Des musiques rétro-nostalgiques, des comptes à rebours démocratisés et le côté obscur de la Lune : c'est l'actualité des montres... | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Style de vie
Un croiseur intergalactique qui renoue avec la tradition des boîtes à musique pour nous égrener un hit-parade de ritournelles en guimauve générationnelle...
Un croiseur intergalactique qui renoue avec la tradition des boîtes à musique pour nous égrener un hit-parade de ritournelles en guimauve générationnelle...
©

Atlantic-tac

Des musiques rétro-nostalgiques, des comptes à rebours démocratisés et le côté obscur de la Lune : c'est l'actualité des montres...

Et aussi beaucoup de classique, mais pas que : une seconde qui tire la langue au temps, la rondeur d’un officier gentleman et le snobisme d’un cadran qui ne dit pas son nom...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

Voir la bio »

MB&F : La radicalité nostalgique d’une génération musicale...

Chefs-d’oeuvre de la micro-mécanique européenne, les montres et les boîtes à musique étaient fabriquées dans les mêmes vallées, par les mêmes ouvriers et grâce aux mêmes outils. Quoique techniquement obsolètes, les montres ont survécu aux aléas de l’histoire. Les boîtes à musique – qui étaient encore utilisées dans les années 1940 pour faire du karaoké avec les « tubes » de l’époque – n’ont pas compris l’évolution des marchés : il ne reste qu’une seule manufacture, la maison Reuge, sur les centaines qui existaient voici un siècle. Il n’est pas si paradoxal que ça de voir la jeune maison MB&F, parangon de la nouvelle avant-garde des créateurs horlogers, s’associer aux survivants de Reuge pour créer un des objets du temps les plus décalés du moment : une boîte à musique intersidérale, qu’on remonte pour qu’elle nous joue, sur un des rouleaux (cliquez pour écouter), les thèmes de Star Wars, dont la Marche impériale, et de Star Trek, et, sur l’autre cylindre (cliquez pour écouter), Another Brick in the Wall de Pink Floyd, Smoke on the Water de Deep Purple et Imagine de John Lennon. Autant de mélodies qui sont des gourmandises rétro-nostalgiques (trois minutes et quarante secondes de pur bonheur générationnel), encore jamais tentées dans une boîte à musique mécanique. La série a été limitée à 66 pièces (à peu près 12 000 euros), dont à peine quatre ou cinq disponibles pour la France, mais le succès est tel qu’il faut déjà envisager une nouvelle édition...

• ROLEX : La démocratisation (relative) du compte à rebours...

Mais non, Rolex ne pratique pas toujours l’escalade dans le bling-bling ! La preuve avec la nouvelle Yacht-Master II, un chronographe nautique qui n’existait qu’en or et qui est maintenant proposé en acier, avec une lunette en céramique bleue du meilleur effet. En 44 mm, c’est une vraie Rolex (on les préfère en acier), bâtie pour durer comme une Rolex, mais c’est surtout une montre impressionnante, esthétiquement très réussie et d’une fonctionnalité idéale pour ceux qui pratiquent les régates : le compte à rebours mécanique est programmable, avec une minute rétrograde et synchronisable pour passer just in time la ligne de départ (vidéo de présentation). On peut même se demander si ce n’est pas une des plus belles Rolex des collections de la marque à la couronne : c’est en tout cas une des plus désirables...

• OMEGA : Le côté obscurément céramique de la Lune...

La Speedmaster d’Omega – la montre qui a marché sur la Lune – est une icône absolue pour les collectionneurs. Elle revient cette année dans les vitrines dans une version en céramique noire (boîtier de 44 mm, poussoirs et cadran décorés d’index en or blanc). Deux très simples, mais très efficaces touches de rouge sur le cadran de cette « Dark Side of The Moon », plus la formule chimique de l’oxyde de zirconium qui est le matériau de base de la céramique. Concentré de nouvelles technologies visible à travers le fond en verre saphir, le mouvement automatique est un des plus mécaniquement avancés de la production suisse – ce qui permet à cette Speedmaster d’être garantie quatre ans...                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

• HERMÈS : Les dames du temps jadis...

C’était une privilège des seuls messieurs : arrêter le temps ! Une pression sur le poussoir dans la couronne de cette montre Arceau : les aiguilles viennent s’immobiliser à une heure qui n’existe, un peu à gauche et un peu à droite des 12 h. C’est le temps de la pause : un temps suspendu, qui efface l’heure, sans toutefois l’oublier (elle continue sa ronde quelque part dans la montre). Une autre pression sur le poussoir : les aiguilles reviennent à leur vraie place, celle de la vraie heure de tout le monde (vidéo de démonstration). On revient dans le temps, comme si de rien n’était. Pour ce printemps, Hermès offre aux femmes la possibilité d’arrêter à leur tour le temps, dans un boîtier plus portable (38 mm) qui peut aller de l’acier tout simple à l’or serti. Pied de nez supplémentaire au temps qui passe, à qui les dames vont même se permettre de tirer la langue : à 4 h, une aiguille tourne dans son mini-cadran, dans un sens anti-horaire et sur 24 s : c’est un peu fou, ça ne sert à rien et c’est tout simplement fascinant. On vous épargnera la complexité mécanique qui se cache (poliment) derrière ces facétieuses parties de cache-cache avec le temps, mais sachez que la maîtrise élégante de ces engrenages a valu à leur « mécanicien » quelques jolies récompenses professionnelles...

• PATEK PHILIPPE : Le choix d’un officier et gentleman...

La Calatrava est un des piliers des collections de la fameuse manufacture Patek Philippe depuis la crise de 1929 : ses ventes avaient sauvé l’entreprise dans la grande dépression des années 1930. Ne pas voir dans sa relance en 39 mm, un symptôme de crise [tout va très bien pour Patek Philippe !], mais le choix d’une marque qui cultive ses classiques pour rassurer ses collectionneurs en travaillant son héritage. Cette Calatrava référence 5227 est devenue l’arbitre des nouvelles élégances horlogères, avec son boîtier rond faussement simple mais en réalité très étudié dans sa minceur comme dans ses galbes. Le couvercle à charnière de son fond (défini comme « style officier ») fera craquer les amateurs : on peut y graver une dédicace ou se contenter de l’ouvrir pour admirer, à travers le fond transparent, le mouvement automatique fini à la main. La pureté du cadran – lui aussi soigneusement travaillé : proportions, index, aiguilles, date – est une promesse de plaisirs esthétiques quotidiens. Près de 175 ans après sa fondation (on fêtera ça l’année prochaine), Patek Philippe prouve qu’on peut toujours repenser ses classiques dès lors qu’on a bien compris l’essence de leur fascination...

• JULIEN COUDRAY : Le snobisme du no logo horloger...

Un frisson néo-classique pour finir : pour être une des plus belles marques du grand retour au classique qui saisit la Suisse, Julien Coudray n’en est pas moins une marque française, patronymiquement (c’était le nom de l’horloger de François-Ier) et capitalistiquement (les investisseurs sont français). Le vrai point fort d’une identité de marque, c’est quand on n’a plus besoin d’apposer son nom sur la tête de la montre : avec cette Classica 1548, Julien Coudray se passe de toute mention sur son cadran en or émaillé grand feu, avec des chiffres romains en émail grand feu, comme au XVIIe siècle. Pas le moindre marquage « Swiss Made » tellement il est évident que ce travail horloger est suisse : qui d’autre que Julien Coudray, dont la manufacture est nichée au Locle, dans le cœur de la watch valley, saurait faire de telles aiguilles bicolores dont les angles sont bleuis à la flamme ? Originalité du mouvement manufacture à remontage manuel : quand on tire la couronne pour mettre la montre à l’heure, l’aiguille des secondes se place automatiquement à 12 h, pour se relancer au quatrième top du signal de l’heure juste. Néo-classique indépendant aujourd’hui, grand classique demain : les investisseurs ne s’y sont pas trompés...

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

Lien : http://www.businessmontres.com

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !