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Et sinon, à part prendre des photos du jardin des voisins, à quoi les drones peuvent-ils nous être utiles ?
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La minute tech

Et sinon, à part prendre des photos du jardin des voisins, à quoi les drones peuvent-ils nous être utiles ?

Guide des athlètes aveugles, aide aux pompiers, surveillance des lignes hautes tensions... La compétition "Drones for good", qui a lieu à Dubaï, vise à faire émerger des applications réellement utiles liées aux drones, en offrant au vainqueur un million de dollars. Initialement dédié aux loisirs, ces machines sont de plus en plus utilisées à des fins pratiques.

Jean-Philippe  Culas

Jean-Philippe Culas

Jean-Philippe Culas est président de SAS CM Drones Aéronefs télépilotés autorisés DGAC. Photocoptere ® - SkyRobot ® - C'maCam prod ® Maison des Microtechniques.

La SAS CM Drones est une start-up de Besançon qui est spécialisée dans le développement de drones et de sous systèmes pour les drones sous la marque SkyRobot. Lauréate du concours Erdf "réseaux intelligents" dans la catégorie de surveillance et contrôle des réseaux aériens, CM Drones travaille également au développement des systèmes de demain pour équiper les forces de l'ordre, les sauveteurs et les militaires. La société effectue aussi des prestations techniques et audiovisuelles avec ses multicopteres sous la marque PhotoCoptere. (Tel 03 81 25 09 01 ou [email protected] Site web www.photocoptere.fr)

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Atlantico : Quelles sont les drones les plus vendus actuellement : les drones de loisir ou les drones dits "utiles" ?

Jean-Philippe Culas : Le drone a d'abord été un objet de loisir avant d'être objet professionnel. Pour le moment, ce sont vraiment les drones de loisir qui sont le plus vendus sur le marché. Le leader du secteur DJI a écoulé un million d'exemplaires du drone "Phantom" en trois ans par exemple.

Néanmoins, on constate clairement l'émergence d'une demande de plus en plus forte de drones utiles.

Chez nous, les demandes augmentent sans cesse et notre chiffre d'affaire double chaque année, voire plus. Les investisseurs voient en nos sociétés un nouvel El Dorado, après la téléphonie mobile. On est sur des phases de progression similaires à ce qu'on trouvait dans la téléphonie mobile dans les années 80.

D'ailleurs, si de grandes entreprises comme ERDF ou des villes comme Dubaï organisent ce type de concours, ce n'est pas pour rien, c'est pour s'accaparer ces nouvelles technologies.

Votre entreprise est dédiée uniquement au développement des drones utiles. Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Par exemple, ERDF nous aide en ce moment à développer un drone destiné à surveiller des lignes moyennes tension. Cette nouvelle technologie permettra de filmer et de rapporter des images, mais aussi, dans un futur proche et grâce à des bras motorisés greffés sur ce même drone, à s'accrocher quelque part ou à faire un mouvement bien particulier à l'approche de quelque chose. On peut dès lors imaginer que ce futur drone pourra contrôler l'état d'un écrou sur les tours relais des télévisions par exemple, et le serrer avec une clef si besoin, la où d'habitude on envoie des cordistes escalader les tours pendant au moins une heure, et ce par tous les temps.

Nous travaillons également sur des capteurs qui permettront de venir en aide aux pompiers. On peut imaginer un camion de produit chimique renversé sur une autoroute. Là où on envoie à l'heure actuelle dans ces cas là deux hommes équipés de combinaison et de capteurs en tout genre, au risque de leur vie, car il peut y avoir une explosion à tout moment, on mettrait en place un périmètre de sécurité et on y enverrait un drone avec un capteur qui saura lire les informations qu'il y a sur les plaques obligatoires pour les poids-lourds qui transportent des matières dangereuses, et ensuite faire un relevé odeur et toxicité de la zone qui pourra être analysé dans un laboratoire mobile un peu plus loin.

Quels sont, selon vous, les drones les plus utiles dans la liste ci-dessous des finalistes du concours "Drones for good"?

- Un drone qui répand de l’insecticide contre la mouche tsé-tsé en Afrique ;

- un drone pour détecter les radiations nucléaires, par exemple après un accident comme Fukushima (AARM drone, université de Bristol) ;

- un drone-téléphone : si l’on se retrouve bloqué au fond d’un précipice et qu’il n’y a pas de réseau pour appeler des secours, l’engin va lui-même tenter de contacter des sauveteurs (SaveMe drone, Grèce);

- un drone pour guider les athlètes aveugles (Guidedrone, USA) ;

- Loon Copter : capable de voler, glisser sur l’eau et plonger comme un sous-marin.

Les deux derniers drones de la liste sont vraiment les plus innovants. Celui destiné à guider les athlètes aveugles (Guidedrone, USA) est un projet vraiment utile et intelligent. Mais c'est surtout le drone qui sait voler, glisser sur l'eau et plonger comme un sous-marin qui est révolutionnaire en termes de sécurité et d'espionnage. Nous, on y pense depuis des mois. Le jour où ce drone va sortir, c'est évident que les pays en guerre se l'arracheront, car même si le drone envoyé en zone adverse est détruit avant de revenir, il aura déjà envoyé ses images.

Pour le reste, c'est soit du déjà-vu (le drone qui répand de l’insecticide contre la mouche tsé-tsé en Afrique et le drone pour détecter les radiations nucléaires), soit quelque-chose d'à mon avis très difficilement utilisable : pour sortir un drone-téléphone lorsqu'on est au fond d'une crevasse, le pilotage de l'engin me semble vraiment trop ardu.

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