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Salah Abdeslam : "J'ai déposé mes trois passagers, puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard"
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Salah Abdeslam : "J'ai déposé mes trois passagers, puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard"

BFMTV et Le Monde ont obtenu l'audition du terroriste présumé. Il minimise son rôle dans les attentats et pointe du doigt Abdelhamid Abaaoud comme responsable.

Le 10ème membre du commando du 13-novembre a donc commencé à parler. BFMTV et Le Monde ont obtenu l'audition du terroriste présumé auprès des enquêteurs belges. Salah Abdeslam minimise ainsi son rôle dans les attaques terroristes, affirmant qu'il avait abandonné l'idée de se faire exploser. Il admet néanmoins avoir "loué des voitures et des hôtels à la demande" pour le groupe. "J'ai fait ça suite à la demande de mon frère Brahim", explique-t-il. Brahim Abdeslam avait mitraillé des terrasses boulevard Voltaire, avant de se faire exploser. "Chaque fois que j'ai dû payer des choses pour préparer ces attentats, l'argent venait de Brahim", précise-t-il, ajoutant que c'est son frère qui lui a "remis sa ceinture explosive".

"Lors de la soirée des attentats, j'étais dans la voiture Renault Clio avec Bilal Hadfi (kamikaze du Stade de France) et deux autres personnes dont j'ignore le rôle. Je conduisais la voiture, je devais me rendre au Stade de France pour me faire exploser au sein du stade avec mes complices," raconte-t-il. "Je devais rentrer comme un client dans le stade de France. Toutefois, je n'avais pas de billet. J'ai renoncé lorsque j'ai stationné le véhicule. J'ai déposé mes trois passagers, puis j'ai redémarré. J'ai roulé au hasard. Je me suis stationné quelque part, j’ignore où. J’ai fermé mon véhicule, j’ai pris la clé avec moi et je suis rentré dans la station Montrouge. J’ai fait quelques arrêts de métro, un ou deux. Je suis ensuite descendu du métro. J’ai marché jusqu’à un magasin de téléphone, j’ai acheté un téléphone et j’ai contacté une seule personne : Mohamed Amri."

Il a confirmé que le commando était bien composé de "neuf personnes plus moi-même, soit dix personnes au total. Parmi ces personnes, je connaissais Bilal Hadfi, Chakib (mort dans l'appartement de Saint-Denis). Et bien sûr son frère Brahim." Après son renoncement, il a donc contacté Mohamed Abrini, toujours activement recherché. En revanche, il affirme ne pas connaître Najim Laachraoui, artificier du 13 novembre et auteur d'un attentat-suicide à l'aéroport de Bruxelles. Les deux hommes ont pourtant voyagé ensemble au mois de septembre.

De retour en Belgique, il se cache chez 
Mohamed Belkaid (tué lors de la perquisition à Forest). "Je n’avais pas d’autre endroit où aller" assure-t-il. "Il n’était pas content de me voir revenir. Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas me faire sauter. Il m’a consolé et m’a ensuite dit qu’il allait me cacher le temps que je puisse partir dans un lieu où je serai en sécurité."

Quant à la responsabilité effective des attentats, il la porte sur Abdelhamid Abaaoud, tué dans l'appartement de Saint-Denis. "C'est Abaaoud. (…) Je le sais via mon frère Brahim. C'est lui qui m'a expliqué que Abaaoud était le responsable (…) J'ai vu Abaaoud à Charleroi la nuit du 11 au 12 novembre 2015. C'est la seule fois que j'ai vu Abaaoud de ma vie" affirme Salah Abdeslam. Comme le rappelle Le Figaro, les deux hommes ont pourtant été condamnés ensemble en Belgique en 2010 pour braquage.

Pour Le Monde, "la justice belge semble être passée à côté du drame qui se tramait", c'est à dire les attentats de Bruxelles. Les policiers tentent bien d’en savoir plus ses complicités à Bruxelles, l’aide logistique et amicale dont il a pu bénéficier durant ses 125 jours de cavales dans la capitale. Mais l’interrogatoire n’est pas du tout poussé" soulève le quotidien. "Le moment où les enquêteurs manquent sans doute le plus l’occasion de déjouer les attaques en préparation à Bruxelles vient quand Salah Abdeslam est interrogé sur Ibrahim et Khalid El Bakraoui, deux des kamikazes du double attentat du 22 mars. On lui présente une planche photographique représentant les deux frères et, comme il le fera avec la juge d’instruction un peu plus tard, il assure sans hésiter : « Je ne [les] connais pas ». Il ne sera jamais relancé sur ce point."

Lu sur BFMTV

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