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Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des finances, cherche à infléchir la stratégie de l'Union Européenne en faveur de la Grèce.
Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des finances, cherche à infléchir la stratégie de l'Union Européenne en faveur de la Grèce.
©Reuters

Revue d'analyse financière

Dette grecque : la rock star marxiste de la finance n’a pas encore gagné

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Le numéro de rock star de la finance joué par Yanis Varoufakis,  le nouveau ministre des finances grec a eu, au début, beaucoup de succès auprès des nombreux « experts » qui souhaitent nous expliquer la stratégie que doit adopter l’Europe pour aller au succès économique et politique.

Voilà quelques uns des arguments qui ont été avancés : « La Grèce est occupée par la Wehrmart. Elle est toujours sous le joug allemand ! »; « La dette grecque doit être annulée, comme l’a été la dette allemande en 1953 ! » A cette époque, les Américains avaient imposé à leurs alliés une annulation de 50% de la dette allemande et un rééchelonnement du paiement du solde…« Le front de l’austérité, qui nous prend tous à la gorge, est en train de s’effriter à cause du fétichisme allemand de l’équilibre budgétaire ! » ; « Les pays méditerranéens particulièrement frappés par le diktat merkélien doivent s’unir pour une Europe de la croissance, pas pour une Europe du chômage ! » ; « Angela Merkel a un portefeuille à la place du cœur » ! Malgré tous ces arguments amplement repris dans les grands journaux et magazines européens (Welt am Sonntag, Der Spiegel, Eldiario, Il Sole 24 Ore, The Spectator…) l’Allemagne n’a pas cédé.

La situation réelle de la Grèce est un peu différente. Sa dette s’élève à 315Md€ ce qui représente 3% de celle de la zone Euro. Le vrai sujet est qu’elle doit refinancer environ 10Md€ dans les semaines qui viennent. Le versement de cette somme était conditionné à la fin plan d’aide  de la Troïka (Union européenne, BCE, FMI). Compte tenu des positions du  nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras,  qui veut mettre fin à la « tutelle », il faut trouver une solution d’ici le 11 février, date de la prochaine réunion de l’Eurogroupe consacrée à la Grèce. Il n’y a pas d’autre alternative qu’une « extension technique » du contrat en cours puisque l’accès direct aux marchés n’est pas possible. Quand on veut emprunter, il faut inspirer confiance aux investisseurs. Pour l’instant, l’ensemble des créanciers de la Grèce, dont la France, restent unis derrière l’Allemagne.

En face de cette situation le gouvernement grec a fait savoir : « Vous nous mettez le couteau sous la gorge et nous ne pouvons pas céder et accepter de prolonger le plan de la Troïka, sinon nous perdons toute légitimité et le gouvernement tombera immédiatement ». Tout  cela s’appelle une négociation.

Il faut absolument trouver une solution sans quoi l’effet contagion à l’Espagne avec Podemos est un vrai risque dans les mois qui viennent.  Parmi les idées qui permettraient de sauver la face, on peut imaginer que la dette grecque devienne  perpétuelle (= jamais remboursée) avec un taux d’intérêt indexé sur la croissance (= il n’y aura pas de coupon puisque la croissance sera totalement insuffisante)

La BCE a tenu habilement à se protéger contre un éventuel défaut de la Grèce puisque 80% des éventuelles pertes seront imputables aux banques centrales nationales. Elle a fermé un de ses guichets aux banques grecques et renvoyé dos à dos Alexis Tsipras et les gouvernements européens. Il a donc d’ores et déjà perdu la partie à Berlin.

La France reste le pays qui inquiète le plus

En Europe, les ventes de détail repartent. C’est le signe de ce que la baisse du prix de l’essence a redonné un peu de pouvoir d’achat aux ménages. Par contre, le pays qui empêche réellement les décideurs européens de dormir, ce n’est ni la Grèce, ni l’Espagne, ni l’Italie mais la France. Son économie ne se redresse pas du tout et rien n’indique qu’elle soit sur la voie d’une reprise soutenue ou durable. Les dramatiques événements du mois de janvier, la situation de la Grèce et le conflit en Ukraine permettent pour le moment au Président de la république de ne pas parler d’économie. Heureusement François Rebsamen le ministre du travail nous a annoncé un nouveau « plan pour attendre la reprise » !

La Médecine régénérative est un secteur très prometteur

La biotechnologie a été un des grands thèmes d’investissement des douze derniers mois. Il semble que la médecine régénérative soit bien placée pour lui succéder. Il s’agit de réparer ou remplacer les cellules du corps humain qui fonctionnent mal. Tout a commencé en 1998 avec la découverte  des « human embryonic stem cells » qui consistait à « reprogrammer » des cellules qui provenaient du patient lui-même.

Le Japon est à la pointe des recherches avec le Riken Centre for Development Biology. Il est actif dans les domaines de la cornée, des muscles cardiaques et surtout des « Induced Pluripotent Stem Cells » (iPS). Plusieurs sociétés japonaises permettent de s’exposer à ce thème d’investissement notamment : Fujifilm (iPS pour Alzheimer,  fabrication de tissus nerveux pour le muscle cardiaque), JCR Pharmaceuticals (transplantation de la moelle épinière), Japan Tissue Engineering (culture des cartilages), Kose (régénération de la peau), Nikon (cellules du foie et de la rétine à partir d’iPS), Nipro ( production en série d’iPS), ReproCELL iPS), Retina Institute Japan, Taiyo Nippon Sanso (cartilages), Terumo ( cellules permettant d’éviter des transplantations cardiaques).

Aux Etats Unis, les grands patrons de la Silicon Valley croient beaucoup à cette innovation. Dans la société Calico qui est une start up, on trouve comme actionnaires Larry Ellison/Oracle, Peter Thiel/ex PayPal, Serge Brin/Google.  Ils pensent que la médecine régénérative pourrait révolutionner la façon dont le cancer est traité. La première application devrait se produire  en répliquant les cellules pour les diabètes de type 1 et 2. ViaCyte, qui n’est pas côté pourrait être la première société à réaliser cette performance. Juno Therapeutics  a de son côté levé 300M$ auprès de  Google et Amazon, Kite Pharma a levé 106M$ en juin 2014…

En Suisse, Novartis est très actif dans le domaine de la leucémie. Elle a notamment traité 39 enfants avec une nouvelle thérapie qui porte le nom de code de CTL019.

La France est aussi active, avec l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale-INSERM, l’ Hôpital Georges Pompidou(Philippe Menashé pour les maladies cardio vasculaires), Cellforcure (Pierre Noël Lirsac  pour l’industrialisation des thérapies Servier(Olivier Laureau/Leukemia), Cellprothera(Philippe Hénon pourl’infarctus), Généthon(Frédéric Revah, et I-STEM),(Marc Pechanski pour les maladies orphelines)Theravectys (Renaud Vaillant (HIV). Parmi les sociétés cotées,  Sanofi  a une forte présence à partir de  Genzyme, Cellectis (André Choulika actif sur le  cancer.  Pfizer détient 10% de son capital.) Txcell  (Damian Marron pour les maladies auto-immunes.) 

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