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Grand large

Entre volcans et saumons : voyage d’exception au Kamtchatka

A l’extrême nord-est de la Russie, la péninsule du Kamtchatka est l’un des endroits les plus sauvages du monde, où l’on explore des volcans actifs et où l’on pêche variétés de saumons.

Les volcans de l’Extrême Orient

Pour en savoir plus sur la Russie, rendez-vous sur le site de Peplum.com.

Quand on a le goût de l’aventure, on n’hésite pas une seconde. On file au Kamtchatka, à l’exploration des volcans. A l’extrême est de la Russie, la presqu’île du Kamtchatka est l’une des zones les plus volcaniques du monde. Directement située en face de l’Alaska, la région était très stratégique durant la guerre froide et donc très inaccessible. Aujourd’hui, l’accès y est (un peu) moins difficile, et ces voyages d’exception sont très prisés des amateurs de volcans.

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A neuf heures de vol de Moscou, Petropavlovsk-Kamachatsky (Saints-Pierre-et-Paul du Kamtchatka, en russe). La cité portuaire, principale ville de la région, est le point de ralliement obligatoire avant de se lancer dans l’exploration des volcans. Scruter l’horizon suffit pour entrer dans le vif du sujet. La ville est en effet bordée de deux grands volcans : le Koriakski (3 456 m) et l’Avatcha (2 741 m). Actifs, ils sont toutefois muets depuis plusieurs décennies. Au départ de Petropavlovsk, il faut plusieurs heures, à bord d’un camion tout terrain, pour s’approcher des premiers cratères. Les routes sont difficiles, et là où le 4x4 ne passe pas, un véhicule à chenille prend le relais. Jusqu’à un campement, où c’est un hélicoptère qui attend les aventuriers.

Direction le Mali Semliatchik, à 1 653 mètres d’altitude. Après plusieurs survols, l’hélico se pose au bord d’un cratère baigné d’une impressionnante eau turquoise. La première randonnée du voyage se tient dans un décor tant divin qu’apocalyptique. Plusieurs ascensions sont possibles dans la région. Comme celle du Goreli (1 829 m) qui mène vers un double cratère où reposent deux petits lacs acides. Ou celle du Tolbatchik, dont la caldeira, à plus de 3 0000 mètres d’altitude, ouvre un double panorama exceptionnel, sur une vallée désertique d’un côté et sur son cratère d’un kilomètre de large de l’autre.

Mais la montée que l’on se réserve, c’est celle du Kiloutchevskoï, le plus envoûtant de tous. Du haut de ses 4 835 mètres, c’est le point culminant de la péninsule. Né il y a 6 000 ans, le Klioutchevskoï est vu d'un très mauvais œil par les Kamchadais, alias Itelmènes, l’ethnie du coin. La légende raconte que des esprits, nommés Gomouly ou Kamouli, s'amuseraient à semer des cadavres de baleines derrière eux après s'en être repus. Sordide.

 Le mythe n’a pas effrayé l’alpiniste Daniel Gauss et deux de ses acolytes, qui le franchirent pour la première fois en 1788. Un exploit que n’ont pas réussi les victimes de l’expédition de 1931, tuées par des projections volcaniques.

Gardant bien le premier exemple en tête, on avance le long d’une allée de bouleau, dévoilant, au fur et à mesure, son imposante silhouette et ses flancs verdoyants saupoudrés de neige. L’édifice marron, vert et blanc se dégage majestueusement dans la clarté d’un ciel pur. Une auréole de fumerolles nimbe son sommet. La motivation est là. A peine franchis les premiers mètres, on sent la température augmenter. C'est alors qu'un nuage de fumée perce l'horizon. Que faire ? Continuer ou reculer ? Quand on a le goût de l’aventure, on n'hésite pas une seconde. La tentation est trop forte pour pouvoir être contournée. 

Les saumons du Kamtchatka

Pour en savoir plus sur la Russie, rendez-vous sur le site de Peplum.com.

“Comment voyager avec un saumon ?” se demandait un certain Umberto Eco en 1992. Au Kamchatka, la question ne se pose pas. La péninsule détient la plus grande variété de saumons au monde. Onze espèces, dans une région où la faune bat des records : le plus grand ours brun, le crabe le plus cher ou encore le pygargue de Steller, l’un des plus grands rapaces au monde.

En été, les saumons remontent le cours de la Kundzhevaya. En été, les amoureux de la nature, et de la pêche, suivent alors la même rivière. Départ fulgurant en hélicoptère depuis Petropavlovsk, pour se retrouver au beau milieu de la nature. On ne peut qu'apprécier la soudaine débauche de verdure. Les pneumatiques sont jetés à l’eau, et débute une semaine de wading intensive. Mieux vaut être sportif : l'expérience implique de rester debout durant la majeure partie de la traversée. Mais les courbatures valent la peine d'être endurées. C'est un moindre prix à payer contre la découverte de saumons dits silver, ou chumn, d'ombles et d'ombres ainsi que de truites arc-en-ciel. Autant d'espèces dont la moindre activité économique du pays justifie l'abondance.

 

Avec une moindre densité de 0,7 habitant au km², le Kamchatka se présente davantage comme le paradis des bêtes que celui des hommes. Et en pleine nature, un vent de solitude envahit l'atmosphère. On ne pêche pourtant pas seul. Non seulement le guide dirige l'embarcation, laissant au passager tout le loisir de guetter sa proie, mais il sait exactement où s'arrêter. Sans son expertise, les journées ne seraient certainement pas aussi fructueuses. On a beau être au bout du monde, on reconnaît à la nature son confort sans artifices. Avec l'impression de renaître à chaque étape.

Les mêmes images défilent à longueur de journée, créant un sentiment de bien-être et de sécurité. Au premier plan, une série de tentes jaunes s'accordant au décor ; derrière, l'eau ; et en toile de fond des collines verdoyantes dominées par une chaîne de montagnes éclatantes. Tel est le paysage bordant la rivière Kundzhevaya, chaque soir de campement. Renversant d'authenticité. Dans un Kamtchatka encore très préservé, la force de la nature se fait sentir. Comme la présence des autres animaux. On entendrait presque les grognements des ours…

 

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