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©Capture d'écran // Libération

La tête près du Bonnet

Attentat de la rue des Rosiers : un quart de siècle plus tard, la rose mitterrandienne pique encore

Sous Mitterrand, on n’hésitait pas à faire de la France un refuge pour terroristes en échange d’une trêve dans leur programme d’attentats. On espère que la doctrine a changé (mais c’est peut-être juste de la naïveté).

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Mitterrandôlatre définitivement et radicalement défroqué, je n’ai pas besoin d’être particulièrement stimulé pour dire du mal du dernier de nos « grands présidents », mais il semble que, vingt-trois ans après sa mort, la liste de ses crapuleries soit encore capable de s’allonger.

Je découvre en effet qu’en 82, ses services secrets, qu’il n’avait pourtant pas encore chargé de faire écouter tout Paris depuis sa war room du sous-sol de l’Élysée, concluaient des pactes de non-agression avec les terroristes de la rue des Rosiers (six morts et vingt-deux blessés tout de même, une paille...) et leur promettaient l’impunité en échange d’une trêve dans leur programme d’attentats sur le territoire français (chez les voisins, en revanche, c'était open bar).

Peut-on faire plus littéralement munichois ?

Certes, et comme le souligne Yves Bonnet, alors patron de la DST, nous n’avions effectivement plus été ciblés par les ancêtres de Daesh jusqu’en 85 et c’était certainement un répit appréciable du point de vue des victimes potentielles, mais Hitler aussi avait attendu un peu avant d’envahir la Pologne une fois Daladier et Chamberlain rentrés dans leurs pénates avec leurs petits contrats de confiance…

Les pactes avec le diable, ça finit toujours par vous revenir dans la gueule : demandez donc à Faust ou à Dorian Gray.

A noter que, en barbouze non-repentante à la retraite, Yves Bonnet ne fait pas vraiment de ces révélations la confession de turpitudes qu’il souhaiterait se voir pardonner à l’approche de l’extrême onction. Bien au contraire : octogénaire rangé des voitures, il continue de militer pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la prison à perpétuité pour son implication dans une série d’assassinats de diplomates, qu’il considère comme un « résistant » plutôt que comme un banal terroriste.

Et parce qu’il me reste un poil de naïveté, un vague reliquat de fraîcheur, j’ai tendance à croire que les successeurs de l’homme du 10 mai, à l’exception possible de Chirac —qui n’hésitait pas non plus à s’arranger avec des gangs de poseurs de bombes et de preneurs d’otages à l’occasion—, pour toute la détestation irrationnelle qu’ils suscitent, sont par comparaison de sacrés amateurs en matière de cynisme réal-politicien. A tout prendre, les virées nocturnes en scooter de Hollande, voire les Benalla-neries de Macron, sont tout de même un poil plus anecdotiques.

Mais bon, c’est peut-être juste de la naïveté, effectivement. On attendra encore le testament de leurs espions en chef respectifs pour trancher...

 

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