartz suisses). Des montres emblématiques d’une nouvelle offre émergente en Suisse, où on se préoccupe enfin de répondre à la demande d’une nouvelle génération urbaine qui ne se prend pas assez au sérieux pour se contenter des montres très « sérieuses » [et pas amusantes du tout dans leur pompe statutaire] des générations précédentes. Impossible de ne pas trouver son bonheur avec les différents styles de boîtiers, de bracelets et de cadrans proposés…

BELL & ROSS : La fonction qui crée l’élégance de la forme…

Le style Bell & Ross, c’est de repérer, de capter et d’interpréter avec une touche « française » les grands thèmes de l’horlogerie traditionnelle à la suisse. Ainsi avec cette BR V2-93 GMT, qui est proposée autour des 3 000 euros, alors qu’il ne lui manque rien si on la compare aux autres montres GMT du marché du luxe : irréprochable bracelet à maillons d’acier (version caoutchouc disponible : c’est moins cher), touche orange de l’aiguille GMT qui va permettre d’afficher trois fuseaux horaires en jouant avec la lunette bidirectionnelle bicolore (noir pour la nuit, gris pour le jour), grands chiffres blancs pour une lisibilité tout-terrain à toute heure, mouvement automatique suisse, élégance très frenchie du boîtier de 41 mm très joliment dessiné et réputation grandissante d’une marque française qui sait tenir la dragée haute aux majors de l’horlogerie suisse. Les grands voyageurs qui ont besoin de jongler avec les fuseaux horaires vont avoir du mal à se passer de cette GMT de dernière génération…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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