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"Faire capoter la candidature" de DSK : Guéant et le Sofitel nient
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Blackberry gate

"Faire capoter la candidature" de DSK : Guéant et le Sofitel nient

Un journaliste d'investigation américain enquête sur les zones d'ombre de l'affaire du Sofitel. Entre autres : un email provenant du BlackBerry de DSK aurait été lu à l'UMP avant qu'il ne disparaisse, et d'étranges comportements auraient été repérés à l’hôtel. Servie par ces révélations, la défense de DSK relance la thèse du complot politique. Le Sofitel de New York nie.

[Mise à jour le 27 novembre à 14h45]

Le journaliste d'investigation Edward Epstein, auteur de l'enquête parue dans le New York Review of Books, ne s'est pas laissé démonter par le démenti sec du groupe Accor (voir ci-dessous). Il a indiqué sur son compte Twitter que cela leur reviendrait comme un "boomerang".

Dans une interview au Parisien, il maintient également ses accusations : "Je suis convaincu qu’avant cette histoire Strauss-Kahn était surveillé par des gens. Je ne pense pas que ces mêmes personnes ont provoqué cette affaire d’agression sexuelle, mais tout indique qu’ils ont essayé d’en tirer partie dans le but de lui nuire."

Interrogé sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a qualifié ces accusations de complot de "fantasme", en expliquant qu'aucun policier français n'était présent dans le Sofitel le jour de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn : "Ce n'est pas parce qu'il a égaré son téléphone qu'il y a complot".


Sollicité par l'AFP, Dominique Strauss-Kahn s'est quant à lui refusé à tout commentaire.

Ses partisans du club DSK, qui parlent déjà de "Blackberry gate" se sont montrés plus volubiles, en demandant au parquet d'enquêter sur ces révélations qui « viennent confirmer la possibilité d'un tracquenard politique visant à espionner, voire à éliminer le principal concurrent du chef de l'Etat avec la complicité du parti majoritaire et d'un groupe international français (le groupe Accor, propriétaire du Sofitel) ». « Le parquet doit se procurer les fadettes des communications téléphoniques et e-mails entre l'Elysée, l'UMP et New York ».

[Mise à jour le 27 novembre à 13h30]

Le Sofitel de New York a répondu dans un communiqué aux accusations du journaliste Edward Epstein, qui avait pointé des "zones d'ombre" dans l'affaire de la suite 2812, et affirmé avoir pu consulter une vidéo dans laquelle des employés de l'hôtel sautaient de joie après les révélations de Nafissatou Diallo.

"L'article paru dans New York Review of Books affirme que deux employés de Sofitel auraient été filmés par les caméras de surveillance de l'hôtel, 'se réjouissant' pendant trois minutes. En réalité, ces faits ont duré 8 secondes, sans qu'aucune 'extraordinaire danse de fête' n'ait pu être constatée. [...] Les deux employés interrogés ont catégoriquement nié que cet échange ait quelque lien que ce soit avec Monsieur Strauss-Kahn".

[Mise à jour le 27 novembre à 9h30]

Dans un entretien accordé samedi à l'AFP, le journaliste Edward Epstein, auteur de l'enquête parue ce weekend le New York Review of Books, se dit convaincu qu'on "a voulu faire capoter" la candidature de Dominique Strauss-Kahn.

"Je n'ai pas dit que c'était un complot politique", a-t-il nuancé, "mais je dirais que des gens ont voulu trouver des preuves d'un mauvais comportement de sa part de façon à faire capoter sa candidature (à la présidentielle française, ndlr), voire même son poste au FMI"

[Mise à jour le 26 novembre à 8h45]

Les nouvelles révélations du journaliste d'investigation Edward Epstein à paraître ce weekend dans la New York Review of Books (voir ci-dessous) donnent du grain à moudre à l'équipe de défense américaine de Dominique Strauss-Kahn.

L'un des avocats de l'ex-patron du FMI a indiqué vendredi qu'il n'excluait que son client ait été victime d'une "entreprise délibérée visant à le détruire politiquement" lors de son arrestation. Il a appelé les responsables du Sofitel et du groupe hôtelier français Accor à "apporter des explications complètes" aux interrogations soulevées par l'article de M. Epstein.

Du côté de Nafissatou Diallo, son avocat Douglas Wigdor a pour sa part estimé qu'il était "au-delà du grotesque et irresponsable de dire que Mme Diallo a pris part à un complot d'Etat pour piéger DSK".

[Article publié le 25 novembre]

Nouveau rebondissement dans l’affaire du Sofitel ? On la croyait terminée, mais un journaliste d’investigation, Edward Epstein, a enquêté sur le jour qui a fait basculer la vie de Dominique Strauss-Kahn. Son article, à paraître dans le New York Review of Books ce week-end, apporte de troublantes révélations.

L’ancien directeur du FMI aurait tout d’abord découvert que son BlackBerry, fourni par le FMI, aurait été piraté. Cette information lui serait parvenue par une amie, chercheuse, qui travaillait à ce moment au siège de l’UMP à Paris. Un de ses emails, envoyé à Anne Sinclair, aurait été lu par des membres du parti majoritaire. DSK aurait alors téléphoné à sa femme pour l’avertir et prendre des dispositions pour faire examiner le fameux portable une fois de retour en France.

Ce même BlackBerry a ensuite disparu, et personne, ni la police, ni les enquêteurs privés de DSK, n’ont réussi à le retrouver. Encore plus étonnant : le téléphone en question et son GPS ont été désactivés 45 minutes après la rencontre de Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo dans la suite 2806. Une manipulation, selon Epstein, difficile à réaliser sans connaissances techniques pointues.

Un mystère entoure aussi une autre suite de l’hôtel : la 2820. La femme de chambre par qui le scandale est arrivé y serait passée après sa rencontre avec l’ancien ministre socialiste, mais aussi avant, ce qu’elle n’avait pas déclaré à la police. La personne qui occupait cette suite reste inconnue, tout autant que les raisons de ces va-et-vient.

En outre, une drôle de célébration de joie a été enregistrée par les caméras de surveillance du Sofitel après le départ de Nafissatou Diallo de la suite. On y voit deux employés de la sécurité se congratuler pendant plusieurs minutes, et attendre plus d’une heure avant d’appeler la police. Le journaliste met cette scène en parallèle avec le fait que René-Georges Querry, le directeur de la sécurité d'Accor et qu'Ange Mancini, coordinateur national du renseignement auprès de l'Elysée, se connaissent bien.

Lu sur Rue 89

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