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Le nouveau gouvernement de Manuel Valls.
©Reuters

Le Nettoyeur

Cinq suggestions de politique économique pour le nouveau gouvernement

Fin de l'austérité, réforme fiscale, innovation, baisse des charges, immigration... Voici comment le nouveau gouvernement de Manuel Valls pourrait relancer l'économie française.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Soyons fous. Imaginons que ce nouveau gouvernement soit réellement un gouvernement de “combat". Oublions que derrière le nouveau Premier ministre, ce n'est pas la même équipe, avec les mêmes (non) priorités et la même (non) politique.

Imaginons que ce gouvernement soit vraiment un nouveau souffle.

Voilà cinq suggestions pour ce nouveau gouvernement :

1. La fin de l'austérité. Le carcan budgétaire dans lequel la France a été faite prisonnière par l'Europe est une folie, surtout en l'absence d'une politique monétaire digne de ce nom. Le problème du marasme français, peut être depuis trente ans, mais surtout depuis la crise de 2008, c'est un problème d'insuffisance de la demande. La gauche est censée être keynésienne, mais depuis 2012 elle est austérienne. Nicolas Sarkozy était plus keynésien que François Hollande. Ca pourrait même aider le déficit.

2. Une réforme fiscale d'ampleur. Ce point est lié au précédent : si on veut vraiment mettre fin à l'austérité, il faut toucher au code des impôts. L'idéal serait sans doute une baisse drastique et généralisée des impôts, en particulier la suppression de l'impôt sur les sociétés et l'abolition (pas la réduction) des charges sur les bas salaires. Mais je ne rêve pas trop. En l'absence de cela, il faudrait au moins simplifier et toiletter le code des impôts. Il y a aujourd'hui tellement de niches qu'on peut baisser le taux sans baisser les recettes fiscales, voire même les augmenter. (Ce qui indique qu'il faut encore plus baisser les impôts, car le déficit est actuellement trop faible.)

3. Des concours d'innovation d'envergure. En France, on aime la dépense publique, et on aime avoir un “Etat-stratège” qui va favoriser l'innovation. Il n'y a qu'un problème : ça ne marche pas, ou presque jamais. Le grand succès du colbertisme depuis la Libération, c'est l'énergie nucléaire. A part ça, on a eu le Concorde (merveille technologique dont personne n'a jamais voulu) et le Minitel (qui a juste retardé l'adoption d'internet et donc l'entrée de la France dans l'économie numérique). Comment résoudre la quadrature du cercle ? Au lieu que l'Etat soit le dirigeant des innovations, il doit en être le promoteur mais via un système décentralisé. Comment ? Par des concours d'innovations : des vrais, avec des prix de plusieurs milliards d'euros, pas quelques cacahuètes pour faire joli. De vraies innovations pour changer le monde et faire de la France la capitale mondiale de l'innovation.

4. Une vraie politique de lutte contre le chômage. Est-il possible de dire que la politique de lutte contre le chômage menée depuis 30 ans est un échec? Baisser les charges et libéraliser le marché du travail sont une bonne idée, mais sans augmentation de la demande, l'effet ne sera probablement que limité. Une idée : non seulement supprimer les charges sur les bas salaires, mais créer des charges sociales négatives. L'Etat fixe un niveau minimum de salaire pour tous. L'employeur n'en paye qu'une partie, le reste est payé par l'Etat. Autrement dit, le coût du travail serait baissé jusqu'à un euro de l'heure. Là on mettrait vraiment fin au chômage. En tout les cas ça mérite d'être expérimenté.

5. Une politique d'immigration ouverte. L'histoire est tristement toujours la même : en période de difficulté économique, les pays réduisent leurs flux migratoires. Problème : les immigrés travaillent et créent de la richesse. Les études économiques sont unanimes à ce sujet. En tous les cas c'est absolument sûr pour les immigrés diplômés. La Chine, l'Inde, la Russie et tant d'autres pays produisent chaque année des dizaines de milliers de jeunes surdiplômés qui ne rêvent que de venir dans un pays occidental pour travailler et créer de la richesse. L'Etat français dépense des dizaines de milliers d'euros par étudiant étranger qui vient chez nous, pour ensuite le renvoyer chez lui au moment où il se mettrait à travailler et payer des impôts. Les Etats-Unis leur ferment leurs portes. La Grande-Bretagne aussi. Nous aurions énormément à gagner en leur damant le pion. Enfin bon, peut être que, si, un jour, la France élit un gouvernement de gauche...

 

 

 

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