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Le PIB de la France est en recul de -0,1% pour le troisième trimestre.
Le PIB de la France est en recul de -0,1% pour le troisième trimestre.
©Reuters

Revue d'analyses financières

Ce pessimisme qui coûte à la France 1 point de croissance par an : ceux qui essaient de faire quelque chose, ceux qui l'entretiennent

Dans l'œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice-président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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Tirer sur une ambulance n’a jamais été un exercice très constructif. Dans un pays comme la France où la classe politique est dominée par les fonctionnaires et les politiques de carrière, le discrédit des "petits hommes gris" atteint désormais un niveau sans précédent. Ayant mis l’impôt au centre de leur politique, il était normal que la capacité des Français à produire des richesses, à engager des salariés ou à prendre des risques pour innover allait disparaître. Le résultat est clair net et sans appel pour ceux qui en doutait encore : le PIB de la France est en recul de -0,1% pour le troisième trimestre. Comme le remarque pertinemment  la Banque Publique d’Investissement, l’entretien de la sinistrose coûte un point de PIB à la France !

L’économiste irlandais Edmund Burke avait l’habitude de dire que "rien de mal ne peut arriver à un pays si les hommes d’honneur se lèvent aux moments importants pour donner leur avis". C’est probablement ce qui est en train d’arriver. Essayons donc de passer un peu de temps chaque fois que l’occasion se présentera sur les initiatives susceptibles de sortir la France de son mauvais pas. Denis Payre est le fondateur de Business Solution, première société européenne d’édition de logiciel et  première société française du secteur à s’introduire en bourse en 1994 aux Etats-Unis sur le marché Nasdaq. Il est donc un  professionnel talentueux de la création d’emplois. Pour lui, les recettes du bon sens sont beaucoup plus efficaces que l’idéologie pour faire avancer les entreprises. C’est pourquoi il vient de lancer le mouvement Nous Citoyens dont l’ambition est de rassembler au delà des idéologies et du clivage droite gauche tous ceux qui pensent que la France pourrait redevenir un pays compétitif si on laissait de la liberté aux entrepreneurs…

Il devient évident que le seul discours audible par les électeurs sera celui d’hommes et de femmes qui connaissent bien la réalité du fonctionnement des entreprises. Le charisme de Denis Payre et sa capacité à emmener ses troupes à la bataille devraient le mener loin.  

Nous ne pouvons pas cesser de commenter toutes les décisions qui vont dans le mauvais sens. Elles sont malheureusement de plus en plus nombreuses :

Benoit Hamon, ministre de l’Economie Sociale et Solidaire et de la Consommation, est très fier de contribuer un peu plus à déstabiliser les entreprises françaises en faisant voter sa loi qui fait hurler les patrons. Tous ceux qui souhaitent céder leur entreprise doivent en informer leurs salariés au moins deux mois avant. Le ministre escompte créer avec son dispositif "100 000 emplois net" dans les cinq ans. !

Michel Sapin, ministre du Travail et de l’Emploi, ne réagit toujours pas alors que 60 000 postes d’emplois à domicile sont menacés par la hausse de 12% en trois ans du coût de recrutement. Tout cela développe le travail au noir mais on ne fait rien.

Aucune réaction non plus sur l’obligation de comptabiliser les apprentis dans les "seuils d’effectifs" qui obligent toute société à partir de onze salariés à procéder à l’élection de délégué du personnel et dès que les effectifs atteignent 50 salariés à faire élire un comité d’entreprise. Au moment où le chômage des jeunes est à un niveau sans précédent, on imagine l’incitation de l’entrepreneur à engager un apprenti de plus pour lui apprendre un véritable métier !

Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, s’attaque une nouvelle fois aux patrimoines importants en alourdissant la fiscalité des contrats d’assurance vie de plus d’un million d’euros !

Marisol Touraine, ministre  des Affaires Sociales et de la Santé, devant la dérive inquiétante des dépenses de santé, va "renforcer" les contrôles pour essayer de maîtriser les frais de l’Aide Médicale d’Etat (AME) qui s’adresse aux étrangers résidant en France de façon irrégulière. Elle donne accès à la gratuité des soins sans avance de frais…

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif, avait  découvert que l’impression 3D serait "susceptible de bouleverser l’intégralité de nos productions". Il y avait dans ce secteur un leader français, Phenix Systems. Il vient d’être racheté pour une bouchée de pain par le numéro deux mondial du secteur, l’américain 3D Systems. Comment se fait-il qu'au pays du redressement productif, le ministre n’ait rien dit, rien fait ? Comment est-il possible que la BPI et tous les organismes très occupés à anticiper l’avenir des entreprises n’aient rien fait ?

L’Allemagne commence à être agacée de la lenteur des réformes en France. Pendant ce temps, Angela Merkel poursuit ses négociations pour la formation de son nouveau gouvernement avec le Parti Social Démocrate (SPD).

En Chine, la montée en puissance des fonds QFII, autorisés à acheter des actions chinoises cotées en renminbi, se poursuit. Le nombre de fonds autorisés va passer de 240 à 500 dans les mois qui viennent. Le Parti Communiste chinois veut donner "un rôle décisif" au marché. Il n’en fallait pas plus pour stimuler les actions chinoises qui ont progressé pendant toute la semaine.

Dans l’aéronautique, les grands gagnants seront les équipementiers

Les contrats spectaculaires signés à Dubai par Boeing et Airbus semblent confirmer que le duopole qui contrôle 70% du marché mondial des avions commerciaux est appelé à durer. Le carnet de commande du A 380 quadriréacteurs ne décollait pas à 259 commandes contre 10 000 pour l'A 320. Le segment des "Very Large Aircraft"  (A 380 et B 747-8) est une niche. Il est attaqué par l'A 350 et le B 777X. Ce qui est clair, c’est que les grandes compagnies aériennes du Moyen Orient vont dominer le marché du transport aérien : Emirates (Dubai), Etihad (Abu Dhabi), Quatar Airways (Quatar).

Airbus produit à Tianjin quatre A230 par mois. Il a été conçu en 1986 et 95% des pièces sont importées. Airbus a transféré une partie de son savoir faire à Commercial Aircraft Corporation (Comac).

Ce n’est pas tout à fait l’avis de la société chinoise Commercial Aircraft of China- Comac, qui est en train de mettre au point le C 919, le concurrent chinois de Boeing et d’Airbus pour essayer de concurrencer fortement les sociétés occidentales d’ici cinq ans.

En attendant de savoir qui va gagner, on peut s’intéresser aux équipementiers des différents modèles. Quand on regarde la liste des fournisseurs du futur C919, on trouve une longue liste de sociétés prestigieuses dans lesquelles on peut faire son marché. A noter que la société française Zodiac est sur tous les programmes.

Aux Etats-Unis : Rockwell Collins (communication et système de navigation), Parker Hannifin (système hydraulique  et de gestion du kerosène), BE Aerospace (gestion de l’oxygène pour l’équipage), Donaldson (systèmes de drainage), UTC Aerospace Systems (éclairage et systèmes de detection de la glace), Honeywell (système de contrôle, APU), Moog (systèmes d’élévation), GE (avionique);

En  France: CFM (moteurs France/US), Zodiac (tobogans d’évacuation et systèmes de gestion de l’eau), Thalès (medias à l’intérieur de la cabine) ;

 En Grande Bretagne: Megitt (moteurs de contrôle); Irlande: Eaton (systèmes de contrôle);

En Autriche  : FACC (decoration intérieure); En Suisse: Liebherr (train d’aterrissage).

La liste des fournisseurs d’Airbus comprend principalement : A Toulouse : ATR, Latécoère (avant du  A350), Aerolia, Liebherr Aerospace, Goodrich Aerospace Europe, Thales Avionics, Labinal/Groupe Safran, Air France Industries , Expliseat (sièges en titanium avec Christian Streiff comme actionnaire). A Pau : Turbomeca, Messier Bugatti Dowty/Groupe Safran ; A Tarbes : Daher Socata ; A Bayonne : Dassault Aviation ; A Figeac : Ratier Figeac.

La liste des fournisseurs du Boeing 787 Dreamliner comprend : Boeing (fuselage), Mitsubishi Heavy Industries (ailes), Kawasaki (portions du fuselage), Alenia (Italie/centre du  fuselage), Finmeccanica (25% of Boeing 787), Rolls Royce (un des deux fabricants de moteurs), Messier -Bugatti-Dowty (train d’atterrissage, freins), Labinal (connections électriques), Thalès (production d’électricité), Zodiac (systèmes d’évacuation), Latécoère (portes).

La mondialisation obligera de plus en plus les investisseurs à faire du "stock picking" c’est à dire une recherche de sociétés attractives hors des entiers battus…

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