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Sarkoleaks : les enregistrements de Sarkozy par Buisson continuent de susciter de vives réactions chez les politiques
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Et ça continue encore et encore

Sarkoleaks : les enregistrements de Sarkozy par Buisson continuent de susciter de vives réactions chez les politiques

A gauche comme à droite, tous les politiques interrogés s'accordent pour critiquer les actes de l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

Les verbatims des enregistrements réalisés par Patrick Buisson à l’insu de Nicolas Sarkozy publiés ce mercredi par Atlantico et le Canard Enchaîné n’en finissent pas de faire parler. A droite comme à gauche, tous décrient l’acte de Buisson. L’UMP Jean-Pierre Raffarin a évoqué un acte d’une "extrême violence", tandis que Christian Jacob a parlé de "méthodes détestables" et Christiane Taubira d’"atteinte à la morale publique et aux institutions". La gauche cependant en profite pour responsabiliser Nicolas Sarkozy, qui "s'est entouré de gens qui n'étaient pas dignes de sa confiance", selon Cécile Duflot.

A droite

Nicolas Sarkozy : l’ancien président de la République qui avait donné sa confiance à Patrick Buisson s’est dit "consterné", "déçu" d’après les propos recueillis dans son entourage par un journaliste d’I>TELE . Nicolas Sarkozy ne ressentirait en revanche aucune colère à l'encontre de Patrick Buisson avec qui les relations déjà distendues, sont désormais terminées.

François Fillon (UMP) : "C’est répugnant", a affirmé l’ancien Premier ministre à l’AFP

Jean-Pierre Raffarin (UMP) : "Il y a de quoi tomber de sa chaise". "J'ai vu pas mal de choses, j'ai jamais vu ça !", s'est exclamé l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac sur France 2. "Écouter quelqu'un à son insu, c'est d'une extrême violence". "Ça veut dire qu'il n'y a pas de relation de confiance, que vous préparez des mauvais coups", a poursuivi l'ancien chef de gouvernement. "C'est complètement désespérant de la nature humaine", c'est "profondément choquant, je ne comprends pas".

Christian Jacob (UMP) : "Si tout cela est avéré, et cela semble l'être, c'est inacceptable. Que l'on enregistre un entretien, à partir du moment où le dictaphone est sur la table, pourquoi pas, c'est une méthode de travail qui peut en valoir une autre. Mais le faire à l'insu de son interlocuteur et dans des moments qui sont visiblement hors entretiens particuliers, je trouve cela inacceptable. (...) Ces méthodes sont détestables. (...) On rentre dans un voyeurisme qui me choque", s'est insurgé  le président du groupe UMP à l'Assemblée sur I>TELE. 

Roselyne Bachelot (UMP) : l’ex-ministre a affirmé son "dégoût devant ce que révèlent ces conversations quand on les analyse : le mépris qu'il porte à Nicolas Sarkozy, qu'il décrit comme quelqu'un d'incapable de prendre des décisions. C'est hallucinant de tromper la confiance de l'homme qui vous a choisi". Citée dans les enregistrements par Patrick Buisson, Roselyne Bachelot a lancé : "c'est un honneur que de ne pas avoir les compliments de M. Buisson". Sur Direct 8, elle a aussi exprimé son "dégoût devant la lâcheté : il (Patrick Buisson) sait que ces bandes ont été volées, qu'elles sont capables de provoquer une déflagration politique, c'est ce qui est en train de se passer, et qu'il n'avertit pas l'ancien président de la République du fait qu'il s'est fait voler ces bandes".

A gauche

Najat Vallaud-Belkacem (PS) : "C'est quand même une affaire exceptionnellement grave. On parle d'écoutes qui ont été réalisées sur les plus hautes personnalités de l'Etat", a déclaré la porte-parole du gouvernement en précisant que la question n'avait "évidemment" pas été évoquée lors du Conseil des ministres. "J'imagine que les personnes concernées vont porter plainte. En tout cas, elles ont toute légitimité à le faire. Ca sera d'ailleurs sans doute la meilleure façon de faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces écoutes et de leur rythme. Est-ce qu'elles ont été exceptionnelles ? (...) Régulières ?"

Pierre Moscovici (PS) : "Voilà un homme dont on sait qu’il était monarchiste, maurassien, favorable à l’union de la droite et l’extrême droite", "ça en dit assez long sur le degré de confiance qu’on a pu faire à un personnage pareil," a déclaré le ministre de l’Economie à Question D’info avant d’ajouter "qu’il écoute Nicolas Sarkozy, c’est leur problème même si c’est honteux. Mais qu’il soit là, le premier conseiller ! Ça en dit long sur le gouvernement de l’époque !". "C’est le genre de personnage qu’il ne faut pas mettre à l’Elysée" a-t-il poursuivi.

Christiane Taubira(PS) : la ministre de la Justice s'est dite "atterrée par de telles pratiques". Elle a parlé d’ "atteinte à la morale publique et aux institutions"et de "déloyauté".

Eva Joly (EELV). "C'est l'arroseur arrosé. (...) On peut dire que Nicolas Sarkozy s'est entouré de gens qui n'étaient pas dignes de sa confiance et cela va donner le "Buisson Leak" et sans doute des révélations. Déjà, dans ce que nous avons entendu, on voit leur conception de la justice : les magistrats sont des gens que l'on peut manipuler et contrôler. (...) Cela s'inscrit dans un contexte qui donne le tournis : il y a l'affaire Copé, la surfacturation, il y a l'enquête, essentiellement menée par Mediapart, sur le financement Khadafi. Le retour en politique de Sarkozy, avec toutes ces affaires, est pour moi très compromis", a expliqué la candidate à la présidentielle de 2012 sur France Culture.

David Assouline (PS). "En faisant entrer à l'Elysée un conseiller dont les liens avec l'extrême droite étaient connus, Nicolas Sarkozy a fait un choix politique et moral. (...) Quelle désinvolture et quel manque de sens de l'Etat ! (...) Les enregistrements Buisson, au centre aujourd'hui de sordides règlements de compte à droite, constituent une agression contre la République et ses plus hautes institutions. Il est de la responsabilité de Nicolas Sarkozy de saisir la justice. A défaut, le Parti socialiste prendra ses responsabilités en réclamant une commission d'enquête parlementaire pour que toute la lumière soit faite sur l'ampleur et la nature de ce dysfonctionnement majeur au sommet de l'Etat", a fait savoir le sénateur de Paris et porte-parole du PS dans communiqué.

Lu sur Le Parisien

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