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DSK : la parole est aux femmes
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Revue de presse des hebdos

DSK : la parole est aux femmes

Tel est pris qui croyait prendre, Dominique Strauss-Kahn, l’« homme à femmes », est jugé par le beau sexe.

Quel DSK cette semaine ? Voûté, penaud - si on ne craignait pas un vilain jeu de mot, on dirait la queue entre les jambes -  en couverture du Point. Sourcil froncé, regard à la fois accablé et curieux de l’avenir, c’est le Strauss-Kahn de la une de l’Express. Le Nouvel Observateur montre son profil en ombre chinoise, VSD le fait apparaître sous les traits de sa femme, Anne Sinclair. Absent de la couverture des Inrockuptibles, on ne voit pourtant que lui derrière l’image métaphorique d’un paysage lunaire, où flotte le drapeau du PS : « Parti socialiste année zéro », lit-on.

Mais pousse-toi donc un peu de là, DSK. Cette semaine, ce sont les femmes qui, sorties de ton ombre, ont la faveur des médias. A commencer par les féministes, qui ont manifesté ce week end, brandissant ce slogan : « Nous sommes toutes des femmes de chambre ». Le Point raconte : « Elles étaient venues en nombre et en colère. En colère contre les mots lâchés ici et là dans la presse par des proches du présumé coupable de crimes sexuels. Affligées par les blagues sexistes entendues à la machine à café depuis quelques jours, choquées par le manque de considération réservée à la présumée victime. » Pour illustrer l’article, Le Point rappelle quelques petites phrases, signes du machisme rampant de notre société. On vous a gardé la meilleure, celle de Jean-François Kahn : « Je suis certain qu’il n’y a pas eu tentative violente de viol (…) Qu’il y ait eu une imprudence, comment dire : un troussage domestique… » Féministes 1 – Machos 0.

La guerre des sexes

L’Express aussi décrypte la grogne féministe. Pour ce faire, l’hebdo donne la parole au très barbu Frédéric Beigbeder. « Dans les premiers jours de l’affaire, il y a eu autour de DSK une forme de solidarité masculine beauf. Beaucoup d’hommes se sont mis à sa place », déclare-t-il avant de rappeler quelques codes de séduction : l’intelligence, la finesse et l’imagination. Que les « beaufs » mâles en prennent bonne note, et la guerre des sexes n’aura pas lieu. Dans Le Point, la juriste Marcela Iacub refuse de réduire le débat à un conflit sexe fort contre sexe faible, et nous invite à de saines réflexions : « Le féminisme français a quand même tendance à considérer la grande majorité des hommes comme des prédateurs sexuels, comme des tueurs de femmes en puissance (…) DSK est aux yeux des [militantes]  - et même si personne ne sait encore s’il est coupable – le symbole de la banalisation du machisme, la preuve que l’on commence par être un dragueur lourd et que l’on finit par violer des femmes de chambre. »

Les femmes au prétoire

Journalistes anonymes ou à visage découvert, victimes présumées, anciennes prostituées, maquerelles, une multitude de femmes sont sorties du silence pour apporter leur pièce au dossier DSK. Parmi elles, Kristin Davis, la « Madame Claude de Manhattan », qui a compté l’ancien ministre parmi ses clients et, qui, comme lui, a séjourné à la prison de Rikers Island. Contactée par le Nouvel Obs, elle balance : « Il avait une préférence pour les brunes et a payé deux rendez-vous à 2400 dollars les deux heures (…) L’une des deux filles l’a décrit comme un client impeccable. L’autre a raconté qu’il l’avait bousculée physiquement, agrippée, déchiré ses sous-vêtements, et que le viol simulé était l’un de ses fantasmes. » On ne sait si l’accusation retiendra son témoignage plus que discutable. La maquerelle aura au moins assouvi sa petite vengeance personnelle envers DSK : « Lorsque que j’ai vu qu’il n’avait à payer qu’un million de dollars de caution suite à des accusations de violence, alors que j’ai dû en verser deux pour proxénétisme, j’étais indignée ! », déclare-t-elle.

Girl power

Kristin Davis peut toujours parler, la femme qui fait trembler Strauss-Kahn, c’est Lisa Friel, la directrice de la Sex Crimes Unit. Là-bas, on peut vous dire que ça rigole pas. Dans L’Express, le reporter Philippe Coste livre ses impressions sur cette section du parquet qui réunit les procureurs les plus « acharnés » d’Amérique. Un ancien de la maison brosse leur profil modèle : « Du cœur face aux victimes, une minutie exceptionnelle dans l’établissement des faits et dans les expertises ; ainsi qu’un don pour le prétoire. Pourquoi ? Parce que ces crimes sont atrocement difficiles à prouver pour le jury. » DSK n’a pas choisi les meilleurs avocats pour rien.

Finalement, il n’y a qu’Anne Sinclair qu’on n’entend pas. Mais on peut compter sur les journaux pour la faire parler et animer ces images où on la voit les traits tirés, le visage défait par les événements. VSD raconte les origines de son immense fortune, Les Inrockuptibles rendent hommage à la « grande amoureuse » qu’elle est, entièrement dévouée à la cause de son mari : « Celle qui semble dire « pour moi ça change rien », peut-être dans l’espoir de suggérer au juge ou à l’électeur de faire de même. »

Avant de conclure, une question : DSK a-t-il lu les hebdos cette semaine ? Si oui, il doit se dire qu’il y en a un qui est un sacré veinard. C’est Berlusconi. Dans L’Express, on le voit fier comme Artaban, posant au milieu d’un aréopage de femmes. L’article se penche sur son fan club féminin. Une jeune députée parle : « Tout le monde sait que Berlusconi est exubérant. Il est aussi parfois un peu léger, mais on lui pardonne, il a tellement  de qualités : disponible, généreux, humain (…) Quant à ses faiblesses, très humaines, elles sont partagées par tant d’hommes politiques hypocrites qui se cachent. » Un sacré veinard…

Astrid Eliard

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