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Ceux qui partent et ceux qui y viennent… : focus sur le chassé croisé paradoxal qui se cache derrière la baisse de popularité d’Emmanuel Macron

La côte de popularité d'Emmanuel Macron est en légère baisse entre le mois de décembre 2017 et janvier 2018. Etrangement, le président gagne des points chez les catégories lui étant défavorables jusqu'alors et en perd dans celles qui lui étaient favorables.

Esteban  Pratviel

Esteban Pratviel

Esteban Pratviel est chef de groupe pour la société de sondages Ifop.

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Atlantico : Derrière la légère baisse de la côte de popularité d'Emmanuel Macron entre décembre 2017 et janvier 2018, un chassé croisé semble s'opérer entre des groupes considérés comme plutôt défarovables au Président (professions intermédiaires +8 points, 18-24 ans + 6 points, employés +5 points ) alors que les catégories lui étant le plus favorables - à priori- subissent une baisse (cadres -7 points, 50-64 ans -4 points). Dans le même temps, le Président voit sa côte de popularité  chuter de 10 points chez les LR. Comment expliquer ce qui pourrait apparaître comme paradoxal par rapport aux tendances précédentes ? Faut il y voir un retournement structurel ? 

Esteban Pratviel : Les évolutions des différents baromètres évaluant Emmanuel Macron, son image ou son action ne vont pas toutes dans la même direction en janvier. La cote d’approbation de l’action du Président de la République augmente de 3 points et s’établit à 53% dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, tandis que son indice de popularité baisse de 2 points pour atteindre 50% dans le cadre du dispositif Ifop-Le Journal du Dimanche. Ceci s’explique par des éléments conjoncturels et en partie en raison de trois événements majeurs, à savoir les changements intervenus depuis la fin du mois de décembre et le début du mois de janvier (hausse de la CSG, augmentation du prix du gaz, réforme du forfait de post-stationnement, etc.), l’annonce du projet d’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur les routes départementales (qui a davantage eu un impact négatif sur l’image et l’approbation de l’action du Premier Ministre) et la décision de ne pas construire d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes. Dès lors, les évolutions observées auprès de certains segments de la population ne peuvent être considérés comme significatives dans l’attente d’une confirmation dans les prochains mois.

Dans quelle mesure la progression d'Emmanuel Macron chez les jeunes, les employés, ou les catégories intermédiaires peut également révéler une désaffection de ces catégories pour les partis d'opposition qu'ils composent en majorité, du FN à la FI ?

Les comportements politiques des jeunes et des employés sont assez complexes à cerner, notamment en raison d’une propension plus forte à s’abstenir lors des scrutins électoraux. Il est cependant vrai que Jean-Luc Mélenchon a séduit un grand nombre de jeunes et de primo-votants lors du premier tour de l’élection présidentielle, et qu’aujourd’hui cette catégorie de la population fait partie des principaux soutiens au Président de la République et à son action. Mais La France Insoumise et le Front National gardent un grand nombre « d’adeptes » parmi les jeunes, les employés et les professions intermédiaires qui les placent davantage que la moyenne dans une position de principale formation d’opposition à la majorité présidentielle selon le tableau de bord politique Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio. La désaffection à l’égard des partis d’opposition comme La France Insoumise et le Front National, quoique résiduelle pour ce dernier, en témoigne le sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche « L’intention de vote au premier tour de l’élection présidentielle six mois après », est plutôt générale.

Inversement, la chute de la popularité du Président chez les LR peut elle également être un signe de "retour au bercail" de certains de ces électeurs ?

Comme je vous le précisais, la baisse de la popularité du Président de la République enregistrée auprès de certains segments dans les indices de popularité Ifop pour Le Journal du Dimanche paraît surtout conjoncturelle. Les sympathisants des Républicains, traditionnellement plus sensibles aux valeurs de liberté, d’ordre et d’autorité, pourraient avoir été gênés par les trois événements que j’évoquais précédemment. Le cas de la non-construction de l’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes n’est pas anodin. Plusieurs personnalités issues des Républicains, à commencer par l’ancien président du conseil régional des Pays de la Loire Bruno Retailleau, et sa successeure Christelle Morançais, ont exprimé leur opposition à la décision du pouvoir exécutif et leurs paroles ont effectivement trouvé écho parmi les proches de leur formation politique. Pourtant, ce « réveil » pourrait ne pas être durable et demeurer épisodique. Les sympathisants des Républicains sont toujours majoritairement satisfaits de certains aspects de la politique d’Emmanuel Macron, notamment dans le domaine économique (68%), qui demeure l’une des préoccupations majeures aujourd’hui.

 

 

 

 

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