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Google devient "social" en lançant Google + et ses fonctionnalités de réseau social.
Google devient "social" en lançant Google + et ses fonctionnalités de réseau social.
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Revue de blogs

Google Plus ou Google Trop ?

Google devient "social" en lançant Google + et ses fonctionnalités de réseau social. Toute la blogosphère tech parle d'un combat de titans entre Facebook et Google. Mais si l'on prenait la peine de demander aux fourmis sociales du Web - nous tous - ce qu'elles en pensent, il pourrait en sortir une certaine lassitude.

Les internautes semblaient tellement installés dans leur Vallée des Rois, avec le monstre Facebook sur leur gauche (750 millions d'abonnés, à peu près), l'historique Mont sacré Google sur leur droite, et le torrent Twitter au milieu, que rien de nouveau ne semblait plus se passer depuis des siècles, c'est à dire un an. Google + arrive à la veille des vacances avec des promesses de  bouleversements  sismiques. Les blogueurs "tech" ont enfin une grande joie, une grosse prise  à dépiauter, un combat de deux Goliath, Facebook contre Google+. Ils sont aux anges.

C'est quoi, Google + ?

Capture écran de CatsPyjamasnz sur Flickr

C'est  une affaire de "cercles". La "révolution" Google + est la possibilité de faire glisser des contacts de votre carnet d'adresses de la messagerie de Google, Gmail, dans différents cercles puis de les organiser en fonction de l'importance de la relation : ami, famille, connaissance, autre. Ou de créer autant de "cercles" que l'on désire, pour  réunir des personnes autour d'une tache collaborative ou un intérêt commun. De là, comme sur Facebook, il est possible de partager avec l'un  ou plusieurs des cercles, des photos, des liens, des vidéos. D'organiser des "bulles" c'est à dire des vidéo-chats impromptus avec une ou plusieurs personnes. De faire de même sur son téléphone mobile. Et beaucoup d'autres choses par le futur, promet Google.

Les mastodontes des blogs tech, comme Mashable, en font un débat central.  Facebook ou Google +? Les créatifs et les geeks sont de toute évidence pour le second, contents de virtuellement botter les fesses de Facebook, forcément antipathique à force d'obésité et de succès.

Cette illustration sur la page Google + de Christian Nass, a été partagée 554 fois.
Le logo jaune est celui de la poste allemande

Gif animé anti-Facebook, partagé par Mashable

Image gif de Marc Dong sur le compte Google + de  Darek Wu

Les "Y croient"

Petit Web a interrogé un converti évidemment sûr que "Google Plus va enterrer Facebook", et particulièrement séduit  par une approche plus respectueuse de la confidentialité, le gros talon d'Achille de Facebook, installé dans une image de prédateur de données. 

"iI faut décider quels Cercles de contacts auront accès [à nos informations]. Facebook et Twitter sont incapables, philosophiquement et structurellement, de nous apporter finesse, et simplicité de gestion de l’accès à l’information que nous publions. Pour preuve ? L’utilisateur peut à tout moment retirer les infos qu’il a posté, et les télécharger via la fonctionnalité Libération des Données.Dans ce duel, Google s’est armé d’arguments très sérieux, dont le principal est la transparence."

Le journal du Geek , un autre "pour", pointe les erreurs stratégiques de Google qui n'a pas su ou mal su prendre le virage du "social web', puis confesse:

"Ceci est un clair « disclaimer »: J’aime Google. J’aime leurs produits, que j’utilise au quotidien. J’aime leur approche. J’aime leurs doodles et autres délires gratuits. J’aime l’ambiance doux geek qui s’en dégage. J’aime leur logo d’un autre temps, j’aime l’absence de spectaculaire à tout prix.J’aime enfin leur envie de dépasser leur condition de moteur de recherche et moteur de pub, de se savoir en danger, de se réinventer sans toutefois se trahir.[...]Beaucoup pensent que [renverser Facebook], c’est infaisable.Mais je mise sur le contraire".

"Je peux tout expliquer" Illustration Alx,  sur son blog

Les "N'y croient-pas":

Actuchiffres est plus que sceptique : "Je pense que Google+ va n’être qu’un effet de mode et que tôt ou tard devant le peu de gens qui basculeront réellement sur ce nouveau réseau social, les plus curieux reviendront à Facebook 2 – Google arrive peut-être trop tard pour faire changer les habitudes déjà prises des habitués non technophiles…3 – Gérer ses relations sur Facebook c’est déjà pas facile, alors sur 2 réseaux sociaux en même temps… 4 – Google+ ? Kézako ? Quel public atteindra le réseau social de Google, certainement pas ma grand-mère".

Il se pourrait bien que le duel Google-FB illustre une nouvelle lutte de classes en ligne. D'un côté, des initiés, des CSP+ ,l'aristocratie du Web ayant du temps et les compétences pour se consacrer à de tels tests et des réflexions. De l'autre, des internautes souvent initiés au Web social par Facebook, et qui n'en demandent pas plus.  Maniac Geek s'en est rendu compte."Google + "n'est pas pour Mme Michu" : "Hier j’ai fait un test, j’ai publié un article [sur un blog] en expliquant comment être invité sur Google et j’ai reçu de nombreux commentaires. Ensuite, j’ai fait la même chose sur Facebook et vous savez quoi ? Aucune réaction ! Je peux dire sans aucun préjugé que mes contacts sur Facebook sont du grand public, ce sont des personnes qui partagent des trucs avec leurs amis intimes et la plupart de leurs statuts sont du genre Comment ça va ?  ou encore Joyeux anniversaire"..

Dans "Les moins de Google +", Jordi a aussi remarqué que Tel Aviv et Santiago du Chili étaient bien plus intéressés par Google + que Los Angeles ou Londres. L'un des facteurs de réussite est aussi une adhésion universelle. Or, elle n'est pas acquise dans toutes les cultures, et le moindre onglet mal adapté peut devenir un facteur d'échec ou de réussite. Au Japon, Facebook n'a pas de résultats fabuleux à présenter, la catégorisation en "amis" étant si lourde de sens local pour les Japonais qu'ils ne souhaitaient pas s'engager à vie, ainsi que leur nom et leur famille, à devenir amis de presque inconnus, dans la vraie vie comme sur Internet. En revanche, Twitter y a été adopté, car "suivre' ou "être suivi' n'engage à rien.

Sous les cercles, d'énorme enjeux

Sur Youtube, "Clement  Toulemonde", un ingénieur français employé de Google a pris la liberté de communiquer directement dans une vidéo sur le business plan de Google + et la feuille de route interne : Google +, c'est "Le lien entre tous les produits Google, et pas seulement un produit social". Neuf minutes de tour d'horizon en vidéo, pour initiés, qui devrait intéresser les publicitaires et les professionnels dont les revenus dépendent des clics, des "J'aime" ou des "+1" (l'onglet-référence de Google +), soit au final énormément de monde...


[note de la rédaction, cette video a été mise en privé mardi matin]

Beaucoup de "vieux routiers" du Web veulent y croire, mais mettent aussi en garde contre la surchauffe médiatique actuelle. Qui se souvient encore de Wave, un produit Google, ou de Yahoo Pipe, une création de Yahoo, ou du Microsoft du siècle dernier, alors empire du mal informatique ? My Space, autrefois le "réseau des réseaux" sociaux, acheté 580 millions de dollars en pleine euphorie, a été revendu...35 !

Le vrai souci des réseaux sociaux en ligne, depuis qu'ils sont au cœur de trop d'enjeux pour trop d'intérêts financiers, est peut-être qu'ils sont maintenant devenus des réseaux de grande consommation. Découvrir un matin que  La Redoute vous suit sur Twitter n'est plus fait pour enchanter votre vie en ligne.
 

Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, en visite sur Google +
(capture d'écran Journal du Geek)

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