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Cuba libre... de regarder Netflix ! (quand il y aura Internet)
©Reuters

Revue de blogs

Cuba libre... de regarder Netflix ! (quand il y aura Internet)

Cuba et les "Yankees" reprennent des relations diplomatiques. Et même si les premiers effets, comme l'arrivée de Netflix à Cuba sont des coups de relations publiques et diplomatiques qui font rire les Cubains, un vrai vent de liberté et d'ouverture tech souffle à Cuba, grâce à la débrouille.

Claire Ulrich

Claire Ulrich

Claire Ulrich est journaliste et fan du Web depuis très longtemps, toujours émerveillée par ce jardin aux découvertes, et reste convaincue que le Web peut permettre quelque chose de pas si mal : que les humains communiquent directement entre eux et partagent la chose humaine pour s'apercevoir qu'ils ne sont pas si différents et qu'il y a donc un moyen de s'entendre.

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Illustration Ars Tecnica pour son article sur l'arrivée de Netflix à Cuba

Début Janvier, une photo-mème a fait le tour des blogosphères cubaines. Fidel et le Che s'interrogeaient :'Tu crois qu'un jour on aura des relations diplomatiques avec les Yankees?.' Réponse de Fidel :'Oui, quand le président américain sera noir et le pape argentin, comme toi".  L'impossible est arrivé, et Cuba a été réadmis dans le giron international et américain par le discours à la nation d'Obama. Il reste des  dizaines de procédures à desensabler après 50 ans d'embargo, mais c'est Netflix qui a choisi un plan de communication tonitruant sur son arrivée à Cuba.

"A compter d'aujourd'hui, les Cubains avec une connexion internet et l'accès à des moyens de payement internationaux pourront s'abonner à Netflix. (...) Parmi les series premium et exclusives qui leur seront accessibles, la série primée aux Golden Globe® et Emmy®  House of Cards ainsi que  Orange is the New Black; Marco Polo (...)"

Eclats de rire tonitruants sur les pages Facebook cubaines : l'accès à internet est limité sur l'ile , faible, et il n'est certainement pas en Triple-Play. Quant aux cartes de crédits, et à Paypal, d'ici quelques années peut-etre. 

Elaine Diaz, professeur cubaine d'université, a récapitulé la situation actuelle de l'accès à Internet à Cuba. 26 pour cent des Cubains ont accès à Internet ou ont une connexion à domicile, qui permet d'envoyer des emails et de visiter les sites cubains uniquement.  Les statistiques font aussi état de seulement 90 ordinateurs pour  1000 habitants. Une heure d'utilisation d'Internet dans un cyber café coute entre 4 et 12 dollars US. Un professeur d'université a droit à 88MB de données par mois. Regarder un épisode de série sur Netflix reviendrait à sacrifier la moitié de son allocation mensuelle. 

Internet, en style cubain : la livraison du 'paquete' hebdomadaire de contenus internet sur disque externe (photo du blog Translating Cuba)

Internet, Cuban Style 

Mais par ailleurs, les Cubains regardent beaucoup de films et séries étrangers. Comment font-ils? Ils les téléchargent sur clefs USB et disques externes en 'paquete', puis les vendent à leurs 'abonnés''. Yoani Sanchez, l'une des blogueuses les plus connues de l'ile, qui note depuis l'an dernier le dégel de la tech américaine (Chrome, de Google, est désormais disponible à Cuba), explique comment les Cubains peuvent rester informés des derniers films, séries, reportages, étrangers, sans posséder une antenne satelitte pour capter les chaines américaines, qui peut entrainer une amende de 10 000 pesos cubains. Pour minimiser les risques de ce petit commerce florissant, les distributeurs de 'paquete' enrobe les films et informations de l'étranger dans des discours politiques et nouvelles locales de la télévision d'Etat cubaine. Au cas où...

Voici quelques informations sur ce blog pour Netflix, sur le marketing local des séries et films, leur cout et distribution...

"Le dimanche, le 'paquet hebdomadaire' de I Terabyte coute 10 dollars US, le lundi et mardi, 2 dollars, et le reste de la semaine 1 dollar. Tomás González, 32 ans, est un distributeur du 'paquet hebdo'. “Chaque lundi je reçois le paquet pour 2 dollars', dit-il. Il le télécharge ensuite sur des clés USB de  4, 8 or 16 gigabytes, qui sont une alternatives à la formule distribution sur disque dur dans les foyers . “Je vends la cléf USB d  4-Gb pour 10 pesos cubains, 20 pesos pour celle de 8, et 30 ou 40 pesos pour celle de 16 GB."

C'est de toute évidence la technologie qui accèlerera le dégel des relations Cuba-USA. Déjà, une chanteuse de jazz cubaine, Yissy, a fait appel au crowdfunding pour financer son prochain disque. Son objectif de financement, 5000 euros, a été atteint en un temps-record. Les réalisateurs cubains de film sont eux aussi tout sourire. Netflix a promis de les aider à percer sur le marché international. Et cette promesse là a plus de chance que la diffusion de l 'intégralité des saisons de Prison Break de se réaliser à court terme; 

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