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Vous vous sentirez mieux quand vous saurez que cette montre Grand Baguette, signée Jacob & Co (New York), sera facturée dans les deux millions de dollars. Sous les 761 diamants baguette en serti invisible, cinq fuseaux horaires indiqués par un mouvement é
Vous vous sentirez mieux quand vous saurez que cette montre Grand Baguette, signée Jacob & Co (New York), sera facturée dans les deux millions de dollars. Sous les 761 diamants baguette en serti invisible, cinq fuseaux horaires indiqués par un mouvement é
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Des diamants insolents, des prix raisonnables, des Chinois qui troublent le jeu et un régulateur qui décomplique le cadran : c’est l’actualité des montres

Et aussi des plongeuses vêtues de bleu, des chronographes griffés de rouge et des hommages à l’horlogerie militaire de la grande époque...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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• TUDOR : Le chrono en céramique qui va mettre le feu au marché...

Marque-sœur de Rolex, Tudor en porte le prestige sans en faire supporter les prix aux amateurs. À quelques détails près, c’est une offre de qualité Rolex (les batteries de contrôle qualité sont pratiquement les mêmes), mais avec des tarifs beaucoup plus accessibles. Excellent exemple avec le nouveau chronographe Fastrider en céramique, baptisé « Black Shield » pour rendre hommage à la fois au bouclier emblématique de Tudor et à la céramique noire – ce qui constitue un premier coup d’essai pour le groupe Rolex, qui ne pratiquait pas ce matériau pour ses boîtiers. En 42 mm avec un mouvement automatique qui est un vrai « tracteur », ce chronographe facturé moins de 3 500 euros va faire le bonheur des amateurs tellement il est expressif : on peut le préférer avec des marquages rouges ou dans un style « bonze », plus vintage (ci-dessous), sur un bracelet en Alcantara vieilli de toute beauté. Ne pas manquer la vidéo de démonstration, elle aussi spectaculaire pour démontrer l’esprit aventureux de cette montre...

• LAURENT FERRIER : Les fuseaux qui se moquent des horaires...

Né en 2010, la maison Laurent Ferrier (nom de l’horloger qui a créé sa marque en partant à la retraite à 66 ans !) est vite devenue la référence pour les amateurs de (très) belles montres un peu lassés par les dérives (très) marchandes des marques suisses et par l’arrogance de leur marketing à outrance. Spécialité de cette manufacture, qui emploie déjà une douzaine de personnes à Genève : le style ultra-traditionnel de la bienfacture suisse, avec un souci permanent de la précision mécanique et de l’exécution parfaite du moindre détail. Pour beaucoup de collectionneurs internationaux (hélas pas français, puisque la production confidentielle de la marque ne lui a pas encore permis d’attaquer le marché français), Laurent Ferrier est la marque ultime, le nouveau « Graal » d’une collection. C’est donc à cette clientèle de privilégiés qui jonglent entre les fuseaux horaires que la marque dédie sa nouvelle Traveller, qui permet de lire l’heure dans tous les fuseaux horaires de la planète (voir l’amusante vidéo de présentation de ces « heures du monde »). Une double heure qui se lit en toute fonctionnalité (autant téléphoner aux gens à la bonne heure !), en toute simplicité (deux poussoirs pour changer de référence horaire, la seconde heure se lisant dans le guichet à 9 h) et en toute beauté, le cadran étant aussi réussi que les finitions du mouvement mécanique à micro-rotor. C’est un objet de collection, rare et donc cher, mais, quelques jours à peine après son lancement, cette Traveller est déjà sur liste d’attente un peu partout dans le monde...

• LONGINES : Les deux compteurs qui attisent le désir...

Une montre « à la manière de » qui aurait pu naître à la belle époque des chronographes mécaniques, quelque part entre les années trente et les années quarante : les citations historiques de cette Longines Heritage Military 1938 sont manifestes et librement consenties (cadran deux compteurs de style militaire, typographie légèrement rétro, taille bien équilibrée en 42 mm, bracelet en textile surpiqué, couronne de remontage « boule », etc.). Les touches contemporaines tombent juste : verre saphir anti-reflets, étanchéité à 30 mètres, chiffres et index traités au SuperLumiNova, mouvement automatique à toute épreuve, matériau synthétique pour le bracelet. S’il manquait quelque chose à cet hommage à la grande tradition des chronographes militaires, ce seraient peut-être les poussoirs, qui auraient gagné à reprendre la forme « champignon » qui se faisait à l’époque. Pour beaucoup d’amateurs grands débutants, qui ne déboursera guère que 2 000 euros pour cette pièce, ce sera la première vraie montre rétro-nostalgique...

• JEANRICHARD : La plongeuse qui fait rêver du grand bleu...

Parmi les bonnes nouvelles de l’année pour les amateurs de belles montres accessibles, le retour en France de la manufacture Jeanrichard, marque suisse qui réussit à proposer des montres sportives, élégantes et originales entre 2 500 et 3 000 euros, avec un mouvement manufacture exclusif (construit et réalisé dans les ateliers de la maison, à La Chaux-de-Fonds) et un style très italianisant (boîtier « coussin », cadran fonctionnellement épuré, mais d’une élégance très étudiée jusque dans son brossage bleu, bracelet en gomme striée assortie au cadran). Aussi à l’aise en évolution sous-marine qu’en plongée urbaine, cette Aquascope impressionne moins par ses 44,5 mm (en fait, elle est très portable) que par la séduction de son rapport qualité-prix. Profitons-en pour faire des infidélités – motivées – aux marques plus connues dans ce domaine, et donc plus banalisées...

• BELL & ROSS : Le cadran qui décomplique les heures...

La diagonale du succès emporte la jeune marque française Bell & Ross – généralement adepte des montres inspirées par les « instruments » de navigation aéronautique – vers les chemins de la tradition horlogère la plus classique. Le « régulateur » est un de ces exercices de style où les maisons suisses s’excercaient à exceller. Chaque atelier d’horlogerie avait son « régulateur » qui servait de référence pour régler les montres en cours de fabrication. Pour rendre la lecture de l’heure encore plus précise, on séparait sur le cadran l’aiguille des heures de l’aiguille des minutes et des secondes (explication rapide en vidéo). Chacune sa révolution, ce qui « décomplique » considérablement la perception réelle du temps. En or rose et dans un style irréprochable rétro-classique, cette WW1 en or rose (42 mm) reprend les codes des anciennes montres de poche pour concentrer l’attention sur le ballet graphique des aiguilles. Une montre élégantissime au poignet, confortablissime au porter et originalissime au regard (des autres)...

• ACTUS : Les Chinois qui ne s’en laissent pas conter...

▶▶▶ Un constat à l’issue du salon Baselworld, grand-messe mondiale de l’horlogerie qui vient de fermer ses portes à Bâle, en Suisse : pour les achats de montres à travers le monde, le coup de frein est très sérieux (voire déjà inquiétant) sur le marché chinois, mais aucune autre région économique ne semble vouloir prendre le relais du moteur chinois. La fin de l’année s’annonce donc parfaitement... impossible à prévoir ! Du coup, tout le monde serre les fesses – en dépit de communiqués de victoire habituels à l’issue d’un tel salon... ▶▶▶ Les tendances horlogères de l’année à l’issue de ce grand salon horloger : à fond dans le rétro (tout le monde rend hommage à son patrimoine, le mot-clé étant « héritage »), un peu dans le concept (les créateurs indépendants se régalent, mais à des prix stratosphériques), honneur aux dames (toutes les marques ont remarquablement amélioré leur offre féminine), priorité à la redécouverte des métiers d’art pour décoration des montres... ▶▶▶ Le seul sujet dont on aurait pu parler pendant ce salon et dont personne n’a parlé, c’est l’avenir des montres connectées (smartwatches). Si les géants de la téléphonie débarquent en force sur ce marché, il n’y aura plus de place sur les poignets, qui devront opter – au moins pour les collections d’entrée de gamme – entre les montres intelligentes et les montres traditionnelles : forts de leur supériorité naturelle (avec 2 % des volumes mondiaux, la Suisse truste 50 % du chiffre d’affaires international), les horlogers suisses méprisent ces « montres gadgets » avec la même morgue qu’ils affichaient dans les années 1970 face aux montres à quartz asiatiques, elles aussi qualifiées alors de « colifichets » éphémères... ▶▶▶ Les groupes de luxe ont pris l’habitude de faire leur marché dans le jardin des petites marques : c’est ainsi que Kering (ex-PPR) s’est récemment offert le joaillier italien Pomellato, la manufacture suisse Girard-Perregaux ou le joaillier chinois Qeelin. Il arrive aussi, en sens inverse, que des investisseurs chinois rachètent des marques suisses : ces jours-ci, le groupe China Haidian, conglomérat chinois qui a pris le nom d’une région proche de Beijing, s’est offert la maison Corum, qui vient donc s’ajouter à ses emplettes précédentes en Suisse (la manufacture Eterna, qui gère les marques Eterna et Porsche Design). D’autres marques suisses devraient rapidement tomber sous le contrôle de ce groupe chinois, qui entend miser sur une vigoureuse croissance externe pour acquérir une masse critique internationale suffisante...

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...Cliquez sur ce lien : http://www.businessmontres.com

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