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Extrémistes de gauche et de droite croient-ils vraiment en leurs propres balivernes ?
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Crise de foi

Extrémistes de gauche et de droite croient-ils vraiment en leurs propres balivernes ?

Leaders et pamphlétaires de la droite radicale ou de la gauche ultra-orthodoxe rêvent-ils réellement de vivre dans les dystopies pour l'avènement desquelles ils militent ? La réponse n'est pas dans l'article.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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OK, OK, ne vous inquiétez pas, je ne vais pas en remettre une couche sur la nécessité d'aller voter même si c'est le jour des sermons –à ce stade, ça n'aurait plus beaucoup de sens– mais plutôt partager une interrogation avec vous.

Je me flatte d'être un type raisonnablement intelligent, voyez-vous... En tout cas, je sais utiliser Windows 10 quelques semaines à peine après sa sortie et j'ai lu pas mal de grands auteurs, ce qui est au moins un commencement de preuve, mais je ne parviens pas à me déterminer de façon définitive sur les motivations des leaders d'opinion extrémistes qui servent de surmoi à la gauche "normale" autant qu'à la droite "standard".

Les Marine Le Pen, les Florian Philippot, les Renaud Camus d'une part, les Olivier Besancenot, les Clémentine Autain, les Edwy Plenel d'autre part, eux aussi au moins aussi raisonnablement intelligents que moi (accordons-leur le bénéfice du doute même s'ils sont peut-être sur Mac, qui est plus facile à utiliser), pensent-ils vraiment, en leur for intérieur, toutes les conneries objectives qu'ils débitent de meetings en tribunes et d'éditos en pamphlets ?

C'est sûr, il y a toujours la dimension purement égotiste du désir d'exister, de compter, de peser sur l'opinion de ses semblables en énonçant des idées qui décoiffent. L'ambition pure et simple, quoi. C'est humain, après tout : tout le monde veut être aimé, admiré, respecté. Moi le premier. 

Mais est-ce que Marine Le Pen, cette grosse nana truculente et certainement bonne camarade le week-end, rêve vraiment –je veux dire vraiment vraiment– de lever une armée de sans-emplois désabusés et d'ex-skinheads en costume-cravate pour prendre le pouvoir et transformer la France en un petit machin provincial et rabougri où tout le monde va à la messe, ne mange que du jambon et fait 15 gosses parce que le planning familial a fermé et qu'il faut bien occuper les femmes renvoyées dans leurs foyers pour réduire le chômage de toute manière ?

Elle pense ça pour de bon, la Marine ? Et la perspective de réussir ne lui fiche-t-elle pas un peu les jetons, en vérité ?

Et Autain ou Plenel, lorsqu'ils font du gringue aux islamistes, passent le féminisme, la lutte contre l'antisémitisme ou la laïcité par profits et pertes, défendent les pires crapuleries, ils sont sérieux ? Lorsqu'ils nous serinent à quel point être blanc, européen et non totalement hostile à l'économie de marché fait de nous des impérialistes esclavagistes (en substance s'entend, il s'agit d'exagérations intentionnelles destinées à appuyer mon argument de façon plaisante, pas de diffamation, je dis ça pour éviter la correctionnelle), est-ce que c'est une conviction ou juste une posture ?

Est-ce qu'ils rêvent vraiment d'un pays sans passé, où une bonne femme sur deux porterait la burqa et marcherait cinq pas derrière son barbu de mari pour se rendre au magasin d’État ayant désormais le monopole de la distribution alimentaire (j'exagère toujours, on se calme !) ?

Franchement, je n'en sais rien. Peut-être qu'ils y croient vraiment après tout. Ou pas. Peut-être que c'est juste leur truc et que les conséquences potentielles de leur baratin sur le monde réel, ils s'en contrefichent. Ou peut-être que je ne suis finalement pas si intelligent que ça, en fait, et que ça me dépasse même si je suis super à l'aise avec Windows 10 (alors que je n'ai même pas d'écran tactile et que je fais tout au clavier et à la souris).

Allez savoir. Bah, j'attendrai la sortie de Windows 11 pour me faire une religion et on en reparle.

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