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Dans "Chroniques de la guerre sur mer", Dino Buzzati raconte son passé de correspondant de guerre
Dans "Chroniques de la guerre sur mer", Dino Buzzati raconte son passé de correspondant de guerre
©REUTERS/Benoit Tessier

Atlantico Lettres

Il faut lire le soldat Buzzati !

Quand le romancier italien endossait l’uniforme du correspondant de guerre.

Jacques Aboucaya

Jacques Aboucaya

Écrivain et journaliste, dernier ouvrage paru : “Éloge de la trahison” au Rocher.
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Pour la plupart, Buzzati, c’est “Le Désert des Tartares”. Il lui apporta la célébrité dès sa publication, en 1940. Adapté au cinéma en 1976 par Valerio Zurlini, il fournit à Jacques Perrin l’un de ses meilleurs rôles. La réputation du roman s’en trouva encore accrue, dans le monde entier. Moins nombreux ceux qui connaissent “Le K”, recueil de nouvelles attachantes où le fantastique joue un rôle éminent. Auteur de fictions, donc. Mais aussi, même si on le sait moins, journaliste que l’effondrement du fascisme laissa un temps désemparé, comme bien d’autres de sa génération. D’où, peut-être, l’obscurité où fut longtemps tenue cette part de son activité. Inédites chez nous, ces Chroniques révèlent donc le correspondant de guerre qui, de 1940 à 1943, envoya au Corriere della Sera des articles réguliers. Ils relatent les batailles navales entre les flottes italienne et britannique, le long des côtes siciliennes, dans le golfe de Syrie et jusqu’à la mer Égée. Des affrontements qu’il vit « de l’intérieur », depuis les croiseurs Fiume et Trieste, puis à bord du Gorizia. Qu’il observe et relate avec force détails. Un vrai talent de reporter. Attentif aux faits, aux événements, mais aussi aux hommes qui les vivent. A leurs angoisses, à leur courage. Capable de recréer une atmosphère, de la rendre tangible. Un réalisme vétilleux. Une guerre qui, cette fois, n’est plus fantasmée, mais recèle son lot d’horreurs et d’actes héroïques. Un théâtre d’opérations bien réel, lui aussi. Fait remarquable, ces notations débouchent souvent sur une sorte de merveilleux. Tel est le miracle de la littérature. Elles en acquièrent un intérêt accru. Difficile d’y demeurer insensible. J.A.

"Chroniques de la guerre sur mer", de Dino Buzzati, traduction de l’italien, préface et notes de Stéphanie Laporte, Les Belles Lettres, 354 p., 23,90 €. 

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.

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