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La géomatique permet de comprendre un territoire et procure une aide à la décision à travers les Systèmes d’Information Géographique.
La géomatique permet de comprendre un territoire et procure une aide à la décision à travers les Systèmes d’Information Géographique.
©DR

La minute "Tech"

Quand je serai grand, je serai géomaticien !

Journées portes ouvertes, samedi 11 février à l’École Nationale des Sciences Géographiques. L’occasion de découvrir des métiers en pleine expansion. Dont la géomatique.

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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Géographie + informatique = géomatique. La géomatique, c’est la puissance des ordinateurs, de leurs logiciels et des réseaux électroniques au service de l’observation et de l’étude des phénomènes physiques, biologiques et humains, ainsi que de leur répartition sur le globe terrestre. Une discipline en expansion de 15 à 20% par an et qui a un bel avenir parce qu’elle rejoint la géolocalisation et la visualisation cartographique de données.

De la campagne de Russie à Wikileaks

La plus ancienne des réalisations géomatiques connues est un chef d’œuvre réalisé en 1869 par Charles-Joseph Minard, inspecteur des Ponts et Chaussées alors à la retraite. Vénérée dans de nombreuses universités américaines, la « Carte figurative des pertes successives en hommes de l’Armée française pendant la campagne de Russie de 1812-1813 » est une représentation de l’itinéraire aller et de l’itinéraire retour de la Grande Armée entre l’actuelle Lituanie et Moscou. Sur ce tracé, Minard a inscrit des données essentielles: évolutions chiffrées des effectifs militaires, dates, températures. Il n’y avait pas, à l’époque, de bases de données.

Mais le retraité a considéré les archives militaires, les mémoires des médecins et autres documents disponibles comme de l’Open Data. Il a fait du scraping (extraction de données) puis,  à la manière des logiciels d’aujourd’hui, il a qualifié et affiné ces données à un niveau rare de granularité (détail de quantification). Exemple : 1 millimètre = 10 000 hommes.  La Grande Armée rassemblée en juin 1812 sur les rives du Niemen comptant 691 500 hommes, la largeur initiale du dessin est de 69,15 millimètres. Au fur et à mesure que les effectifs diminuent, le dessin rétrécit. Lors de la retraite, le fleuve humain n’est plus qu’un ruisseau.

Les cartographies des guerres en Afghanistan et en Irak réalisées par « The Guardian » à partir des données transmises à Wikileaks ne sont supérieures au travail de Charles-Joseph Minard que dans la mesure où elles sont interactives. Si le retraité du XIXème siècle avait disposé des mêmes outils, on pourrait en cliquant sur Moskova  constater que le tracé  diminue de 3 millimètres à cet endroit de la carte parce que la Grande Armée a perdu 30 000 hommes dans cette bataille le 6 septembre 1812.  

Cadastres à la puissance 10

Aujourd’hui, la géomatique permet de comprendre un territoire et procure une aide à la décision à travers les Systèmes d’Information Géographique. Ce sont des plans cadastraux à la puissance 10. Ils intègrent plusieurs couches de données : relevés topométriques effectués avec des lasers et le dispositif GPS, relevés auxquels se superposent les tracés des réseaux fluviaux, électriques, téléphoniques, les limites des propriétés foncières et les constructions souvent affichées en  3D et toutes sortes de détails sur l’utilisation des terrains.

Sans s’attarder sur les exploitations de ces logiciels dans le secteur de l’immobilier ou sur la géolocalisation des consommateurs au service du marketing, on peut considérer comme dérivés de la géomatique les plans qui montrent la nature et l’évolution de la criminalité dans les cinq arrondissements de New York. Mieux: des applications exploitables, sur Google Maps ou sur les cartes du moteur Bing, permettent aux internautes passionnés de cartographie et de données de réaliser de véritables outils d’information,  qui sont le plus souvent partagés.

Polyvalences très recherchées

Les géomaticiens  ajoutent à leur expertise en cartographie des compétences pointues en gestion et administration de bases de données, en traitement des statistiques et en programmation informatique. Ils  travaillent évidemment pour l’urbanisation et l’aménagement du territoire, mais aussi au service de l’agriculture, de la protection de l’environnement – exemple : étude sur les implantations d’éoliennes dans les Pyrénées orientales  - de la prévention des risques naturels : inondations, incendies de forêts, séismes.

Le taux de placement à six mois des diplômés de l’Ecole Nationale des Sciences Géographiques est passé de 95,7 % en 2008 à 97, 6% en 2009. Ils travaillent dans le public, à l’international et de plus en plus dans le privé, notamment dans les Sociétés de Services en Ingénierie Informatique. Les fameuses SSII qui irriguent en matière grise les secteurs les plus innovants et les plus compétitifs de l’économie.

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