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Taxi : le projet de rachat des licences bat de l'aile

A peine présenté, le projet du gouvernement de créer un fonds de garantie pour racheter aux taxis leur licence est déjà boycotté.

Jeudi soir, le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies a présenté aux représentants des chauffeurs de taxi le projet de créer un fonds de garantie pour racheter leur licence. Ce «fonds de garantie» permettrait aux taxis ayant racheté leur licence à un collègue de mettre fin à leur activité en récupérant leur mise initiale dans la limite de 200 000 euros maximum. Les licences rachetées par l’État seraient retirées du marché et remplacées par des licences incessibles délivrées par les préfectures de police. Cette solution aiderait les taxis s’étant endettés pour acheter ce document et qui s’inquiètent de la dévalorisation de leur autorisation de stationnement (ADS, leur donnant le monopole de la maraude) et de la perte de chiffre d’affaires depuis l’arrivée des VTC, de rembourser leur investissement. Et pour ceux qui souhaitent partir en retraite et qui ont investi dans leur licence en vue de récupérer un capital pour leurs vieux jours, il s’agit d’un pécule non négligeable.

 

Cependant, les chauffeurs restent mécontents. «Le succès de notre proposition a été mitigé», a déclaré Alain Vidalies. En effet, certains mettent en avant le fait que l’État, responsable de la situation actuelle et qui n’a pas su anticiper le bouleversement du marché créé par la concurrence des VTC, devrait indemniser sans aucune condition les taxis, voire supprimer purement et simplement les VTC. L'activité de ces derniers a pourtant été légalisée par la loi Thévenoud en vigueur depuis deux ans.

 

Un fond annuel de 100 millions d'euros

 

De nombreuses pistes sont actuellement à l’étude pour mettre en place un système de prélèvements basé sur la«solidarité au sein du secteur» : taxe forfaitaire sur les réservations prises sur les plateformes de VTC et de taxis, ou sur le chiffre d’affaires ; droit d’entrée acquitté par les nouveaux, qu’ils soient taxis ou VTC, notamment à travers les nouvelles licences non cessibles délivrées par les préfectures de police, etc. Dans son plan, le gouvernement juge que c’est par la juxtaposition de ces différentes sources de financement qu’il arrivera à abonder son fonds de garantie à hauteur de 100 millions d’euros par an.

 

Jusqu’au 15 septembre

 

«Nous n’allons pas mettre en œuvre cette démarche si personne n’y souscrit», a admis Alain Vidalies, qui déplore«l’atomisation des structures représentatives dans ce secteur». Le gouvernement va néanmoins ouvrir une consultation écrite afin de permettre aux représentants des taxis, des VTC et des plateformes de se prononcer publiquement jusqu’au 15 septembre sur le dispositif proposé, ainsi que sur son mode de financement.

 

Lu sur Libération
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