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Hommage à Jonny Wilkinson : The Perfect Gentleman
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Hommage à Jonny Wilkinson : The Perfect Gentleman

Jonny Wilkinson a terminé sa carrière en apothéose avec un titre de Champion de France remporté samedi avec le RC Toulon. Hommage à un joueur d’exception et à un vrai gentleman comme seule l’Angleterre sait en produire.

Hugo Jacomet

Hugo Jacomet

Fondateur et éditeur de "Parisian Gentleman", Hugo Jacomet est une plume reconnue dans le domaine du style masculin.

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J’aime le rugby. Passionnément.

Très tôt en effet, mon père m’a enseigné et transmis sa passion pour ce sport de combat si particulier, pour ce jeu de voyous joué par des gentlemen.

Lorsque j’étais gamin, les jours de tournoi des cinq nations étaient des jours spéciaux pour nous et le résultat du match du week-end décidait souvent de l’ambiance à table pour au moins deux jours.

Quand nous remportions un match, le week-end était radieux bien sûr, mais lorsque l’Ecosse d’Andy Irvine, l’Irlande du « doc » Kennedy, le Pays de Galles de Gareth Edwards ou, pire, l’Angleterre de Bill Beaumont nous mettaient une raclée, le moral était au plus bas et mon père pestait pendant des heures sur l’arbitre qui n’avait pas vu ce talonnage à la main, ce hors jeu en mêlée ouverte ou ce plaquage haut sur Jean-Michel Aguirre…

D’ailleurs les grands noms des idoles galloises des années soixante-dix résonnent encore dans ma mémoire comme si c’était hier  : le maître Gareth Edwards bien sûr, mais aussi l’orfèvre Bary John,  le grand Phil Bennett son successeur, le valeureux Mervyn Davies (R.I.P)  ou encore le fantasque J.P.R. Williams. Des montres de flair, d’intelligence, de bravoure et de classe, mais aussi, et surtout, d’authentiques gentlemen.

(crédit L’Equipe Sport & Style)

Sir Jonny Wilkinson fait partie des rares joueurs, comme peut-être Jean Pierre Rives à son époque en France et, plus récemment, Brian O’Driscoll en Irlande, qui sont entrés au Panthéon de ce  sport alors qu’ils étaient encore en activité.

Et alors qu’il vient tout juste de remporter le Bouclier de Brennus pour le dernier match de sa somptueuse carrière, je souhaite, comme énormément de gens en France et au Royaume Uni,  rendre un hommage appuyé à ce joueur, mais aussi à cette personnalité hors-normes qui force le respect par son talent bien sûr, mais aussi par son attitude sur et en dehors du terrain, sa discrétion quasi maladive , son dévouement légendaire et son élégance d’homme, dans le sens le plus entier du terme.

Tous les amateurs de rugby et même ceux (et celles !) qui ne s’intéressent que de loin à ce sport, ont en effet été frappés par le comportement en tous points exemplaire de Wilkinson tout au long de sa carrière.

Je me rappelle ainsi avoir vu maintes fois Sir Jonny, tout juste arrivé à Toulon, faire fi de son statut de super-star planétaire et s’occuper des bouteilles d’eau sur la touche pour ses camarades faisant de lui le « water boy » le plus célèbre de l’histoire du rugby.

Je me souviens aussi avoir vu souvent Jonny Wilkinson s’excuser auprès de ses adversaires pour un plaquage un peu dur ou auprès de ses partenaires pour un coup de pied pas aussi parfait qu’il l’aurait souhaité, faisant de lui l’incarnation idéale des valeurs de combat, de respect et de partage de ce sport unique au monde.

(crédit L’Equipe Sport & Style)

En 2003, il crucifie l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du Monde en inscrivant les 24 points du quinze de la rose et devient le bourreau des espoirs français et l’artisan principal du premier titre de champion du monde remporté par un pays de l’hémisphère nord.

C’est à cette occasion qu’il sera élevé par la reine Elisabeth au rang d’Officier de l’Empire Britannique (OBE), faisant de lui le plus jeune sportif à obtenir cette distinction honorifique outre Manche.

Dix ans plus tard, le bourreau s’est transformé en idole et les français (de Toulon et d’ailleurs) lui vouent aujourd’hui une véritable adoration.

Il y a quelques mois, nous avons publié dans les colonnes de Parisian Gentleman un très beau texte de 1857 intitulé "what is a gentleman ?", extrait du livre The Idea of a University de John Henry Newman (voir le texte original en anglais ici : The Man behind the Clothes). 

Ce texte magnifique, simple et raffiné prend tout son sens lorsque nous évoquons la personnalité de Sir Jonny Wilkinson.

Extraits :

“It is almost a definition of a gentleman to say he is one who never inflicts pain. This description is both refined and, as far as it goes, accurate. He is mainly occupied in merely removing the obstacles which hinder the free and unembarrassed action of those about him; and he concurs with their movements rather than takes the initiative himself…/… He never speaks of himself except when compelled…/… 

L’on pourrait définir un gentleman en disant de lui qu’il ne fait jamais souffrir les autres. Cette description est à la fois raffinée et précise. Le gentleman est en effet principalement occupé à simplement éliminer les obstacles qui entravent l’action libre de ceux qui l’entourent. Et il accompagne leurs mouvements plutôt que de prendre l’initiative lui-même…/… Et il ne parle jamais de lui-même sauf lorsqu’il y est contraint… 

Jonny Wilkinson est certainement l’un des plus grands joueurs de rugby de tous les temps.

Mais c’est aussi, et surtout, un "perfect gentleman".

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