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Le DTN suspendu
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Quotas dans le foot

Le DTN suspendu

Après les nouvelles révélations de Médiapart, François Blaquart, Directeur technique national de la FFF, a été suspendu.

[Mis à jour à 20h00]

François Blaquart a expliqué sur RTL que sa suspension était injuste sur le fond mais logique sur la forme, étant le seul membre de la FFF dépendant à la fois de la FFF et du ministère des Sports. Il estime que l'ensemble de la DTN a été piégée. Il a également expliqué que l'idée des quotas a vite été abandonnée au sein de la FFF, et qu'elle n'avait aucun lien avec des considérations raciales ou ethniques.

Guy Roux, de son côté, a réagi à la polémique dans le JDD en s'en prenant à Mediapart. L'ancien entraîneur d'Auxerre estime que la suspension de François Blaquart est précipitée : "Mediapart n’est pas un procès-verbal officiel", a t-il dit, ajoutant : "Je ne vais pas commencer à prononcer un jugement sur une hypothèse, comme l'ont fait le président de la Fédération et la ministre des Sports. L’immense vainqueur de cette affaire, c’est Mediapart, qui a une énorme campagne de publicité".

[Mis à jour à 18h00]

Chantal Jouanno, ministre des Sports, et Fernand Duchaussoy, président de la Fédération Française de Football, ont conjointement décidé de suspendre François Blaquart de ses fonctions de Directeur Technique National. Dans un communiqué, la FFF précise "qu'aucune de ses instances dirigeantes élues n'a validé, ni même envisagé une politique de quotas au recrutement de ses centres de formation".

Le président de la Fédération précise : "On nous accuse, nous dirigeants du football français, d'être racistes, c'est extrêmement grave. Cela m'humilie personnellement. Si les propos rapportés ont été tenus, c'est grave à la fois pour ceux qui les ont tenus et pour nous".

[30 avril]


Le sélectionneur de l'équipe de France de football a expliqué, ce vendredi 29 avril, n'avoir "jamais entendu parler de quotas" dans les centres de formation mais, si l'on en croit le verbatim d'une réunion de la Direction technique nationale (DTN) de la FFF que publie Mediapart, Laurent Blanc aurait menti.

Lors de cette réunion du 8 novembre 2010, une vingtaine de cadres du football français ont notamment débattu du nombre important de joueurs bi-nationaux qui, formés en France, ont ensuite revêtu les couleurs d'une sélections nationale étrangère.

Laurent Blanc aurait expliqué : "A mon avis, il faut essayer de l'éradiquer. Et ça n'a aucune connotation raciste ou quoi que ce soit. Quand les gens portent les maillots de l'équipe nationale des 16 ans, 17 ans, 18 ans, 19 ans, 20 ans, Espoirs, et qu'après ils vont aller jouer dans des équipes nord-africaines ou africaines, ça me dérange énormément. Ça, il faut quand même le limiter. Je dis pas qu'on va l'éradiquer mais le limiter dans ces pôles-là".

Ce à quoi Erick Monbaerts, sélectionneur de l'équipe de France Espoirs, aurait répondu : "Donc il faut 30% ? Un tiers de gamins qui peuvent changer de nationalité ?". François Blanquart, Directeur technique national, aurait poursuivi : "On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit. Ça reste vraiment que de l'action propre. Bon voilà, on fait attention".

Seul Francis Smerecki, sélectionneur (d'origine polonaise) des moins de 20 ans, se serait insurgé contre une politique "discriminatoire", expliquant qu'on ne peut pas "se séparer" de joueurs africains "qu'on a été chercher quelque part par wagons entiers".

Les débats se seraient poursuivis en abordant plus frontalement le "même stéréotype" de joueurs formés à Clairefontaine. Ainsi Laurent Blanc : "on a l'impression qu'on forme vraiment le même prototype de joueurs : grands, costauds, puissants. Grands, costauds, puissants. (...). Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants? Les blacks. Et c'est comme ça. C'est un fait actuel. Dieu sait que dans les centres de formation, dans les écoles de football, ben y en a beaucoup".

Lu sur Mediapart

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