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Les dirigeants russes ne reconnaissent pas le nouveau pouvoir en Ukraine
Les dirigeants russes ne reconnaissent pas le nouveau pouvoir en Ukraine
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Pas sur la même longueur d'onde

Ukraine : la Russie conteste la légitimité du nouveau pouvoir

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé que le reconnaître était une "aberration".

S'il y a bien un pays qui ne se réjouit pas de la chute de Viktor Ianoukovitch, c'est bien la Russie. Pour ceux qui en doutaient, la première sortie publique d'un de ses dirigeants depuis la destitution de ce dernier le confirme. En effet, ce lundi soir, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a remis en cause la légitimité du nouveau pouvoir en Ukraine. Selon lui, le reconnaître comme le font certains Occidentaux est une "aberration".

"Strictement parlant, aujourd'hui nous n'avons personne avec qui parler. La légitimité de toute une série d'organes du pouvoir là-bas suscite de sérieux doutes", a-t-il affirmé, selon plusieurs agences russes relayées par Le Figaro. "Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques noirs et des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement", a ajouté Dmitri Medvedev. "Certains de nos partenaires occidentaux considèrent qu'il est légitime. Je ne sais pas quelle Constitution ils ont lue, mais il me semble que c'est une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte", a-t-il fait valoir.

A l'heure actuelle, l'Union européenne, la Pologne, la France et l'Allemagne, ainsi que les États-Unis ont reconnu les décisions du Parlement ukrainien. "Nous ne comprenons pas ce qui se passe là-bas, il y a une véritable menace pour nos intérêts, la vie et la santé de nos citoyens", s'est emporté Dmitri Medvedev pour justifier le rappel à Moscou de l'ambassadeur de Russie en Ukraine. Concernant les accords économiques signés entre l'Ukraine et la Russie,le chef du gouvernement russe a certifié qu'ils seraient mis en œuvre, tout en évoquant seulement les accords "juridiquement contraignants". Tout en précisant que « ce qu'il adviendra une fois que ces délais auront expiré sera à discuter avec les dirigeants des entreprises ukrainiennes et le gouvernement ukrainien, si un jour il y en a un".

Ce lundi toujours, le ministère russe des Affaires étrangères a lui aussi fustigé le nouvel exécutif ukrainien. "On s'oriente vers la répression de ceux qui ne sont pas d'accord dans diverses régions d'Ukraine via des méthodes dictatoriales et parfois terroristes", peut-on lire dans un communiqué. La diplomatie russe a par ailleurs dénoncé des mesures "anti-russes" prises par le nouveau pouvoir.

A noter que depuis la chute de Viktor Ianoukovitch, les craintes pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine se multiplient. Les Occidentaux redoutent notamment que la crise des derniers mois n'ait encore creusé le fossé entre l'Est russophone et russophile, majoritaire, et l'Ouest nationaliste et ukrainophone.

lu sur Le Figaro

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