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Les manifestants devant le Parlement à Athènes, mercredi 29 juin 2011.
Les manifestants devant le Parlement à Athènes, mercredi 29 juin 2011.
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Tension

La Grèce court-elle le risque d'un coup d'état militaire ?

Rigueur imposée par la crise, manifestations et affrontements quotidiens... La démocratie est-elle en danger à Athènes ?

Sachant que les Grecs ont inventé la démocratie, souhaitons qu'ils la réinventent, écrit l'américaine d'origine grecque, Arianna Huffington, dans un éditorial publié sur le célèbre site qui porte son nom. Tandis que la presse populaire britannique et allemande évoque des informations de la CIA qui aurait mentionné, début juin, les risques d'effondrement de l'état, et même de guerre civile sur fond de crise économique, et de chômage.

Alors qu'un deuxième plan d'austérité a été voté de justesse par le Parlement, sous la pression du FMI et de l'Union Européenne, les manifestations violentes se succèdent quotidiennement. Certains pensent que la stabilité du pays est menacée, tandis que d'autres rêvent tout haut de révolution. Grandiloquence dérisoire, rumeurs ridicules déformées par la presse populaire ?

Arianna Huffington n'hésite pas à faire un parallèle entre la révolution du Caire, les revendications des manifestants de la place Tahrir, et celles d'Athènes, avec le campement qui a tendance à s'installer place Syntagma. Elle souligne aussi que, selon une étude MRB Hellas, entre 2008 et 2010, le nombre de Grecs utilisant des réseaux sociaux a augmenté de 350 %. Arianna parle aussi de la page Facebook des "Indignés de Syntagma" (version grecque des Indignados espagnols) qui rassemble plus de 155 000 fans, et contribuerait à l'organisation des manifestations.

Huffington évoque, enfin, le rôle étrange de l'actuel Premier ministre socialiste George Papandréou, condamné à détruire le système politique et économique parasitaire mis en place par un homme politique qui l'a précédé : son père Andreas.

Vue d'Allemagne par le quotidien populaire Bild, la situation de la Grèce n'est pas rose, bien sûr. Surtout que les Allemands n'apprécient pas de devoir payer pour l'inconséquence de la Grèce. Bild ajoute donc que la CIA craint que la crise grecque ne dégénère et ne glisse vers la guerre civile, au vu des affrontements violents et quotidiens entre jeunes et policiers. 

Les inquiétudes de la CIA ont aussi été reprises en Grande-Bretagne, par un autre quotidien populaire, le Daily Mail.

Mais il n'y a pas que les journalistes des tabloïds qui citent la CIA, le site britannique Citywire évoque l'analyse de Cazenove Capital, un fond d'investissements européen qui craint tout simplement un coup d'état militaire, en ajoutant que le budget de la défense grec est l'un des plus élevés de l'Union Européenne si on compare avec le nombre d'habitants.

Les plus âgés n'ont pas oublié la dictature du régime des colonels qui avaient dirigé la Grèce dans les années 70. Mais on peut espérer que l'intégration de la Grèce au sein de l'Europe va dissiper leurs craintes, après le vote du Parlement qui a, provisoirement, calmé l'inquiétude des marchés, mais exacerbé celle de la rue où la fièvre ne semble pas retomber.

Lu sur le Huffington Post

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