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Pour le gouverneur de la Banque de France, la dette publique va passer "au moins" à 115% (et "il faudra rembourser")
©Kiyoshi Ota / POOL / AFP

Amortisseur

Pour le gouverneur de la Banque de France, la dette publique va passer "au moins" à 115% (et "il faudra rembourser")

La crise due au coronavirus devrait faire chuter le PIB français d'"au moins 8%", prévient François Villeroy de Galhau dans le JDD.

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, livre ce dimanche dans une interview au JDD son analyse sur l'état économique de la France. 

Il note que la crise actuelle "est totalement inédite dans sa nature, et plus violente que les crises précédentes". Ses effets sont donc importants : "La France devrait connaître en 2020 une chute du PIB d’au moins 8%. Selon le Fonds monétaire international, le choc économique est très sévère partout, y compris dans les pays moins touchés par la pandémie comme le Japon, le Canada ou l'Allemagne", souligne-t-il.

"Actuellement, chaque quinzaine de confinement entraîne une baisse de la croissance annuelle d'environ 1,5 point et presque autant en matière de déficit budgétaire supplémentaire. Mais nous ne connaissons pas encore la durée de l’acte 2 jusqu'à la reprise complète", prévient le banquier des banquiers.

Il se félicite que "les leçons de la crise de 2008 ont été retenues : les gouvernements ont agi cette fois très vite, très fort et de façon convergente". Pour lui, "l'Etat ne peut pas tout compenser mais joue un rôle d'amortisseur majeur : l'intervention publique massive a absorbé au moins les deux tiers du choc et réduit d'autant son impact pour les ménages et les entreprises."

Cet amortisseur a un coût. "La France va sortir de ce choc avec une dette publique accrue d'au moins 15 points de PIB, à 115%. Dans la durée, il faudra rembourser cet argent", insiste le gouverneur. L'une des pistes serait de traiter "ce qui était déjà notre problème avant la crise : pour le même modèle social que nos voisins européens, nous dépensons beaucoup plus". Il faudra "viser une gestion plus efficace, d'autant que les Français ne souhaitent pas payer plus d'impôts", dit François Villeroy de Galhau. "L'Allemagne peut répondre massivement au choc actuel parce qu'elle a su diminuer sa dette quand cela allait mieux."

Le JDD

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