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François, président ?
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Revue de presse des hebdos

François, président ?

Cadeau de César ou passeport pour la victoire ? En déclarant qu'il voterait pour Hollande, Chirac a mis le bocson. Et déclenché la colère de Sarkozy.

Barbara Lambert

Barbara Lambert

Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.

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Chirac adoube Hollande, et ça ne plaît pas à tout le monde. Pendant que “ L’Express ” se demande en couverture et sur 9 pages s’il “ est à la hauteur ” — réponse : “ plutôt non ” —, le “ Nouvel Observateur ” crie au “ jackpot ”, mais sur une demi-page, seulement. Pas facile, quand on est “ de gauche ”, de faire avec l’onction de “ l’ex ”. “ Face à tous ceux qui lui reprochent de ne pas avoir la carrure et l’expérience suffisantes pour briguer la fonction présidentielle, explique l’hebdo, voilà désormais Hollande oint par le dernier vieux sage du circuit politique. Difficile de faire mieux. En revanche, les images genre “ sortie de banquet ” qui ont fait le tour des médias, tout le week-end de Pentecôte, étaient un peu too much. Surtout pour le noyau dur de l’électorat socialiste ”.

Chirac-Hollande, “ rad-soc ”

Gênés aux entournures, les “ Inrocks ” ? Sous la plume de Thomas Legrand, le journal “ de gauche ”, lui aussi, assume plutôt bien. “ Ce trait “ d’humour ” vache contre Sarkozy, écrit-il, révèle la résurgence d’un courant politique tombé en désuétude, que pouvait représenter, pour partie, Chirac et qu’incarne maintenant à merveille Hollande : le radical-socialisme. On est à cent lieues du style sarkozien. (…) C’est la culture du compromis autour d’une tête de veau et de bonnes blagues de banquet (tiens, on y revient !, ndlr). Quand on est rad-soc, on dépasse la ligne gauche-droite mais on est toujours du côté du progrès, opposé au curé mais pas trop loin non plus. Les rad-soc rappellent la France rurale et simple d’antan, une époque où l’on cotoyait les élus. (…) Bref, le côté rad-soc de François Hollande rassure, comme un vieux souvenir douillet dans une époque où toutes nos références semblent se diluer dans le grand bain de la mondialisation ”.

“ Rad-soc ”, Henri Guaino ? Dans l’interview qu’il donne au “ Nouvel Observateur ”, le conseiller spécial du président, étrangement, explique que “ pour être élu, il faut largement dépasser les limites du camp dont on est issu. (…) L’élection de 2012 ne se gagnera ni à droite, ni à gauche, ni au centre, dit-il. Vous vous souvenez de la phrase de De Gaulle, “ la France, ce n’est pas la gauche, ce n’est pas la droite, c’est tous les Français ” ? Dans une campagne présidentielle, on parle aux Français à travers un être collectif qui s’appelle la France et non à travers des camps et des catégories ”. L’onction de Chirac, c’est plutôt bon pour Hollande, alors ?

Nicolas Sarkozy furieux

Et si Chirac et Hollande étaient complices ? D’après “ Le Point ”, l’ancien président et le candidat socialiste sont “ des amis de trente ans ”. Leur première rencontre, raconte le magazine, a eu lieu “ en 1981, à Ussel, lors de la campagne des législatives. Chirac est sur ses terres, seigneur tout-puissant. Missionné par François Mitterrand, Hollande, alors auditeur à la Cour des comptes, tente de lui ravir la 3e circonscription de Corrèze. Plein de hardiesse, le socialiste, encore méconnu de la “ Mme Dugenou ” du département, s’invite à un meeting du candidat gaulliste ; son premier coup d’éclat politique. Assis au milieu des militants, il lève le doigt, se saisit du micro, se présente : “ Bonjour, monsieur le Premier ministre. Je m’appelle François Hollande et je suis votre adversaire aux législatives ”. Murmures dans la salle. Chirac, sourire canaille : “ Jeune homme, je ne comprends pas votre attitude. La tradition, entre deux magistrats de la Cour des comptes, veut que le plus jeune informe le plus âgé qu’il compte être candidat contre lui ”. Hollande, sans frémir : “ Mais je vous ai écrit, monsieur le Premier ministre ”. Chirac, moqueur : “ Ah bon ? Cela devait être une lettre manuscrite et non tapée à la machine ! ”. Rires dans la salle ”.

Déroulant le film du samedi “ fatidique ” où Chirac s’est déclaré en faveur de Hollande, “ Le Point ” précise que Bernadette Chirac n’a demandé “ des explications (à son mari) que plus tard dans l’après-midi, sans toutefois le rabrouer. D’ailleurs, personne, dans son entourage, ne lui en voudra véritablement ”. Ce n’est que le lendemain, poursuit le news, “ devant l’ampleur des réactions, (que) Frédéric Salat-Baroux, le gendre de Chirac, appelle Xavier Musca, le secrétaire de l’Elysée, et plaide l’humour corrézien. A l’Elysée, on n’en croit rien. Salat-Baroux envoie un communiqué à l’AFP. Mais il est déjà trop tard. Nicolas Sarkozy est furieux, parle d’une “ déclaration de guerre ”, lui qui rêvait d’un soutien de Chirac dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle ”. Intentionnel ou pas, le coup a porté.

Borloo fait de la résistance

Comme si “ l’humour corrézien ” de Chirac ne suffisait pas, Nicolas Sarkozy doit faire avec la “ nouvelle philosophie ” de Jean-Louis Borloo. “ Pour dissuader (son ancien ministre de se porter candidat), le chef de l’Etat use de toutes ses armes, raconte “ Le Point ”. “ Fais attention, l’a-t-il prévenu. Une campagne présidentielle, cela peut être une promotion, mais aussi une lessiveuse. Tout y passe, la vie privée, l’argent… C’est très dur ”. 

A en croire le journal, la mise en garde présidentielle n’a pas eu d’effet sur le président du Parti radical. Pas d’effet, non plus, les “ boules puantes ” lancées contre lui comme celle concernant “ son éventuel rôle dans le feu vert donné à la procédure d’arbitrage pour l’affaire Tapie ”. “ Rien ne lui ôtera sa bonne humeur, résume “ le Point ”. Et le fait que la plupart de ses “ gars ” aient eu droit à un tête-à-tête avec le chef de l’Etat ” (pas davantage). On ne l’entendra jamais proférer un mot contre le président. Sa nouvelle philosophie, c’est la “ non-violence ”. Quand Sarkozy lui dit : “ Tu vas être obligé de t’éloigner de moi ”, son ex-ministre lui répond : “ Non, on va dire des choses différentes, c’est tout ! ” ”. 

Borloo irréductible… ça sent le gros danger d’éparpillement des voix. Dans son malheur, le chef de l’Etat a une consolation : Borloo, François Hollande n’en veut pas ! “ Bayrou et Villepin, oui, Borloo, non !, titre “ Le Nouvel Obs ”. (…) Hollande plaide qu’au second tour, la gauche devra fédérer tous les antisarkozystes et que Villepin n’est pas le plus tiède (dans le cadre des “ Journées de Strasbourg ” organisées par le “ Nouvel Obs ”, Hollande et Villepin se retrouveront autour d’un débat sur le thème “ Comment réformer la France ? ”, ndlr). Il ne ressent en revanche aucune affinité avec Borloo (qui) a cherché en 2002 à négocier avec Jospin avant de rejoindre Chirac : pas question, pour lui, de tendre la main à une telle girouette ”.

Air Sarko One

Ce n’est pas sa semaine, décidément. A l’heure où “ le Point ” consacre un dossier spécial au salon du Bourget, “ L’Express ” se fend d’un article plutôt acide sur l’avion du président. “ Quand Nicolas Sarkozy n’est pas à l’Elysée, il est souvent dans son avion. Du coup, c’est là qu’il préside, commence le news. (…) Dans la salle de réunion, (son fauteuil) dispose d’accoudoirs, pas les autres”. Suit le détail des équipements : machine Nespresso, macarons, chocolats (“ il en mange de moins en moins ”), musique (“ C’est en remarquant qu’il passait en boucle les chansons de Carla Bruni, à la fin de 2007, que quelques élus eurent le pressentiment qu’une idylle était en train de naître ”), lit (“ 160 x 200, avec ceinture de sécurité ”).

Plus âpre est le descriptif des “ droits de visite ” à bord. “ Seule la maquilleuse personnelle du chef de l’Etat est certaine de son sort, qui l’accompagne aussi bien en province qu’à l’étranger, de même que la coiffeuse de Madame : afin de faciliter son travail, une chaise pliante a été posée dans la chambre. Pour tous les autres, la loi des airs se révèle impitoyable. La cour à 30 000 pieds d’altitude n’a rien à envier à celle du sol. Car une chose est de monter à bord, une autre de recevoir le signe magique, celui qui vous demande de rejoindre le président, mieux, de partager un repas avec lui ”.

Vincent Lindon, Premier ministre

Vous désespérez des politiques ? Dans “ Pater ”, Vincent Lindon joue le rôle du Premier ministre d’un président qui n’est autre que le réalisateur Alain Cavalier. A l’ “ Obs ”, le comédien a raconté son “ premier Conseil des ministres ” : “ Je pose des bombes partout, dans la culture, l’audiovisuel, les monopoles de la téléphonie et d’Internet, les marques de fringues qui nous envahissent, tout le système mafieux des grands groupes… Tout ça me rend fou. Il n’y a pas de priorités, il faut y aller, c’est tout. Ce n’est pas très compliqué, il suffit d’être libre et, pour un président, de ne pas avoir envie de se représenter ”. Pas très compliqué ?

A lire, encore

“ Le livre-testament de David Servan-Schreiber ” (“ Obs ”, “ Le Point ”), “ Bettencourt mère et fille. Et le diable ressort de la boîte ” (“ Obs ”) ; “ Omar Raddad parle ” (“ Le Point ”) ; “ Un maire courage face à la drogue ” (“ Obs ”) et le dossier “ Cannabis ” des “ Inrocks ” ; “ L’économie au service de l’homme ” (“ Obs ”) et l’interview du créateur de l’ONG Finance Watch (“ Inrocks ”) ; “ Incroyable Sarah Palin ” (“ Le Point ”) ; Anne Lauvergeon sur la sellette (“ Challenges ”, “ Obs ”) ; “ L’embrouille corse ”, à propos de la curieuse affaire Nivaggioni (“ Inrocks ”) ; “ Football et homosexualité : la fin d’un tabou ” (“ VSD ”). Vous cherchez un hôpital en France ? Des vacances dans le monde ? Consultez “ Le Point ”. Vous cherchez un appartement en région parisienne ? “ L’Obs ” sort un dossier spécial sur le sujet. Vous aimez le vin ? Lisez “ Les cuvées des patrons ” (“ L’Express ”) et “ Les 50 fortunes du vin ” (“ Challenges ”). Santé !

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