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Un combattant de l'Etat islamique en Irak.
Un combattant de l'Etat islamique en Irak.
©Reuters

Bis repetita placent

De l'origine de l’État islamique et du sexe des anges

Abou Bakr al-Baghdadi, big boss du califat, s'intéresse-t-il au débat occidental sur les origines de l’État islamique ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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L'histoire, dit-on, ne repasse pas les plats. Et la grande faiblesse des analogies est qu'elles ne sont, évidemment, que des analogies, mais la progression apparemment inexorable d'une armée de fanatiques à travers un espace constellé de régimes instables sous le regard distrait de démocraties occupées à autre chose force aux comparaisons.

 

On nous dit aujourd'hui que l’État islamique, qui contrôle déjà de gros morceaux d'Irak et une bonne moitié de Syrie, pour ne rien dire de troupes disséminées en Égypte, en Algérie ou au Yémen, a également des vues sur le Liban. Et que ce n'est encore qu'un début de toute manière, puisque le grand dessein du califat de Racca est, assez notoirement, d'étendre sa juridiction à l'ensemble du monde musulman avant de s'intéresser au monde tout court. Hum, ça ne vous rappelle rien ?

 

L'histoire ne repasse pas les plats c'est sûr, mais elle recycle pourtant des recettes assez similaires. Jusqu'à l'Iran, tiens, qui finit par prendre des allures d'URSS post-1941, les "grandes puissances" trouvant désormais suffisamment de charme à sa version du totalitarisme mystique pour envisager de s'y allier juste au cas où...

 

A Paris, à Londres ou à Washington, on peut bien se disputer interminablement sur les raisons pour lesquelles un barbu millénariste inspiré par le Coran reprend le rôle du moustachu biberonné à la mythologie aryenne ("C'est de notre faute, on l'a fabriqué de toutes pièces, ce type, avec notre cupidité capitalo-colonialiste", assurent les uns ; "Mais non, c'est une vieille lubie à eux, ils nous veulent du mal de toute façon", répondent les autres), mais il devient assez stérile, ce débat. Un peu comme se demander en 2015 si, sans les réparations exigées de l'Allemagne au traité de Versailles, d'ailleurs jamais soldées, voire sans embrouilles Bourbon-Habsbourg, il n'y aurait eu ni nazisme ni seconde guerre mondiale.

 

On imagine qu'Abou Bakr al-Baghdadi -calife du moment mais ça change tout le temps-, s'il lui arrive de lire les tribunes de nos journaux défendant l'un ou l'autre de ces points de vue entre deux rapports sur le bon déroulement du saccage de Palmyre et un mémo sur le ralliement à son panache vert de tel ou tel groupuscule d'Afrique subsaharienne, en rigole doucement dans les poils de son menton de hipster oriental.

 

Oh, on sait bien que si l'histoire tient tant que ça à bégayer, tout sera bien qui finira bien : on lui mettra la pâtée, il se suicidera dans un bunker et une date sera choisie par nos petits-enfants pour commémorer solennellement la fin de la troisième guerre mondiale, le triomphe de la démocratie et de la paix entre les hommes de bonne volonté. Mais c'est juste ce qui se passe dans l'intervalle, après la prévisible prise de Bagdad, de Damas et même de Beyrouth qui fiche les jetons. Alors le débat sur la genèse du truc, franchement... 

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